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Les DVD
Les DVD par Dominique Boniface
par Dominique Boniface
Documentaires

Sartre par Lui-Même

2 DVD
Éditions Montparnasse
Sartre, vingt ans d’absence, par Guy Seligmann
- Sartre par lui-même, 1ère partie Le temps de la réflexion
- Sartre par lui-même, 2e partie
Le temps de l’engagement
- Le théâtre de Sartre
- Alexandre Astruc parle de Sartre

LE MONUMENT indispensable, non seulement à tout sartrien, mais à quiconque prétendrait posséder une connaissance minimale du XXe siècle. Étant à la fois l’un et l’autre, je me suis jeté sur ces presque cinq heures de visionnage jusque tard dans la nuit, sans jamais cligner des yeux. J’ai zappé le passage BHL, bien entendu, mon temps est trop précieux pour écouter ou voir celui dont on a si justement écrit « un faux philosophe épouse une vraie conne » (ce n’est pas de moi, j’aurais aimé !).
Voir donc et entendre ce VRAI philosophe qui avait lié sa vie à une femme d’une intelligence extraordinaire, qui a compris le monde dans sa complexité et a su, dans de nombreux cas, poser LA pierre à partir de laquelle tout traitement du sujet se référerait désormais à son travail, voici une expérience que je recommande.
Sartre était à la fois un honnête homme et un homme honnête. Il a reconnu ses erreurs, admis ses faiblesses. Il ne s’est jamais arrêté de penser, de dire, d’écrire.
Ce double DVD remet les choses en place. On a voulu l’enterrer et, aujourd’hui plus que jamais, je trouve qu’il me manque, qu’il nous manque. Celui qui va peut-être, putain le cauchemar, diriger ce pays a trouvé ses substituts : Johnny de Gstaadt, Doc Gyneco et Glucksmann, c’est à sa taille.

Vercingétorix
3 épisodes, film de Jérôme Prieur
Arte Vidéo

Il est vrai que, comme pour les films sur le Christ, on connaît la fin. Mais, si ça ôte un peu de suspense, connaissons-nous vraiment bien Roger Vercingétorix ? Avec trois chapitres le désignant comme Roi des Guerriers, Héros National et Dernier Gaulois, Jérôme Prieur nous emmène sur les traces (c’est toujours sur les traces qu’on nous emmène quand il s’agit d’un personnage historique, vous aviez remarqué?) d’une des figures, à la fois historique et légendaire de notre Histoire, avec un grand H.
Intéressant, érudit sans préciosité, ce documentaire éclaire surtout, moi en tous les cas, sur la façon dont un mythe national est créé. Ne jamais oublier que c’est Napoléon III qui a donné naissance au Vercingétorix que nous connaissons. On pourrait presque le mettre, ce héros, en parallèle avec les Siegfried et autres personnages d’outre-rhin ressuscités à la même époque pour contribuer à créer l’image d’une Allemagne naissante. Qualité Arte, donc «total respect», bien entendu.

