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[verso-hebdo]
15-10-2015
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

La Peinture facétieuse, Francesca Albertini, Actes Sud, 480 p., 34 euro.

Dans sa préface savante et touffue, Francesca Albertini, nous met devant les différents aspects du problèmes : le rire, dans les arts, n'est pas une chose commune. Tout du moins dans ce qu'on appelait les beaux-arts ou les arts majeurs. Et cela, jusqu'à une date récente. Ce n'est que dans les arts mineurs, dans la caricature surtout, que le rire trouvait sa place. Mais les choses sont beaucoup plus complexes. En faisant références aux travaux déjà effectués dans ce domaine (le plus souvent assez récents), on se rend compte qu'il a plusieurs genres de comique et que même le comique est sujet à interprétations diverses, parfois contradictoires, déjà dans son sens initial, et puis selon les époques. Ce n'est donc pour rien qu'elle commence par Socrate et Platon et puis poursuit en consultant Aristote (la Poétique, la Rhétorique, mais aussi dans d'autres ouvrages). Les philosophes grecs ont fourni des sens bien différents à la question. L'auteur tient alors à souligner que les grands écrits de la Renaissance, le comique est réservé exclusivement aux genres mineurs, et sont d'ailleurs critiqués pour cet aspect des choses. Dante reprend l'idée aristotélicienne de l'entrapelos, qui sous-tend ce qu'il nomme l'enjouement. Mais ce n'est pas une notion médiévale : on préférait user de l'ironie. Cependant, c'est Cicéron, dans De oratore, qui marque les limites du rire, et Horace, a stipulé la nécessité de transmettre les passions dans L'Art poétique. C'est essentiellement à travers ces deux auteurs que la notion de comique s'est développée. Le rire est condamné presque pendant tout le Moyen Age jusqu'au moment où l'on a décidé de considérer deux types de rire : celui qui manifeste la joie et, l'autre, le dénigrement. La conduite irrévérencieuse est souvent associée au rire, et cela se vérifie dans la peinture de la Renaissance, chez Bellini comme chez Bernardino Luini. Le personnage ridicule existe dans la peinture occidentale depuis Giotto. Mais cela était toujours lié à une connotation négative. De plus, la sature commence à se répandre en Europe au XIIIe siècle. Mais la comédie existe dans le monde médiéval, et même dans les sculptures romanes. Après ces prémisses, l'auteur entre dans le vif de son sujet : XVIe siècle. Elle note qu'il y a eu alors de nombreuses études scientifiques sur la physiologie du rire. Il devient aussi un pharmakon contre la mélancolie. Elle examine alors toutes les théories sur la question pour aborder le rire du bizarre chez Léonard et Vasari. Le rire, et surtout ici le rire chez le Corrège, est d'abord d'inspiration religieuse. Mais, un plus tard, avec les caravagesques, on voit apparaître les figures risibles des joueurs et des tricheurs, qui sont souvent risibles. Ce livre, on l'aura compris, embrasse un vaste sujet, trop vaste peut-être. Mais c'est une excellente introduction à un problème d'une haute complexité. C'est d'ailleurs là que réside le défaut de l'ouvrage : on ne cesse de passer d'un auteur à un autre, l'un intéressant l'époque examinée, l'autre, une plus ancienne. Ce va et vient incessant est perturbant, car il remet quelques fois en cause ce qui a été dit au préalable. Dommage, car la recherche est d'un grand intérêt où l'on fait de belles découvertes, et est traitée dans le livre avec le plus grand sérieux (presque un paradoxe !). Elle nous fait en tout cas comprendre que l'histoire du rire dans l'art restez encore à écrire.




Chroniques, Marcel Proust, préface de Robert Proust, « L'Imaginaire », Gallimard, 278 p., 8,50 euro.

