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Les DVD
Musique, la seule guerre non-violente
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Callas Assoluta
film de Philippe Kohly, MK2
Encore la musique ! Celle qui fut interprétée, souvent personnalisée par Callas, la Callas absolue (cest la traduction du titre). Voir Callas, petite fille moche devenir cette beauté époustouflante est un plaisir à ne pas manquer. Passons sur les détails de sa vie privée, trop exposées ici. On sait quelle nuit Onassis et elle LE firent la première fois pas dimages de cet événement ! -, mais lintrication de ses vies, privée et publique, est telle que cétait probablement inévitable.
Certaines images sont connues, comme le concert de gala à lOpéra de Paris avec, dans la salle, le dernier président de la IVe République, Auriol et ce que Paris comptait alors de jet-set, dont Sacha Distel (bon guitariste de jazz mais époux du moment de la vieille gargouille lepéniste, lalors sublimissime Brigitte Bardot).
Concerts à la Scala, au Met de New York après en avoir été jetée, entretiens, méthodes de travail, ce film est magnifique. Le son en a été particulièrement soigné ce qui, dans le cas présent, est utile. Profitant de ma retraite dété, sur le Paloma, le bateau dun ami (un 420), jai vu et revu ce film avec un immense bonheur et vous invite fortement à en faire autant.
Requiem For Billy The Kid
Anne Feinsilber, MK2
De temps en temps, un film, ou un livre, me donne envie de hurler « mais quils arrêtent avec leurs conneries ! ». Cest le cas de ce film que, je parie, beaucoup vont aimer. De quoi sagit-il ? Il semblerait que les circonstances exactes de la mort de ce jeune (« The Kid ») homme ne soient pas absolument certaines. Un shérif, au passé peu clair, un certain Pat Garrett, laurait tué, mais ce nest pas certain. Poincaré disait de lAmérique quelle est passée de la Préhistoire à la décadence, sans transition. Cest la Préhistoire, celui qui tire le plus vite a raison et lécriture se limite aux chiffres pour compter les bisons. Peckinpah en a fait un bon western, et cest bien.
Une pseudo historienne, prétentieuse et affichant, toutes dents dehors, cette gravité des cons certains de pondre LE chef doeuvre du siècle et de représenter lintégralité du savoir historique de lhumanité, sempare de ce minuscule faits divers qui, en France, correspondrait au plus à un règlement de compte davant Thierry la Fronde dans un hameau. La légende hollywoodienne a fait son boulot, calme toi, petite, tu nes ni historienne ni crédible. Suprême impudence, elle profite dune vague coïncidence de dates et dâges pour, tout au long du film, mettre Rimbaud en parallèle avec ce petit tueur de lOuest ! Comme sil y avait de la poésie, du génie, à défourailler sur tout ce qui bouge parce quon se sait rien faire de mieux ! Elle nhésite pas, toujours avec cette assurance quon retrouve sur CNN, Bush et autres qui mentent avec conviction, à tirer le rapprochement par les cheveux. Lannée où Rimbaud a arrêté décrire, il a « tué la poésie », cest lannée où Billy The Kid a tué sa première victime. Abrutie ! Cest aussi très certainement la première année où x a percé sa première dent, y attrapé sa première chaude-pisse ou z a perdu aux cartes.
Il existe DEUX films qui font comprendre toute la mécanique du western : Go West (Les Marx Brothers) et Blazing Saddle (Le Shérif est en prison, de Mel Brooks), aussi drôles et géniaux lun que lautre. Ils font partie de ces chefs doeuvre qui surlignent toute autre vision dun film sur le même sujet. Lhistoire est toujours la même. Après avoir exterminé (CINQUANTE MILLIONS DE MORTS sur le continent nordaméricain, et sans moyen de masse, suivez mon regard) ces Indiens dont on se demande encore ce quils foutaient là 50.000 ans avant les blancs, ces derniers se sont joyeusement entretués, certes dans des décors de rêve et sur des belles musiques à la guitare et harmonica. Les blancs se sont tués afin de posséder le terrain où passerait la voie ferrée ou, comme dans le cas de Pat Garrett et lautre caillera, parce quun nouvel épicier ouvrait dans le bled où le premier épicier avait un monopole confortable. La libre entreprise, ya que ça de vrai ! Au début du XXe siècle, les bandes armées de Thomas Edison empêchèrent ainsi les équipes de Pathé, société française, de tourner aux USA, et au XXIe siècle, Microsoft continue dattaquer en justice (absolument authentique) une pauvre mercière du XXe arrondissement de Paris qui, en toute bonne foi, a acheté dans un magasin un de ces logiciels nuls qui occupe 95 % des ordinateurs du monde. Des gens qui se lèvent tôt.
Hollywood Pentagone
Maurice Ronai & Emilio Pacull Éditions Montparnasse
La critique de cet indispensable DVD nest composée que de paroles réellement prononcées par des Américains. Il sagit de la relation entre deux secteurs industriels de première importance, lindustrie de larmement, ou le Pentagone, et Hollywood, la plus grosse industrie de ce pays. Le film américain était, dès 1935, « dimportance stratégique » pour exporter le « American Way Of Life » au reste du monde. Parmi ces films, nombreux sont ceux qui, avec la tendresse et la douceur de lOuest, montrent des milliers de gens se faire trouer la peau, ce sont les films de guerre. Or, tourner un film de guerre avec des « accessoires » qui ne soient pas en carton mâché est difficile. Voilà où intervient le Pentagone. Je cite donc :
«La plupart du temps, le scénario est envoyé à mon bureau et au responsable des relations avec le cinéma au Ministère de la Défense. Je commence par une lecture rapide du scénario pour me faire une idée du sujet et voir à quel moment du film le thème de larmée apparaît pour la première fois. Et je le note. Ensuite, je relis le scénario avec un oeil un peu plus critique : je me demande comment un vrai soldat réagirait dans une situation identique. Major J.Todd Breasseale, du bureau de liaison de larmée de terre à Los Angeles, chargé de sélectionner les scénarios envoyés par les producteurs susceptibles de recevoir une aide du Pentagone.
