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[verso-hebdo]
19-11-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Luc Ferry n’a rien
contre Rothko
Vingt ans après l’un de ses meilleurs essais, Homo Aestheticus L’invention du goût à l’âge démocratique, Luc Ferry propose une ambitieuse, mais très accessible, réflexion philosophique : La révolution de l’amour, au terme de laquelle il annonce la naissance d’une « spiritualité laïque » qui, après un siècle de « déconstruction » (Derrida est loin d’être seul en cause) nous permettra de dépasser toutes les sagesses, philosophies et religions connues puisque aucune d’entre elles n’aurait réussi à nous donner les clefs d’une véritable « vie bonne ». Le parcours est vivant (l’auteur s’adresse à nous familièrement, n’emploie que des mots simples) et même souvent passionnant. Bref, un nouveau rapport à la finitude humaine, une « transcendance dans l’immanence » serait possible, au-delà du christianisme (écarté avec assez de légèreté - l’annonce de la résurrection étant déclarée « trop belle pour être vraie ») et au-delà des révolutions de la politique et de l’art aujourd’hui bien mal en point.

On devine que c’est la courte section consacrée aux « révolutions de l’art » (12 pages et demi sur 476) qui a retenu mon attention et suscité ma perplexité. On pouvait attendre beaucoup d’un penseur qui nous a fait (re)découvrir Kant, celui par qui « pour la première fois sans doute dans l’histoire de la pensée, la beauté acquiert une existence propre et cesse enfin d’être le simple reflet d’une essence qui, hors d’elle, lui fournirait une signification authentique ». Oui, la beauté ! C’est pour avoir déclaré dans un dîner en ville composé de bourgeois/bohèmes que « l’art devrait conserver un minimum de lien avec l’idée de beauté pour continuer à mériter son nom » et avoir été accueilli, on s’en doute, par une rigolade condescendante de la part de quelques snobs imbéciles, que Luc Ferry part en guerre contre l’art contemporain. Ce combat peut être légitime si l’on dénonce certaines impostures qui, en effet, occupent abusivement le marché de l’art, mais rien ne va plus quand on confond tout et que l’on se trompe de cible.

Luc Ferry va jusqu’à écrire qu’il préfère une Bugatti à un Rothko, ne reconnaissant à ce dernier qu’un éventuel talent décoratif : «Un « beau » Rothko, bien orange, avec sa jolie patine décolorée accrochée au mur, pourquoi pas après tout ? Je n’ai rien contre, rien pour non plus à vrai dire... » (p. 446) Les bras m’en tombent : d’abord parce que Rothko n’a rien à voir avec ce que l’on appelle aujourd’hui l’art contemporain (c’est un moderne), ensuite parce qu’il suffit de les regarder pour comprendre que les peintures de Rothko ne constituent pas des objets de décoration ou de démonstration, mais des portes ouvertes sur un au-delà. Ce sont des « voiles de méditation, des icônes, des tableaux de contemplation (...) qui dissimulent le divin. » (Werner Haftmann). Comment un théoricien respecté de la beauté peut-il ne pas la distinguer devant l’une des expressions canoniques du sublime au XXe siècle ? Mystère. En tout cas, ce n’est pas Luc Ferry qui nous aidera à comprendre l’art contemporain.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
19-11-2010
 
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Verso n°126

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