Excellente idée que de rééditer ces articles et essais de Marcel Proust. Ils avaient été publiés par Gallimard en 1927, cinq ans après la mort de l'auteur. C'est son frère Robert qui avait pris l'initiative de proposer ce choix de textes qui sont instructifs. En premier lieu, ils nous font découvrir un Proust peu connu, le journaliste, une activité qu'il n'abandonnera pas même quand il s'est engagé dans la rédaction d'A la recherche du temps perdu. Ensuite, il nous fait découvrir ses qualités dans un domaine où on ne l'aurait guère imaginé. Proust a écrit surtout pour Le Figaro et il a donné le meilleur de lui-même dans la description des soirées données par les grandes dames du monde : Mme de Polignac, le princesse Mathilde, tante de Napoléon III et Mme Madeleine Lemaire, peintre en vogue, dont il parlera dans son grand livre. Tout son génie de l'observation de la vie sociale, avec une précision impressionnante, mais aussi une pointe d'ironie et parfois d'humour, quelques piques bien senties et un style fluide et enchanteur. Les lecteurs de l'époque ont dû se régaler. Il a excellé également dans des sujets qui semblent d'un intérêt secondaire, les vacances de Pâques ou la fin de l'hiver et l'éclosion des aubépines. Il est capable de tirer de n'importe quel argument un pan de roman absolument délicieux. Je suis moins ébloui par ses essais littéraires. Si ses pastiches sont des chefs-d'oeuvre (il y en a un de Balzac dans ce livre qui est d'une drôlerie irrésistible), ses considérations sur la littérature, celle de Baudelaire sont moins pertinente. Il veut trop embrasser, trop citer - et citer trop de monde - en sorte que l'objet de sa réflexion se dissout dans ces mille notes sur le style, l'éclat d'un vers, la propriété d'un phrasé. Je crois que Baudelaire n'est pas une réussite. En revanche, il y a dans Flaubert une foule de remarques très pertinentes, par exemple sur le peu d'intérêt de sa correspondance. Quoi qu'il en soit, je recommande à toute femme ou tout homme pour qui la chose littéraire a un sens de ne pas manquer ces écrits.




Birthday Letters, Ted Hughes traduit de l'anglais et présenté par Sylvie Doizelet, « Poésie », Gallimard, 288 p., 7,10 euro.

On connaît mal en France l'oeuvre de Ted Hughes (1930-1998). C'est à peine si l'on sait qu'il a été le mari de Sylvia Plath (de 1956 à 1963). C'est pourtant important parce que ces Lettres d'anniversaire (pourquoi ne pas avoir traduit le titre ? Mystère) sont liés à son existence avec l'écrivain américain (on l'a accusé d'avoir été la cause de son suicide, sans preuve -, mais c'est une légende qu'on aime entretenir comme celle de Mario Praz qui aurait eu le mauvais oeil). Ces poèmes sont assez déroutant et auraient mérité une présentation plus détaillé que la préfacière ne nous donne pas : par exemple, pourquoi ce recueil n'a -t-il été publié que la veille de son décès ? Cet homme singulier qui a fini par devenir poète lauréat comme Tennyson (charge qui n'existe pas en France : c'est le poète officiel de la cour d'Angleterre), a écrit ces poèmes comme un grand récit discontinu que le caractère elliptique de la phrase poétique autorise à ne pas s'appesantir sur certains sujets gênants. Quoi qu'il en soit, on a l'impression de lire un chronique qui aurait un tour volontiers psychanalytique. L'auteur ne cesse de s'interroger sur les rapports qu'il entretient avec cette femme qu'il ne nomme pas. C'est sombre, exalté, tourmenté. Les questions fusent sans cesse. Et ce bonheur à portée de main échappe sans cesse. Et elle, elle a un rêve qu'elle a peur d'accomplir. En somme, nous sommes en pleine tragédie existentielle. En français, la dimension poétique de l'oeuvre est fugace. C'est une prose morcelée, sans doute, mais une prose aussi singulière puisse-t-elle être. Il ya beaucoup de sorcellerie, de mystique, de fantasmagorie. Trop parfois. C'est un peu daté et un bien trop « existentialiste » sur un mode paradoxalement tourné vers les vieilles légendes. Je suis resté un peu de marbre devant cet ensemble de textes. Peut-être devrais-je le lire en anglais pour en saisir la vraie substance.




Sorbet d'abysses, Véronique Emmenegger, Editions Luce Wilquin, 272 p., 21 euro.