Il se trouve des Américains pour dire : « Jai toujours dit que les navires nappartenaient pas à la marine, que les tanks nappartenaient pas à larmée de terre, que les avions nappartenaient pas à l armée de lair ; tout ça appartient au peuple américain et devrait être mis à la disposition de toutes les sociétés de production qui en ont besoin. Elles ne devraient pas dépendre du bon vouloir de larmée de terre, de larmée de lair et de la marine pour pouvoir les utiliser». Scénariste américain, Bernard Gordon fut mis au ban dHollywood pendant le maccarthysme.
Laspect « INDUSTRIEL » du cinéma américain est capital. « Ce qui nous intéresse, nous à Hollywood, cest de faire de meilleurs films, des productions à grand spectacle pour que le public en ait le maximum pour son argent. Il nest pas difficile de comprendre nos motivations. Un coup on ruse, on leur dit : Pas de problème, ça, on lenlève ou Non, ce n était pas du tout notre intention quand ils nous soupçonnent de vouloir aborder des sujets quils ne veulent pas voir aborder. Il nous arrive même de leur donner des scénarios où nous avons retiré les pages pouvant poser problème. En général, ils le savent, ils ferment les yeux et ça devient une négociation, comme dans toutes relations humaines ». Phillip Noyce, cinéaste dorigine australienne, est un spécialiste de films à gros budget, notamment Jeux de guerre (Patriot Games), et Danger immédiat (Clear and Present Danger), pour la réalisation desquels il a bénéficié de laide du Pentagone.
« Top Gun est le film qui, dune certaine manière, a ravivé laffection qui existait à létat latent entre le Pentagone et Hollywood. Et si le film a eu cet effet-là, cest avant tout parce que Top Gun était une superbe affiche de recrutement pour larmée.
Jim Hoberman est critique de cinéma au Village Voice, de NY.
Ça ne sarrête pas au cinéma, il y a aussi les jeux vidéo. « Ce que larmée cherche à mettre en avant dans les jeux vidéo quelle produit, cest la possibilité quelle offre à ceux qui sengagent davoir accès aux technologies de pointe. Dans les films de recrutement de larmée, cest même lun de ses principaux arguments de vente. Elle na évidemment aucun intérêt à dire :Engagez-vous, vous boufferez du sable avant de sauter sur une bombe, alors, elle dit : Engagez-vous, vous aurez accès aux technologies les plus géniales ». Journaliste culturel, Ed Halter a effectué de nombreuses recherches sur les jeux de guerre (wargames), qui à linstar du cinéma font partie intégrante de la stratégie de communication des forces armées.
Le mot est lâché : « stratégie de communication des forces armées ». On a compris : pour quun film bénéficie de laide du Pentagone, il doit être une affiche de recrutement, pas un film. À voir, absolument.
Gallimard & CNRS
Collection « La Recherche Nous Est Contée »
Quand le CNRS, dont Desproges rappelait, avec génie quil sagit du «Centre National de Recherche Sur les autruches » et Gallimard, maison dont la réputation nest plus à faire, sassocient pour produire des DVD, on peut, on doit sy arrêter. Quand la science devient accessible au béotien que je suis, cest génial. Oui, je suis pour la vulgarisation, pour laccès de tous, ou du plus grand nombre, à toute la connaissance. Je suis contre les chasses gardées, les jargons inventés par ceux qui, ayant peur de perdre leur petit pouvoir, tentent décarter les masses de la connaissance. Quand Catherine Dolto, la fille de Françoise, médecin, parle de lhaptonomie périnatale si vous ne savez pas ce que cest, achetez-le ! - et que vous souriez pendant lheure de son exposé, quand Pierre-Henri Gouyon, généticien, vous fait comprendre les gènes et leurs galipettes, Tobie Nathan évoque léthnopsychiatrie ou Angel Osorio y Sainz nous fait vivre une opération chirurgicale, sur scène, sans que vos ayez besoin du sac à vomi, BRAVO.
Jai particulièrement aimé le DVD de Jean-Pierre Lumet « Lenfant qui voulait voir linvisible », je crois avoir enfin un peu compris ce que sont les trous noirs. Très intéressé par les choses du cerveau, jai vu le DVD de Catherine Vidal, neurobiologiste et maître de recherches à lInstitut Pasteur, intitulé « Cerveau, sexe et liberté ». Elle y démontre quil nexiste aucune différence entre les cerveaux des hommes et ceux des femmes, en tous les cas pas plus entre ceux dun homme et dune femme quentre ceux de deux hommes ou deux femmes. Toutes les différences de comportement entre les deux sexes sont dues à la culture, cette merveilleuse culture promue par les Ayatollahs, ou curés espagnols, qui veut démontrer que lhomme cest quand même vachement mieux que la femme. Que cette différenciation culturelle en arrive à ce quune femme de très haut niveau et persuadée de cette égalité ne sorte jamais sa carte de crédit au restaurant est une autre histoire.
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| mis en ligne le 03/11/2007 |
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