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Les artistes et les expos
Drapeaux Gris / CAPC / Bordeaux |
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| par Timothée Chaillou |
Un sol lavé au whisky est recouvert de paillettes argentées (Liam Gillick), un slogan en néon Strike séteint lorsque les visiteurs sont présents (Claire Fontaine), une vidéo pour lutopique capture du rayon vert (Tacita Dean), une peinture dans le style de Jack Goldstein représentant une installation de Walter de Maria (Jonathan Monk), des rouleaux de moquettes adossés à un mur (John Armleder), les moules dempreintes de jets durine dans la neige (Helen Chadwick), le titre et le communiqué de lexposition (Seth Price)
Les oeuvres sarticulent dans lespace du musée sans le discours explicatif et obligatoire des médiateurs, des cartels ou dun catalogue démonstratif. Elles sont en transit, à lintérieur dune zone aérée, dont la bannière Drapeaux gris est une balise pour un territoire utopique aux identifications indéterminées et multiples.
Pour les deux commissaires (Paul Pfeiffer & Anthony Huberman), le processus didentification du spectateur face à loeuvre et des oeuvres face à elles-mêmes est difficile lorsquil y a trop dinformations. Ils souhaitent réinventer lexposition elle-même, par les modalités dexploitation des oeuvres, pour que des pistes soient mises en marche et que chacune de leurs directions devienne la dynamique de celle-ci. Au lieu dimposer une vision catégorisante des oeuvres lors de leur présentation, celle-ci est envisagée comme un espace de compréhension et de retravail entre différents statuts pour une infinité de traduction ; pour une revendication de la multiplicité des déplacements constants et des allers-retours du sens.
Ne pas vouloir de discours sur les oeuvres, ce choix de retrait fait vivre lexpérience de Drapeaux gris comme une manifestation dune minorité, provoquant un désir de résistance. Cette sensibilité politique subvertit et complique le processus didentification pour exister au-delà de linformation. Lexposition décloisonnée est une programmation de la contagion, sans évoquer un scénario linéaire, ni une confrontation savamment agencée. Ne pas chercher à provoquer le sens de ce rassemblement, évoquer au minimum les informations périphériques, rendre visible ce que lon a sous les yeux ; renforce le système dune exposition vécue par son idéologie comme une force performative. Le souhait de ne pas révéler dinformation évite dastreindre les oeuvres à lintérieur dune identité territoriale mais de les faire glisser dans un réseau illégal.
Il ny a aucune domination dun genre ou dune catégorie sur une autre, livrées à elles-mêmes les oeuvres vont nécessairement tendre vers un communautarisme clos. Leur union reste leur force de résistance, mais léviction des stratégies de communication ne peut être mis en relation avec une présence formelle trop lourde. Mais, dans ce laboratoire de formes, la structure de présentation le lieu institutionnel - reste omniprésent, il informe le spectateur sur ces objets artistiques ; et par son titre il devient une sorte de marque déposée pour une compulsion dobjets. Résistez pour mieux vous encercler. |
| Timothée Chaillou |
| mis en ligne le 30/07/2007 |
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