Ce roman a deux clefs d'interprétation. La première est celle du roman familial dans le sens freudien, ou même dans celui des grands romans comme les Buddenbrooks. Mais, bien sûr, ce genre est traité dans une perspective moderne, loin des grands modèles désormais historiques et avec un peu de dérision. Mais l'auteur nous parle bien d'un mari, Egault, d'une femme, Shirley et de leurs trois enfants, Donatien, Sixtine et Olga, désormais assez grands pour faire leur chemin tout seuls. Le père est frappé par une maladie terrible, qui l'amène à perdre la mémoire, à dissocier ses phrases, à dire des choses incongrues et à perdre lentement ses facultés d'abord intellectuelles et ensuite motrices. Et cela jusqu'à la mort. L'autre aspect de l'ouvrage consiste dans les relations de la femme avec son mari et sa progéniture. Avec un peu d'humour, avec pas mal d'ironie, l'auteur retrace pas seulement le déclin physique et mental de son époux, mais fait apparaître les grands fils d'Ariane qui unissent les uns et les autres. Au fond, on se demande qui est vraiment le héros de ce livre, elle ou lui ? C'est une sorte de drame qui est désamorcé par un usage très singulier de la langue. Il y a chez Véronique Emmenegger une manière bien à elle de s'exprimer, avec un mélange de tension et de désinvolture, de sérieux et de drôlerie. Elle ne tourne pas tout en dérision, mais ce qui est pathétique le reste, mais sur un ton presque léger ! En somme nous avons affaire à un livre pas tout à fait comme les autres dans ce registre bien circonscrit. C'est un regard moqueur et pourtant plein de tendresse qu'elle porte sur cette terrible affaire et la famille ne tombe pas sous le coup de la condamnation sans appel d'André Gide. Mais elle n'est pas non plus sanctifiée. Shirley se détache de tout et de tous sans qu'on s'en aperçoive au début pour finir par faire un voyage à un moment crucial où son époux est hospitalisé, où les enfants commencent à déménager. C'est une autre conscience de l'amour qui est dite en palimpseste. Et un livre qui a plus de qualités que de défauts, avec une grande originalité dans l'écriture, ce qui est si rare.




Les Prostituées, Guy de Maupassant, préface de Daniel Grojnowski, « Classique Folio », 288 p., 5,80 euro.

Il me semble utile de revenir sur la modernité du style de Maupassant : vif, incisif, dépouillé de toute rhétique, de la moindre fioriture, il provoque une accélération du récit avec des paragraphes concis. En plus du style, il a choisi des sujets de son époque, même les plus scabreux. La prostitution joue donc un rôle important dans son oeuvre. Plusieurs de ces récits sont liés aux années concernant la guerre franco-prussienne, Maupassant n'hésitant pas à faire d'une fille de joie une patriote contaminant à qui mieux mieux les soldats allemands ! Une autre poignardera un officier lors d'une soirée bien arrosée. Ce n'est pas le meilleur de sa production. En revanche, « Boule de suif » (1879), là encore une nouvelle « revancharde » raconte l'histoire de voyageurs d'une diligence qui fuient Rouen. Une prostituée qui ait du voyage, se donne à un soldat pour sauver les autres passagers. Telle que je la raconte, cette nouvelle est bien datée et piteuse, mais tel qu'il la raconte lui, c'est une autre affaire : Flaubert l'admirait beaucoup. Quant à « la Maison Tellier » (1881), c'est un pur chef-d'oeuvre, qui a inspiré Max Ophuls en 1952 dans Le Plaisir, et d'autres cinéastes mineurs après lui. Ambroise Vollard la publia en 1934 avec des gravures d'après des dessins qu'Edouard Degas a faits bien plus tôt, même avant la rédaction du livre. Picasso s'est certainement servi des monotypes de Degas (qu'il a achetés) pour d'en inspiré. En somme, en pleine exposition au musée d'Orsay, sur ce thème - « Splendeurs et misères, images de la prostitution, 1850-1910 » -, je ne pense pas que relire Maupassant soit un pensum. Tout au contraire.




