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Les DVD
Chéri(e), fais chauffer la carte de crédit
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| par Dominique Boniface |
Noël nétant plus la fête du Petit Jésus et de ses peluches, cest la saison des coffrets DVD et des « beaux livres », dont la taille fait penser quils vont remplacer les tables basses sur lesquelles ils ne seront jamais ouverts. Lintérêt des coffrets DVD est quils présentent, dans le meilleur des cas, sinon la totalité dune oeuvre, du moins une bonne partie et, souvent, les suppléments, ou « bonus », y sont intéressants. Il existe aussi la tentation compréhensible, chez les éditeurs, de profiter de la saison pour regrouper des films sur un nom, un acteur par exemple. Citons Cary Grant, chez Éditions Montparnasse, quatre DVD déjà publiés, dans la très bonne collection RKO.
MK2 fait très fort. Cinq films dErnst Lubitsch, trois de Fritz Lang et autant de Friedrich-Wilhelm Murnau, pour les « anciens classiques », trois films de Mizoguchi, deux dAlain Tanner et trois de Jonathan Nossiter, plus contemporains. Un drame pour la carte de crédit. Critiquer ces réalisateurs serait incongru, je mabstiens donc.
NOSSITER :
Je connaissais, et en avais parlé, Sunday et Resident Alien, mais pas Signs and Wonders. Cest magnifique, un cinéaste de très grand talent.
TANNER :
« LE » cinéaste helvétique, le seul connu ici. Années 60 et 70, retour en arrière, explorer ces années « est tendance ». Elles restent les plus productives quoiquen dise le petit sot, qui nen fut pas. Magnifique, surtout Charles Mort ou Vif.
MIZOGUCHI :
Voici un des maîtres de ce cinéma japonais si riche et dont lesthétique souvent minimaliste rappelle quil nest pas nécessaire de casser une cinquantaine de bagnoles pour rendre un sujet intéressant. Trois films de 1936, LÉlégie de Naniwa, 1939, Contes des Chrysanthèmes tardifs et 1941, le plus célèbre, Les 47 Ronins, des suppléments remarquables, comme toujours chez MK2.
Madadayo,
Akira Kurosawa, MK2
Dernier film de Kurosawa, quil nest pas besoin de présenter ici, ce film est peutêtre le plus déroutant de loeuvre du maître japonais. Film testament ou ultime appel à la compréhension, en sortant de son registre habituel, films historiques dans lesquels lemploi du sabre est aussi fréquent que celui des flashballs en banlieue parisienne ces jours-ci, Kurosawa pose léternelle question, restée sans réponse : qui suis-je ?
Herbes Flottantes,
Yasujiro Ozu, MK2
Aux spectateurs avertis qui nont pas lu les indications de couverture du DVD, ce film offre un air de « déjà-vu ». Et oui, Ozu revisite son oeuvre, il en a parfaitement le droit dautant que loriginal était muet et réalisé 25 ans avant le « remake ». Encore une fois, on ne critique pas un maître, on regarde et réalise à quel point son influence a été déterminante sur le cinéma mondial, je parle du vrai, pas des westerns !
IRIS,
Richard Eyre, Opening
Bien rares sont ceux qui, un jour, ne sont pas confrontés à cette maladie dAlzheimer, chez un proche, ou le proche dun proche. Pour certains, « la masse », on pourrait sen foutre, quoique
Mais quand il sagit dun cerveau extraordinaire, celui de lécrivaine anglaise Iris Murdoch, ce naufrage est terrifiant. Le film est magnifique, réussi malgré le défi terrible de faire jouer les deux personnages, Iris Murdoch et son mari, à deux époques distantes dun demi-siècle, à peu près, par deux couples dacteurs. Bouleversant, un cerveau est si précieux, quoi quil ait à dire finalement. Brillant.
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| mis en ligne le 01/04/2008 |
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