avec le soutien éclat ou éclat
hotel de beaute
ID : 161
N°Verso : 110
L'artiste de l'été : JonOne
Titre : JonOne
Auteur(s) : par Jean-Luc Chalumeau
Date : 21/06/2018



Url : jonone.com/
 
JonOne expose à Paris
galerie Brugier-Rigail
40 rue Volta 75003
galerie-brugier-rigail.com

JonOne
par Jean-Luc Chalumeau

John Andrew Perello, dit aujourd’hui JonOne, est né en 1963 à New York dans le quartier de Harlem. Trois ans plus tôt, Jean-Michel Basquiat était né à Brooklin. Tous deux ont été des enfants de la rue, tous deux ont commencé le graffiti dans les rues de Manhattan et sur les trains quand ils avaient 17 ans. Jon avait un copain graffeur, A-One, qui était proche de Jean-Michel dont la réussite fulgurante fascinait son cadet. Basquiat a eu juste le temps de s’accomplir comme un pur peintre dans sa courte vie. JonOne est devenu peintre à son tour, sans avoir fréquenté la moindre école d’art, après avoir tagué son premier pseudonyme, Jon 156 (c’était le numéro de sa rue) sur les rames de la ligne A du métro new-yorkais. Ses lettrages et signatures à l’aérosol n’étaient sans doute pas loin des explosions chromatiques venues un peu plus tard d’un Pariz One (www.ilovegraffiti.de/parizone), mais apparaissaient peut-être aussi de la même famille que les calligraphies claires sur fonds sombres à venir d’un Suso33 (www.suso33.com). Toujours est-il que Jon 156 est devenu JonOne en 1984, et que, invité par l’artiste franco-américain Bando (blaze de Philippe Lehman), il est arrivé à Paris en 1987, est tombé amoureux de la ville et ne l’a plus quittée. Devenu parisien, il n’en a pas moins été désigné en 2012 par Le Nouvel Observateur comme la « figure historique du graffiti américain ». Il l’est incontestablement, mais il est aussi devenu un artiste universel, qui inaugurait le 21 janvier 2015, dans la salle des Mariannes de l’Assemblée Nationale, sa toile Liberté, Egalité, Fraternité, inspirée de la Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix. Le titre de son tableau reprend, dit-il, « les trois droits fondamentaux pour lesquels chaque homme doit se battre ».

Pour JonOne, « nous sommes une génération qui doit combattre pour une liberté, celle de créer les conditions d’un avenir meilleur, malgré les difficultés que beaucoup de gens traversent, surtout le fléau de la pauvreté. » Son œuvre d’après Delacroix est ainsi pour lui un clin d’œil à la Fondation Abbé Pierre, car elle a été réalisée sur le même principe que celle qu’il avait faite en janvier 2011 sur le mur du square des Deux-Nèthes dans le 18e arrondissement pour la commémoration des quatre ans de la disparition de l’abbé Pierre. Ces deux incursions dans l’art figuratif ne doivent évidemment pas faire oublier que l’ancien graffitiste est venu spontanément à l’expressionnisme abstrait selon des modalités quasi miraculeuses. Parfaitement autodidacte, il n’a pas subi d’influences. On peut seulement le placer dans la filiation de Jackson Pollock. Bien que commençant toujours par travailler ses tableaux à la verticale avec des pinceaux traditionnels, ce qui lui permet éventuellement de jouer, non sans habileté, avec les coulures suscitées par l’emploi d’encres et de couleurs acryliques diluées, il place volontiers ensuite la toile sur le sol, et la complète par des interventions « splashing » très pollockiennes. Il lui arrive même, comme son grand ancien, de marcher sur la toile fraîche et d’y laisser son empreinte qui fera partie de la composition.

 

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