Le Siècle de Louis XIV, Voltaire, « Folio Classique », préface de Nicholas Cronk, 974 p., 9,50 euro.

C'est sans nul doute le meilleur ouvrage de Voltaire, le plus passionnant et le plus novateur aussi. Il ne s'est pas contenté de considérer cette époque marquée par l'avènement de la monarchie absolue. Il s'est penché sur tous ces aspects, et en particulier la culture, qui a pris une place prépondérante à la cour de Versailles. Dans son long chapitre sur les beaux-arts, il reconnaît que la France n'a pas donné une contribution énorme à la philosophie, mais en littérature, si, et à commencer par les sermons, qui devenaient des oeuvres en soi, pleines de citations antiques et de grands auteurs plus modernes (il songe à Bossuet, à Bourdaloue). Et puis la langue française a trouvé sa forme. Il vante en particulier les Maximes de La Rochefoucauld et voit en Pascal l'auteur du « premier livre de génie : les Lettres provinciales. Il est aussi admiratif des Caractères de la Bruyère et évoque Laplume épistolaire de Mme de Sévigné. Il défend Corneille et surtout Racine. Et Molière a donné son rang à la comédie. L'architecture eut en Colbert un promoteur habile (mais là, Voltaire n'entre pas dans les détails alors qu'il aurait eu beaucoup à dire) Il voit aussi la naissance de la peinture et de la sculpture après une période peu féconde, se révéla selon lui plus grande. La chose amusante est qu'il a conclu cette partie per une note sur les progrès de la chirurgie. Si les arts plastiques et l'architecture lui restent méconnus, il a su faire un portrait du monde littéraire qui est à peu près celui que nous faisons encore aujourd'hui. Ce livre est une mine d'une richesse peu commune et se lit comme s'il avait été écrit hier.




Charlie le simple, Ciaràn Collins, traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas, « Littérature étrangère », Editions Joëlle Losfeld, 434 p., 26,50 euro.

Voici l'anti Joyce par excellence, le roman irlandais qui se moque de tout et de tous, surtout en matière littéraire. Le héros de cette affaire, Charlie, n'est autre que l'écrivain qui a décidé d'écrire mille mots par jour. Comme Ulysse, c'est une sorte de monologue intérieur. Mais l'auteur a choisi de ne pas tenir compte des règles de la grande littérature, s'amusant par exemple à remplacer les longues et fastidieuses descriptions par de petits dessins. L'idée du livre est venue de son psychiatre, le docteur Quinn. Les choses se révèlent plus difficiles qu'elles ne le semblent. Il a du mal à reconstituer l'histoire de ses grands amis qui ont connu un destin peu enviable. Il éprouve aussi une certaine difficulté à se raconter. Mine de rien, on passe à travers tous les genres possibles et imaginables, du roman noir à la chronique judiciaire, en passant par d'autres formes. De l'épopée au scénario de film, on est entrainé dans une narration discontinue, mais pas dépourvue de sens. Tout y est tourné en dérision, du style au contenu même de ces récits. Et, au bout du compte, on est pris par l'humour décapant de l'écrivain. Car il y a bien une histoire d'amour avec Sinéad qui tourne mal quand cette dernière choisit James. Charlie est accusé de meurtre. Ce roman ne ressemble à rien qu'on connaisse, surtout dans la désinvolture de la construction de l'oeuvre, qui est une critique de la grande littérature, mais aussi une tragédie, qui se change en bouffonnerie. Bien sûr, on peut se dire qu'il ya un roman ou des romans dans ce roman qui n'en est pas un - tout à fait. Mais cette volonté de rompre les amarres et d'imaginer une autre forme de littérature est ici très forte. Si forte qu'on ne cesse de douter de sa réalité comme oeuvre de fiction. Malgré tout, on est pris au piège par la destinée de ces trois personnages qui ont un poids et une densité bien réels à mesure que progresse le récit. A force de rires et de plaisanteries, la farce se change en une sombre remémoration d'événements affreux. Ciaràn Collins a tenté le diable du roman en allant jusque là où les choses ne sont plus possibles, en franchissant allègrement les frontières du racontable dans un livre de fiction. Mais il a réussi à en faire quelque chose de vivant et d'attachant malgré toutes nos répugnances.