Collection Les Grands Peintres
Contemporains
Éditions Montparnasse

Miro, l’Homme qui a renversé la Peinture
par Yves de Peretti

Picasso érotique
par Valérie Manuel

Balthus intime
par Christine Lenieff et Xavier Lefevre

Rothko, Un Humaniste Abstrait
par Isy Morgensztern

Jeff Koons, un Homme de Confiance
par Judit Kele & Patrick Javault

En voilà une collection qu’elle est belle. C’est au titre de la chronique DVD que j’ai reçu ces titres, que j’avais d’ailleurs demandés, espérant peut-être me cultiver un peu. Je sortais de la lecture d’un livre de Jean- Philippe Domecq et de ce sentiment bizarre de « ne pas en être » quand j’entends mes éminents et respectés collègues de la revue discuter d’artistes « de ce temps». Je n’utilise pas l’adjectif «contemporain » ayant appris qu’il existe une différence entre «art moderne» et «art contemporain ». La même explication était accompagnée de la confirmation, très amicale, du sentiment évoqué et qui peut se résumer à «tu n’y connais rien, alors boucle-la!».
Fort de ces réassurances, je me mis à la rédaction subjective de ma « critique » de ces DVD que j’ai promis de prêter à qui de droit (divin) à la revue.
Sur l’aspect purement formel, voici cinq réussites. Très bons films, bien réalisés, images intéressantes, textes remarquables, recherche bien faite. Bravo donc. Pour le béotien que je suis même pas encore dans ce domaine, on y apprend beaucoup.
Essayons maintenant d’en parler « au niveau du vécu intrinsèque quoi je veux dire ». Picasso érotique a été, naturellement, mon premier choix. Ma conviction est que la pulsion sexuelle est un des moteurs essentiels de la vie, et le caractère obsessionnel de la pensée sexuelle se retrouve chez tous les grands génies, il n’est nul besoin de chercher des exemples, ils seraient trop nombreux. Moi par exemple!
Picasso a toujours été «obsédé», comme d’ailleurs tous les grands peintres et sculpteurs qui étaient payés par les riches (églises et princes) pour faire des petits angelots asexués pendant que, en cachette, ils peignaient ou sculptaient des oeuvres qui seraient qualifiées par les bien-pensants de pornographiques alors qu’elles n’étaient que la magnifique expression de la vie qui, rappelonsle, passe par le sexe.
Alors un génie comme Pablo sur ce sujet, c’est un régal. Il exprime aussi sa fascination pour le lien entre sexe et mort, avec ces images des « travailleuses du sexe », ou putes des bordels de Barcelone atteintes de la syphilis, c’est troublant.
Miro est du même acabit. La curiosité insatiable de cet homme pour toutes les formes, formes d’art et d’objets, traditions anciennes et accidents de la nature, unie à son génie, a donné une oeuvre que j’aime, qui me touche. Je ne vais quand même pas critiquer Miro, ça va pas ! Et oserai-je critiquer Balthus ? non plus ! J’ai d’ailleurs beaucoup aimé l’aspect très personnel de ce titre, les entretiens avec son épouse et sa fille sont émouvants, il y a, m’a-t-il sembla, parfaite cohérence entre une vie et une oeuvre ici.
Il reste Rothko et Koons. Du premier, franchement, je ne comprends absolument rien à ce qu’il fait et encore moins à la passion qu’il éveille chez des gens qui ne sont pas tous des imbéciles ou En voilà une collection qu’elle est belle. C’est au titre de la chronique DVD que j’ai reçu ces titres, que j’avais d’ailleurs demandés, espérant peut-être me cultiver un peu. Je sortais de la lecture d’un livre de Jean- Philippe Domecq et de ce sentiment bizarre de « ne pas en être » quand j’entends mes éminents et respectés collègues de la revue discuter d’artistes « de ce temps». Je n’utilise pas l’adjectif «contemporain » ayant appris qu’il existe une différence entre «art moderne» et «art contemporain ». La même explication était accompagnée de la confirmation, très amicale, du sentiment évoqué et qui peut se résumer à «tu n’y connais rien, alors boucle-la!». Fort de ces réassurances, je me mis à la rédaction subjective de ma « critique » de ces DVD que j’ai promis de prêter à qui de droit (divin) à la revue.
Sur l’aspect purement formel, voici cinq réussites. Très bons films, bien réalisés, images intéressantes, textes remarquables, recherche bien faite. Bravo donc. Pour le béotien que je suis même pas encore dans ce domaine, on y apprend beaucoup.
Essayons maintenant d’en parler « au niveau du vécu intrinsèque quoi je veux dire ». Picasso érotique a été, naturellement, mon premier choix. Ma conviction est que la pulsion sexuelle est un des moteurs essentiels de la vie, et le caractère obsessionnel de la pensée sexuelle se retrouve chez tous les grands génies, il n’est nul besoin de chercher des exemples, ils seraient trop nombreux. Moi par exemple!
Picasso a toujours été «obsédé», comme d’ailleurs tous les grands peintres et sculpteurs qui étaient payés par les riches (églises et princes) pour faire des petits angelots asexués pendant que, en cachette, ils peignaient ou sculptaient des oeuvres qui seraient qualifiées par les bien-pensants de pornographiques alors qu’elles n’étaient que la magnifique expression de la vie qui, rappelonsle, passe par le sexe.
Alors un génie comme Pablo sur ce sujet, c’est un régal. Il exprime aussi sa fascination pour le lien entre sexe et mort, avec ces images des « travailleuses du sexe », ou putes des bordels de Barcelone atteintes de la syphilis, c’est troublant.
Miro est du même acabit. La curiosité insatiable de cet homme pour toutes les formes, formes d’art et d’objets, traditions anciennes et accidents de la nature, unie à son génie, a donné une oeuvre que j’aime, qui me touche. Je ne vais quand même pas critiquer Miro, ça va pas ! Et oserai-je critiquer Balthus ? non plus ! J’ai d’ailleurs beaucoup aimé l’aspect très personnel de ce titre, les entretiens avec son épouse et sa fille sont émouvants, il y a, m’a-t-il sembla, parfaite cohérence entre une vie et une oeuvre ici.
Il reste Rothko et Koons. Du premier, franchement, je ne comprends absolument rien à ce qu’il fait et encore moins à la passion qu’il éveille chez des gens qui ne sont pas tous des imbéciles ou des snobs. J’aurais même tendance à le croire sincère.

Et ce pauvre Koons ! Sa tronche sur la couverture du DVD a tout de suite évo-qué en moi l’intelligence et la sincérité du marchand de bagnoles d’occasion d’un bled pourri n’importe ou dans le monde. L’ayant entendu, j’affirme qu’il possède moins de 250 mots de vocabu-laire, à peu près autant que George W. Bush. Le vocabulaire peut-il consti-tuer une mesure de l’intelligence ? Je ne sais pas, je fréquente des gens qui emploient des mots que je ne connais pas et, à l’inverse, d’autres qui, très sim-plement, disent des choses géniales. Mais là, c’est très grave. Il ne connaît pas l’inverse de " positif " par exemple… Je crie à l’imposteur absolu, mais je me marre en regardant ceux qui y croient ou font semblant, les collectionneurs, je ne citerai pas, pour ne pas le vexer, la tête de gondole vénitienne qui font du fric avec. La sagesse venant de la bouche des enfants, quand le mien m’a dit qu’il était " vachement intelligent de se foutre du monde comme ça et tant pis pour eux mais tant mieux pour lui si y’a des cons qui achètent ", je me suis humblement rangé à son avis et ai décidé de ne plus gaspiller plus une pression du doigt sur une touche de clavier pour parler de "ça".

Nous aurons une suite par une " vraie critique d’art ", que je ne sais pas faire, de ces DVD. Si j’ai bien compris, il existe des imposteurs, beaucoup, aujourd’hui dans l’art dit " contemporain", pas dans l’art moderne. J’en ai repéré, de mon inculture en arts plastiques, quelques-uns, j’étais heureux de constater que mon choix recoupait celui de personnes qui, elles, s’y connaissent. Les noms viendront plus tard.

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Dominique Boniface
mis en ligne le 30/07/2007
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