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[verso-hebdo]
26-03-2015
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Le retour du pop californien ?
Au moment où la Gagosian Gallery de Paris présente des pièces historiques d'Ed Ruscha (jusqu'au 7 mai), le Ludwig Museum de Cologne annonce une rétrospective de Mel Ramos (du 22 mars au 17 mai) : serait-ce un retour concerté des pop californiens en Europe ? On ne sait, mais toujours est-il que voici mis en valeur, d'abord, le plus contestable des pop artistes de Los Angeles (quand bien même le musée Ludwig le qualifie-t-il de « legend in Pop art »). Mel Ramos est un spécialiste des pin-up nues ou en maillot de bain suggestif (comme celui de la pulpeuse Devil Doll qui illustre l'invitation) associées à différents produits surdimensionnés. Une de ses oeuvres les plus célèbres est sans doute Kar Kween de 1964 (Hirshhorn Museum de Washington), où l'on voit une demoiselle nous présenter ses fesses dodues tout en étreignant une bougie d'automobile plus grande qu'elle. Mel Ramos (79 ans) ne fait pas autre chose depuis un demi-siècle : il serait un pop « surréaliste » par sa manière d'arracher systématiquement ses sujets à leur environnement normal. Vulgaire et dépourvu d'imagination, il lui est arrivé de s'attaquer au plus grand pop artiste de New York, Andy Warhol, en mettent une Marylin dans une boîte de soupe Campbell. Attaque stupide contre Warhol, créateur instinctif génial qui avait été capable, inspiré par Rothko, de faire de sa Grande boîte de soupe Campbell, 19 cents (1962, Menil Collection), dématérialisée sur un fond gris impeccablement abstrait, une oeuvre assez forte pour que William Burroughs puisse écrire de Andy que « avec lui, une soupe en conserve peut devenir aussi miraculeuse qu'une comète ».

On sait que Warhol avait été bouleversé par le destin tragique de Marylin Monroe. Il n'avait pas seulement fait de son visage indéfiniment dupliqué une icône du XXe siècle : son tableau Diptyque de Marilyn (acrylique et sérigraphie sur toile, 1962), allant progressivement de la couleur (panneau gauche) au noir et blanc, puis rien que le blanc (panneau droit) pour parler de sa mort, traduisait un grand respect de l'actrice. Dès lors, en faire une fille nue et hilare surgissant de la célèbre boîte (Campbel Tomato soup) était plus qu'une faute de goût : une insulte à la malheureuse et à l'artiste qui avait su lui rendre hommage.
Venons-en, ensuite, à Ed Ruscha, autre californien de la même génération que Ramos, mais travaillant dans un esprit très différent. Pas de filles déshabillées chez lui, mais, vers 1962, des logos élevés au statut d'oeuvre d'art monumentale. Ainsi l'inscription fameuse sur les écrans de tous les cinémas du monde « 20th century fox » est-elle devenue le Grand logo commercial avec huit projecteurs (Whitney Museum ofAmerican Art). Style hermétique, perfection glaciale de la réalisation et surtout une longueur de 3 m 38 sur 1 m 69 de hauteur : ce n'est pas pour rien que Ruscha a été formé à « l'art commercial » par le Chouinard Art Institute...
L'exposition parisienne actuelle n'est pas consacrée à sa peinture pop, mais au rez-de-chaussée à ses photographies et oeuvres imprimées tandis qu'à l'étage on peut voir « Books & Co. » : ses propres livres et ceux de plusieurs de ses contemporains.

Un des plus connus parmi les livres de Ruscha est là : Twentysix Gasoline Stations (1962). Vingt-six stations services d'une désolante banalité, telles qu'elles apparaissent dans les immensités désertiques des Etats-Unis. Le communiqué de presse de la galerie nous précise que ces photographies sont présentées « avec des légendes indiquant leur marque et leur localisation, tout comme des oeuvres d'art ». Ce « tout comme » me laisse perplexe : cela voudrait donc dire que ce n'est pas de l'art ? C'est en tout cas bien ce que pensaient les responsables de la Bibliothèque du Congrès en refusant le livre. Mais ce n'est pas du tout le point de vue de l'artiste qui a déclaré en 1989, à l'occasion de son exposition au Centre Pompidou, à propos de ses livres : « je les tiens volontiers pour un aspect dominant de l'histoire de l'art de maintenant ». Nous pouvons en conclure que M. Ed Ruscha n'est guère modeste et surtout méditer ce commentaire de Marie Muracciole à propos de son exposition de 2006 au Jeu de Paume : « démarche provocante, mélange d'objectivité ostentatoire et de goût pour l'absurde ». Est-ce pour autant qu'il a « modifié les repères de l'art » ? Peut-être bien. Certains s'en réjouissent. Mais on peut aussi le regretter.

www.gagosian.com
www.ludwigmuseum.org
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
26-03-2015
 
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Verso n°107

L'artiste du mois : Véronique Bigo

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