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[verso-hebdo]
09-02-2017
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Banque et culture en Italie
J'ai la nostalgie du temps où la défunte Banca Commerciale Italiana, installée piazza della Scala à Milan, possédait et entretenait une grande collection, recevait ses invités exclusivement au grand hôtel de la via Manzoni où descendit Verdi et, naturellement, disposait de quelques fauteuils en permanence à la Scala pour ses amis. Aujourd'hui, UniCredit a son siège à Rome, mais reprend fort heureusement le flambeau de la culture à Milan avec l' UniCredit Pavilion dans lequel l'actuelle plus grande banque italienne organise des expositions à partir de ses collections. En ce moment (et jusqu'au 29 juin), elle dévoile une partie de ses photographies sous le titre Look at me. Il s'agit de portraits de Nadar à nos jours, et c'est un événement de premier ordre.

De Gaspard-Félix Tournachon dit Nadar, UniCredit dispose d'un admirable portrait de George Sand de 1864, dans lequel transparaissent l'intelligence, la bonté et le génie de la bonne dame de Nohant, mais aussi d'un tirage exceptionnel du portrait de Victor Hugo sur son lit de mort, que Nadar fixa en 1885. Restons dans la chronologie : au moment du portrait de George Sand, Etienne Carjat, contemporain de Nadar et auteur d'un portrait célèbre de Rimbaud, réalisait celui de Baudelaire (1863), et plus tard ceux d'Emile Zola et Alexandre Dumas (1880), tous à l'exposition. Parmi les pionniers du portrait photographique, UniCredit ne pouvait faire l'impasse sur Edward Steichen (Autoportrait en train de peindre, 1903, de la même année un curieux portrait de Rodin de profil, se détachant devant une sculpture en cours, et Mrs Philip Lydig, 1905) ou sur Paul Strand (avec une émouvante Femme aveugle de 1916).

Dans la très grande diversité de l'exposition, domine l'incontournable surréaliste américain Man Ray avec un superbe exemple de son procédé de la solarisation (insolation courte de la surface sensible pendant le développement) qui lui permet de cerner subtilement le beau visage de profil de Meret Oppenheim en 1933. Parmi les « incontournables », il y a bien entendu aussi Cartier-Bresson, qui saisit en 1952 un homme dans un paysage de neige, personnage anonyme dont on s'aperçoit avec émotion qu'il n'a qu'une seule jambe. De Diane Arbus, UniCredit possède de nombreux clichés, dans lesquels l'artiste capte aussi bien le ridicule de nudistes fort contents de leurs énormes corps avachis (1963) ou d'un jeune new-yorkais en bigoudis (1966) mais enregistre aussi le côté attendrissant de ses célèbres petites jumelles du New Jersey (1967). La collection d'UniCredit a un intérêt historique évident, mais il ne faut pas négliger ses choix parmi les plus importants contemporains : Thomas Struth observant avec une certaine ironie un groupe de visiteurs au Musée des Beaux-Arts de Vienne en 1989, Andreas Gursky s'intéressant à une foule immense en 1998 (et élargissant sensiblement la notion de portrait à une collectivité), ou encore l'iranienne Shirin Neshat qui recouvre son visage d'un texte en caractères persans dont on devine qu'il n'a rien de favorable à la liberté de la femme... Signalons encore des tirages ayant pour auteurs non pas des photographes professionnels, mais des plasticiens : Gerhard Richter ou Arnulf Rainer. Les choix des responsables de la collection UniCredit sont éclectiques, mais toujours de haute qualité. Décidément voici reprise la grande tradition de mécénat culturel des banques italiennes, essentielle dans un pays qui n'entretient pas de fonction publique vouée à faire connaître la création artistique du passé comme du présent.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
09-02-2017
 
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Verso n°101

L'artiste du mois : Danièle Gibrat

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Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com