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[verso-hebdo]
09-06-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Pompidou-Metz : l’offense faite à César
Je reviens de Lorraine, enthousiasmé par l’architecture du Centre Pompidou-Metz, sans conteste un des plus beaux musées d’art moderne et contemporain d’Europe. La galerie 3, tout en haut, est occupée par Daniel Buren de manière plus époustouflante encore qu’au Mudam Luxembourg (j’ai déjà évoqué sa prestation au Musée d’Art Moderne Grand-Duc-Jean, partenaire du musée français pour cette double commande). Quant à la grande nef et aux galeries 1 et 2, elles déroulent l’ambitieuse exposition Chefs-d’œuvre ? (jusqu’au 12 septembre). Le point d’interrogation est important, de même que la définition de chef-d’œuvre placée en exergue du parcours : « une œuvre accomplie en son genre » (Le Petit Robert). Qui décide et détermine ce qui est chef-d’œuvre ? demande le petit guide distribué aux visiteurs. Bonne question : ne serait-ce pas, en l’occurrence, les responsables du musée eux-mêmes qui exercent ici leur pouvoir d’écarter ou de mettre en lumière ce que bon leur semble ?

Justement, à propos de mise en lumière, j’ai été frappé par le fait que les visiteurs (nombreux, dont beaucoup d’étrangers) doivent passer de part et d’autre d’une pièce d’environ 1 mètre 50 de hauteur, sans aucun éclairage particulier ni socle, placée au milieu de leur chemin. Les promeneurs la remarquent d’autant moins qu’elle est plus petite qu’eux et que rien ne la signale. Il s’agit pourtant d’une œuvre historique de César, réalisée en 1962 : la Compression Ricard, faite d’éléments d’automobiles compressés. Cette forme élémentaire, un parallélépipède dont la composition supprimant les rapports hiérarchiques a largement précédé les recherches des minimalistes américains, peut effectivement être qualifiée de chef-d’œuvre car en son genre, la sculpture, il était impossible d’aller plus loin. Ceux qui ont voulu aller plus loin, comme Carl Andre par exemple, sont sortis de la sculpture et n’ont plus pratiqué, de leur propre aveu, qu’un art « générique ». Or César le révolutionnaire ne s’est jamais écarté de la spécificité de son art, et il en était légitimement fier (« ceux qui prétendent aller plus loin ne font en réalité plus rien m’a-t-il dit un jour. C’est vers le néant qu’ils sont allés. »)

Si j’insiste sur cette œuvre vouée à une quasi invisibilité par le dispositif de l’exposition, c’est qu’elle est littéralement écrasée par sa voisine immédiate, le fameux Magasin de Ben, trois mètres cinquante de hauteur et cinq mètres de longueur, illuminé par de nombreuses ampoules, animé par d’innombrables objets et pancartes de couleurs criardes. À quel genre appartient donc ce supposé chef d’œuvre ? Ce n’est pas faire injure au sympathique Ben, spécialiste de la dérision, que de rappeler que lui-même a baptisé son monument « N’importe quoi ». Le magasin est peut-être un chef-d’œuvre, mais dans la catégorie de la farce. La Compression de César est quant à elle une œuvre importante de l’histoire de l’art contemporain. Rien ne l’indique aux visiteurs, et le rapprochement ainsi opéré des deux œuvres est une insulte à la mémoire de César qui souffrit de la méconnaissance dans laquelle le tenaient les musées nationaux. Il a attendu jusqu’à sa mort l’installation d’une salle permanente « César » au Centre Pompidou qui n’est jamais venue. Ce n’est pas la mauvaise manière qui lui est faite aujourd’hui par l’antenne de Metz qui tendra à rattraper les choses…
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
09-06-2011
 
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Verso n°130

L'artiste du mois :
Hélène Muheim

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Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
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Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com