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Les livres noirs
Cécilia, repars !
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| par Simon |
Il faut lire la presse en sachant qui écrit, qui publie et qui diffuse. LeMonde a-t-il rappelé à ses (de plus en plus rares) lecteurs que le Président de son Conseil de Surveillance touche 160.000 euros par an pour sa présence au conseil dadministration de VINCI, dont le PDG vient de se faire jeter parce quil avait un peu tiré sur la ficelle ? Le Monde a donc été très indulgent avec ce monsieur.
Les mêmes lecteurs connaissent- ils la participation de Lagardère dans le capital du "groupe de communication", tendance catho un peu à gauche, cest à dire Télérama, qua tant voulu son directeur et qui, il sen est fallu de peu, a failli couler le journal ?
La confusion est atteinte en lisant, dans le Journal Du Dimanche (JDD) de ce 18juin 2006, une page dédiée à laffaire Airbus. Que les principaux actionnaires sentent que le marché ne serait pas longtemps (gros) porteur est une chose. Que le PDG, absolument pas au courant que le programme A380 était très en retard ait, en réalisant ses stock-options, gagné 2,5 millions deuros en 48 heures, ses bambins presque autant, les pauvres, ils démarrent dans la vie avec lISF, en est une autre. Les salariés jetés dune filiale apprécient. Ce qui ferait rire est que le JDD reprend une photo de Forgeard quittant Europe1 où, avec toute la probité journalistique et la rigueur inquisitoriale avec la droite quon lui connaît, son employé, carpette notoire, J.-P. Elkabach, la "cuisiné " sur un potentiel délit dinitié. "Je ne savais pas! ".
Le Groupe Lagardère possède 100% du JDD, contrôle EADS, Airbus et, devinez, Europe1. Il possède une grosse partie du Monde, quil contrôle de facto.
Ce qui est clair, et plus que le ruisseau du même nom (Clearstream), cest que le JDD connaît ses maîtres. Sa Directrice de la Publication est une ancienne " jupette ", et ce même JDD offre, 18 juin oblige, une " tribune " à un grand ami dArnaud, Nicolas. Lequel " avec Cécilia " précise- t-on, sest offert (qui a payé le voyage ?), un weekend à Londres pour rendre hommage au grand Charles. Ben tiens! La photo est prise en contre-plongée, pour grandir le petit Nicolas. Ce complexé qui veut prendre le pouvoir pour guérir son complexe, ça me gêne. Je pense à dautres, dans lHistoire (dont il ne fera pas partie), et je me " réjouis moyen ". Eh Bedos, quest-ce tu fous ?
Et quil arrête de déplorer les attaques privées dont il a été lobjet ! Comment croyezvous que jai su que " Cécilia est revenue " ? Par la UNE dhebdos, dont Paris-Match qui appartient à
Lagardère, voyons, qui lont "appris" en voyant Cécilia et leur gamin apparaître, discrètement (tiens, bien sûr !) à une conférence de presse officielle du nain de Beauvau. Comme disait Desproges, " eh, faut pas déconner! ".
Cécilia, REPARS ! Et puis, ce nest même pas sûr quil y arrive, à son Everest, le petit. Il y a une " grande (et belle) femme ", qui est aussi une grande dame, très bien placée, intelligente et douée, qui déjoue bien tous les pièges quon lui tend.
Ça sent le roussi, repars avant quil ne taccuse de lui avoir gâché la partie, tu as assez essayé de ne pas paraître plus grande et il y na pas de " talons négatifs " !
Lorraine Connection
Dominique Manotti
Rivages Thrillers
De même que la phrase de Fabius, alors Premier Ministre, garantissant que le nuage radioactif de Tchernobyl sarrêterait à nos frontières, lévaluation par Juppé, alors Premier Ministre, de Thomson Multimédia à UN FRANC restera, dans les annales des plus belles conneries prononcées par ces hauts dignitaires de la Ve République, tous les deux non seulement énarques, mais normaliens ! Ce qui prouverait que
enfin!
1996, privatisations à la chaîne. Comme en 1986, pour pas cher, lÉtat offre à ses amis, dont il est question dans le chapeau de cet article, ce quil a, avec nos impôts, renfloué pendant des années. Lélectronique militaire et grand public est concernée, Alcatel, Matra (tiens, on le retrouve, cétait Papa, Jean-Luc) et Thomson sont lenjeu.
Vu dici, même en lisant une presse indépendante aussi rare que précieuse, Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo, on ne peut pas tout savoir.
Dominique Manotti est romancière. Mon oeil, comme dit lautre. Elle est enquêtrice, redoutable, sachant démêler les fils les plus intimes et complexes de ces affaires, dans lesquelles toute la nature humaine, comme en un drame, se révèle: pouvoir, fric, sexe, chantage. Ce nest pas nouveau, la Grèce et la Rome antiques nous y avaient habitués, cest la même chose, ce sera toujours la même chose avec, aujourdhui, une différence : il y avait les esclaves, il y a les employés, les " salariés " (beurk, le mot devient grossier ces derniers temps, depuis le baron de Mes Deff et ses amis), qui ne sont pas des personnes, mais des outils de production. On les utilise quand on en a besoin, on les jette après, on les tue si nécessaire.
La fraternité internationale du fric fonctionne très bien. Pas de celle qui fit lever le poing à des millions de gens pleins despoir, mais celle qui frotte lindex et le pouce et rigole bien en regardant les zéros de ses comptes en banque.
La précision de Manotti est extraordinaire. Elle est consciencieuse. Pour avoir fréquenté ces régions, jy ai retrouvé cette ambiance de lEst de la France, au-dessus de mines fermées et de tranchées encore ouvertes, un sol plein dobus de si nombreuses guerres, si près de lAllemagne (ou du Luxembourg et de la Belgique, ce qui nest pas très différent) le froid, la mer trop lointaine. On y est.
La mécanique du fric est parfaitement décrite et analysée. Les " hommes de pouvoir " ne sont que les marionnettes des propriétaires mais sen consolent, quand ils en sont conscients, avec leur costard et les restaurants à note de frais. Les vrais acteurs, dans lombre, ne risquent jamais rien, ni le contrôle fiscal (on nembête pas un ami des Présidents, un Lagardère, allons !). Ils ne se salissent jamais les mains, les salauds, la manucure ne serait pas contente, je ne parle pas de la " très " attachée de direction ! Cest très bien écrit. Tout y est, lachat des politiques, la faiblesse des hommes, la force des femmes.
Du même niveau que French Tabloïds, de Jean-Hugues Oppel, qui relatait comment le pouvoir avait organisé linsécurité avant les élections de 2002, ce roman, ce GRAND ROMAN, est de ceux qui peut (et doit) porter témoignage. Il faut le lire et, quand cest fait, après un moment, le relire au calme, parce quil est très prenant et le risque est grand de passer trop vite sur un passage ou un autre. Ne pas manquer donc.
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| mis en ligne le 08/01/2007 |
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