Palestine, Hubert Addad, « Folio », 176 p., 5,80 euro.

Une embuscade en Cisjordanie : un des jeunes soldats israéliens, Cham, est blessé dans l'échange de tirs et est emporté comme otage. Il est sérieusement touché, sous le choc, et ne sait plus qui il y est. Dans la tourmente de la guérilla et de sa répression, la chance veut qu'il soit recueilli par une vieille dame palestinienne et sa fille. Il se trouve plongée dans une réalité tout à fait neuve pour lui. Il trouve dans ces femmes non seulement des protectrices généreuses, mais aussi des amies. Chez elles, il s'appelle Nessim. Il ne redevient Cham qu'à la fin de l'histoire. Ce livre qui est pétri de bonnes intentions se sauve par le style de l'auteur et sa faculté de narrer les choses avec tact et aussi sans une phrase de trop. Cela étant posé, on ne fait pas de la littérature avec des bonnes intentions. Ce récit nous rappelle qu'il n'y a pas que des méchants Palestiniens et qu'il n'y a pas non plus de que des méchants Israéliens. Soit. On s'en doutait un peu. Ce livre fera-t-il progressé les choses, ne serait-ce que dans les esprits ? Je n'en suis pas persuadé. Il faut le voir comme un beau conte, qui doit arriver de temps à autre, cela est l'évidence, d'un côté comme de l'autre. Mais c'est aussi croire qu'il y a deux ennemis bien définis. Non, il y a ces ennemis chez les Israéliens qui ne veulent pas la paix, les ultra-orthodoxes et la droite pure et dure. Ces derniers ne cessent de faire croître la tension entre les communautés et fabriquent des extrémistes qui se servent leur politique. Le talent d'Hubert Addad est là. Il nous ferait prendre ces vessies politiques pour des lanternes !




Rouge ou mort, David Peace, traduit de l'anglais par Jean-Paul Gracias, « Noir », Rivages, 960 p., 10 euro.

Sans doute faut-il se passionner par le football pour apprécier ce roman. Je ne fais pas partie de cette catégorie d'intellectuels passionnés par les sports aimés des foules. C'est la dernière mode, c'est vrai. Mais je n'ai cure des modes. Peu importe d'ailleurs. Je me suis lancé dans cet énorme livre. Assez vite, j'ai trouvé que c'était bien fait, un peu à l'ancienne (ce qui n'est pas fait pour me déplaire), et, en dépit de cette masse énorme d'information sur les matchs, les joueurs, les dessous de la vie sportive, tout ce qu'elle implique dans la vie privée et sociale, la trame est claire et bien pensée. Nous sommes à Liverpool avec un club, le Liverpool Football Club, qui ne gagnait jamais rien depuis longtemps. Bill Shankly est nommé nouvel entraineur avec pour mission de redresser ce club qui semblait être maudit. Il mène sa mission avec ardeur. La première année de son mandat est désastreuse : le Liverpool est lanterne rouge ! Mais au fil des années, l'équipe progresse et remonte dans le classement de la seconde division. Puis, enfin, elle entre en première division. Au bout de quinze ans d'efforts, l'entraîneur peut être fier de lui les Rouges sont maintenant parmi les grandes équipes européennes. Tous les matchs, toutes les réunions, tous les conflits au sein du club, tout vraiment nous est décrit avec un détail minutieux. Les Rouges remportent la Coupe d'Angleterre, puis la Coupe d'Europe. Ils se sont hissés au sommet de la gloire sportive grâce à cet homme pugnace qui les au guidés sans relâche. Tout cela est relaté avec une incroyable patience, qui est celle de l'historien ou de l'archiviste, plus que du supporter. Il faut dire « chapeau » à l'auteur, qui est plus versé dans le roman noir. Mais il a su donner au football la dimension d'une grande saga qu'il a traduit dans les termes du meilleur journalisme.
Gérard-Georges Lemaire
15-10-2015
 
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