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01-07-2014

La lettre hebdomadaire de Jean-Luc Chalumeau
Jeff Wall, ou comment la photographie est devenue peinture

La chronique de Pierre Corcos
Merveille du dessin

La chronique de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Jeff Wall, ou comment la photographie est devenue peinture
L'exposition temporaire vedette du Stedelijk Museum d'Amsterdam est en ce moment une rétrospective 1996-2013 du canadien Jeff Wall, inlassable observateur de la vie dans sa ville natale de Vancouver (jusqu'au 3 août). Les images de Wall sont figuratives, ce sont des scènes de rues ou d'intérieurs (landscapes and cityscapes) qui s'attachent plutôt au côté misérabiliste des choses (Wall veut souligner « la misère objective de la société »), qui frappent d'abord par leur taille et leur intensité visuelle. Leur taille : elles ne font jamais moins de 2 mètres 30 par 2 mètres 85. Leur intensité : ce sont des photographies cibachrome installées dans des caissons lumineux en aluminium. Imaginez ces grandes images spectaculaires (il y en a 37) occupant de vastes salles au niveau supérieur du musée, et comprenez la sensation du spectateur : les peintures qu'il vient de voir au-dessous lui paraissent subitement quasi mesquines par contraste. Et le contraste est d'autant plus fort que Jeff Wall ne se présente pas comme un simple photographe, mais bien comme un réalisateur de tableaux. Tableaux photographiques pour être précis (« Tableaux Pictures Photographs »). Il y là, en ce beau mois de mai à Amsterdam, une illustration saisissante des propos que je tenais ici il y a trois semaines à propos du salon de Mai : on ne regarde plus la peinture aujourd'hui, mais des scénographies ambitieuses. On veut du spectaculaire appuyé sur les nouveaux moyens de la technologie.

Or Jeff Wall, qui a été proche de l'esprit Dada (il a même rédigé une thèse sur le mouvement), aujourd'hui âgé de 68 ans, semble avoir complètement oublié la gaieté et l'impertinence de ses modèles de jeunesse. Nous sommes terriblement loin, avec ses grandes machines, du polyptique célèbre de Jasper Johns qui se trouve à l'étage au-dessous. Le Triptyque sans titre de 1965 n'est pourtant pas petit (1 mètre 83 par 4 mètres 26), mais c'est seulement de la peinture, fût-elle ironique dans le meilleur esprit Dada remarqué par Rosalind Krauss qui écrivait que les tableaux de Johns (des vrais tableaux) « n'ont pas plus pour sujets la représentation de l'objet au moyen de l'image que la représentation des conditions objectives de la surface... Il serait plus exact de dire qu'ils sont tout entiers liés au fonctionnement de l'ironie ». Chez Wall, toute ironie a disparu, nous sommes dans le sérieux, voire le pontifiant. Le canadien nous livre des « mises en scène de misères » : voici des sans-logis, des ateliers clandestins, des enfants des rues, de la solitude urbaine au mètre carré. Son expérience n'est pas si « contemplative » qu'il le prétend, car il emploie des acteurs pour jouer les personnages de sa critique politique et sociale. Du sérieux, on vous dit, qui emploie des moyens assez persuasifs pour éclipser la bonne vieille peinture.

Bien entendu, Jeff Wall n'a pas obtenu par hasard le statut de grand artiste international (la France, quant à elle, l'a gratifié d'une grande exposition au Jeu de Paume dès 1995). Il a fallu que des théoriciens ayant autorité s'emparent de lui pour en faire le chef de file d'un art photographique autonome, inventeur du « tableau photographique » se définissant selon des critères précis : l'usage strict du médium, l'emploi du grand format, la qualité descriptive de l'image, la planéité et la frontalité du tirage accroché au mur... De ce fait Jeff Wall aurait rattaché l'enregistrement documentaire à la tradition picturale. Les théoriciens désignent à sa suite John Coplans ou Suzanne Lafont, qui comme lui ne détournent jamais d'images préexistantes et ne recourent pas davantage à des emprunts à d'autres arts. Contre le post-modernisme et ses dérives, Jeff Wall serait celui par qui l'histoire de la peinture continue. Par ce coup de force théorique, il a été déclaré possible de revenir à une vision moderniste de l'histoire de l'art en y inscrivant la photographie. Au Stedelijk, il est démontré (grâce au mécénat de la Rabobank) comment la photographie a supplanté la peinture, continué son histoire et mieux encore : comment elle a pu prendre pour elle-même le nom de tableau. Il fallait oser le faire, non ?

www.stedelijk.nl
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
01-07-2014
P.S. : Chers lecteurs, ce Verso-Hebdo vous parvient après une assez longue interruption due à la nécessité de faire évoluer le site visuelimage.com. Cette entreprise sera terminée en septembre : donc, après l'habituelle parenthèse estivale, vous recevrez à nouveau régulièrement Verso-Hebdo à partir de la rentrée.
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