Christophe Cartier

Rêves, ou c'est la mort qui vient

Biographie

Christophe Cartier vit et travaille à Paris, il a obtenu le diplôme de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, mention très bien. Après avoir travaillé comme journaliste reporter photographe pour la presse quotidienne et hebdomadaire, il se consacre à sa pratique artistique depuis 1985. Peintre et photographe, il mène un parcours artistique fécond entre la peinture, le dessin et la photographie... Il a exposé en France, d'Aix-en-Provence à Strasbourg, et naturellement à Paris, ainsi qu'en Belgique, Espagne, Allemagne, Autriche. Cofondateur, en 1999 du site Internet visuelimage.com. Il réalise la scénographie d’un texte de "Brèves d'écran" d'Olivier Fournout à Paris au théâtre " Le proscenium " créée en Avril 2010.

Christophe Cartier

Présentation

Je ne sais par quel miracle cela s'est produit, mais rien de pire ne pouvait m'arriver. Le rêve a cessé de m'emporter au loin pour se contenter de réfléchir, comme dans un miroir, l'image d'une autre vie. Ce que je redoutais le plus au monde a eu lieu. La réalité qui s'est infiltrée jusqu'au fond de mes nuits a transformé celles-ci en secondes vies. Et ma petite indienne, à l'image d'un personnage de film, a pris une consistance particulière qu'il m'est permis de serrer dans mes bras; je devrais être heureux, mais la peur de voir s'effondrer le refuge de mes illusions vient ternir mon bonheur.

Extrait du livre

Livre - Rêves, ou c'est la mort qui vientL'envie de pleurer fait se fermer mes yeux. Toutes larmes contenues je sors dans la rue marcher un peu. Le film n'était pas triste mais les personnages si attachants, qu'il m'est encore plus difficile de vivre une fois le rideau baissé. Ils sont devenus des amis, des rêves d'amis impossibles à toucher. Et pourtant, comme j'aimerais tellement les serrer dans mes bras. Seul le désir de le faire suffit à me soulager car s'il en était ainsi où seraient mes illusions et alors quel bonheur perdu. Je vais souvent au cinéma. Qu'importe le film, de préférence en couleurs, français et dans les quinze premiers jours qui suivent sa sortie en salle. Au-delà, je n'arrive plus à rentrer dedans et j'assiste passif à une histoire qui ne me concerne pas. Ne m'intéressent que les films les plus proches de la réalité, presque crus, sans volonté artistique qui crée une distance et empêche de s'identifier aux personnages. Pour continuer à exister il me faut, comme les acteurs dans les films, jouer à la vie. Je me regarde agir au travers de tous les événements quotidiens que j'organise, comme un réalisateur met en scène un long plan séquence pour un film culte. Déjà loin du cinéma, je me vois comme sur un écran blanc, marcher dans la rue parmi des milliers de gens semblables à des spermatozoïdes qui s'agitent dans tous les sens, chacun ignorant le destin de l'autre. Dans cette solitude commune j'ai le sentiment d'être le seul à tirer mon épingle du jeu, d'être différent car je suis le héros de cette histoire. Comme j'en suis aussi l'auteur il m'arrive de croire que le temps, l'espace et la durée n'ont aucune influence sur chacun de mes jours. C'est pourquoi cette histoire aurait pu débuter à n'importe quel autre moment et que c'est uniquement le fruit du hasard si l'idée m'en est venue cette après-midi de juillet ensoleillée à la sortie du cinéma, juste en face du métro Montparnasse Bienvenüe. Lorsque je marche, je me fais mon cinéma, avec ses gorgées de mots qui me viennent à l'esprit et que j'ordonne plus ou moins bien selon les dispositions dans lesquelles je me trouve sur l'instant. Ces phrases accompagnent des images si fortes et éblouissantes qu'elles assombrissent la vie réelle et donnent à mes yeux et à ma silhouette en général un air de "toujours dans la lune". C'est dans cet état que je prends le métro pour me rendre Place de Clichy. Je marche mécaniquement me fiant davantage à mon instinct qu'aux indications des panneaux que je ne vois pas. Direction Porte de la Chapelle, changer à Saint Lazare, prendre la direction Porte de Clichy, porte de Saint Ouen, descendre enfin Place Clichy. Comme toujours lorsque je vais me ravitailler, j'ai un peu peur. Le métro est un endroit que j'aime et où je me sens particulièrement en sécurité. Pourtant je ne cesse de regarder autour de moi et change de wagon à chaque station. Lorsque j'ai fait toute la rame, je descends alors sur le quai attendre le prochain train. À une certaine époque, il y a deux, trois ans, lorsque je n'avais pas encore décidé de passer mon temps à ne rien faire, - Je tentais alors le dur métier de photographe, me prenant pour un artiste à courir la ville de long en large pour en rapporter des photos anecdotiques que je croyais pleines de charme dans le style de Robert Doisneau (...)


Domaine Sous-domaine Public(s) Nombre de pages ISBN EAN Date de parution Prix Commander
Livres Fiction et Littérature Romans et Nouvelles 12 ans et + 140 2-7481-4846-0 9782748148466 31.01.2005 15€
(frais de port: 2€)