logo visuelimage.com
 
 

 

 

 

 
   
 
 
 
 

actualités des expositions

Suites
Kim lan Nguyên Thi et Isabelle Gressier

Sergio Birga
Variations sur Kafka
Xylographies

Walasse Ting (1929 - 2010)
Le voleur de fleurs

La Peinture américaine des années 1930
The age of anxiety

Ming Wong
Next Year | L’Année Prochaine

Basim Magdy
Il n’y aura pas d’étoiles filantes

The Color Line
Les artistes africains-américains et la ségrégation

J’ai des doutes. Est-ce que vous en avez ?
Henni Alftan, Mireille Blanc, Henri Cueco, Coraline de Chiara, Jean-Charles Eustache, Gaël Davri...

  [verso-hebdo]
01-12-2016

La lettre hebdomadaire de Jean-Luc Chalumeau
Rembrandt intime, vraiment ?

La chronique de Pierre Corcos
Les dissidents

La chronique de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Rembrandt intime, vraiment ?
Les expositions temporaires du musée Jacquemart-André sont toujours d'excellente qualité, et « Rembrandt intime » (jusqu'au 23 janvier 2017) ne déroge pas à la règle. Le musée possède trois tableaux du maître hollandais, dont l'admirable Repas des pèlerins d'Emmaüs de 1629 témoignant de sa sensibilité religieuse, et il était particulièrement légitime pour cette institution de construire une exposition autour de Rembrandt. Mais pourquoi ajouter à son nom le mot « intime » ? En effet, plusieurs oeuvres, dans ce cas, n'ont rien à faire ici, et d'autres, absolument indispensables au sujet, sont bizarrement absentes. Rien à dire, évidemment, sur les autoportraits par lesquels, tout au long de sa vie, le peintre a scruté ses traits et littéralement livré son âme. Les organisateurs mettent en avant, avec juste raison, l'Autoportrait à la tête nue de 1633 venu du Louvre. Mais pourquoi, parmi d'autres, le Portrait de la princesse Amalia van Solms (1632) qui n'est qu'une fructueuse commande de l'aristocratie faite au peintre, sans rapport avec sa vie intime ? Evidemment, le tableau faisant partie de la collection du musée, il était tentant pour ce dernier de l'accrocher. Pourquoi aussi le Vieil Homme en costume oriental venu du Metropolitan de New York (1632) ? C'est sans doute un « chef d'oeuvre absolu » comme l'écrit Emmanuel Starcky, commissaire de l'exposition, mais ici encore sans relation avec l'intimité de l'artiste.

Il fallait bien entendu évoquer les deux femmes qui ont compté dans la vie de Rembrandt : Saskia et Hendrickje. Voici donc le somptueux Saskia en Flore (1634) venu du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et une feuille d'Etudes de têtes de Saskia de la Fondation Custodia (1636). Or à ces dates, Saskia (épousée en 1634) était dans tout l'éclat de sa beauté. Ne fallait-il pas évoquer également le premier grand drame de la vie intime de Rembrandt, la mort de sa femme en 1642 à l'âge de trente ans, épuisée par les fausses couches et une pneumonie ? Un bouleversant dessin à la plume et au pinceau de 1640 la montre au lit, le visage souffrant dans lequel le peintre a magnifiquement exprimé sa propre douleur et sa pitié. Ce dessin appartient au Petit-Palais à Paris qui participe à l'exposition : ne pouvait-il pas prêter ce document essentiel ? Si ce n'était pas possible, ne pouvait-on pas s'adresser au Musée de Dresde qui en détient une autre version ?

Pour Hendrickje, le commissaire a retenu le beau portrait de la National Gallery (1652-1656) en le qualifiant de « portrait puissant qui témoigne de l'importance essentielle que prit Hendrickje dans la vie de Rembrandt ». Sans aucun doute, mais l'histoire d'amour de ce dernier avec sa servante a commencé en 1649, et il existe au moins un chef d'oeuvre qui témoigne des sentiments intimes de l'artiste. Il s'agit d'un génial lavis brun, Jeune femme endormie (1654), propriété du British Museum qui lui aussi a participé à l'exposition. Ne pouvait-il prêter également cette oeuvre exceptionnelle, le seul dessin pour lequel Rembrandt a utilisé exclusivement le pinceau ? Son expressivité inégalée s'explique par l'agencement médité des lignes, faites de coups de pinceau transparents. Rembrandt a séparé avec soin la lumière de l'ombre pour réussir une tendre évocation d'Hendrickje. On peut dire, devant ce dessin émouvant, que l'artiste évoque la jeune femme avec gravité et reconnaissance. Rembrandt laisse ainsi transparaître sans le vouloir sa propre bonté, lui qui brave les convenances (Saskia, elle, était membre de la bonne société d'Amsterdam) pour témoigner de son amour pour une femme considérée alors comme de basse extraction. Le Rembrandt intime est là, infiniment plus présent que dans le portrait de la National Gallery. Mais ce dessin est absent de l'exposition, ce qui est bien dommage.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
01-12-2016
Lire les [Verso-hebdo] antérieurs
 
logo visuelimage.com

Verso n°98

L'artiste du mois : Clémence van Lunen
duchamp[humeur]
Misungui Bordelle
17 novembre, 10:36.
duchamp[focus]
Supplément d’âmes
Correspondance entre Ernest Breleur et Myriam Dao, octobre-novembre 2016
duchamp[focus]
Focus sur Lois Weinberger
par Myriam Dao
duchamp[idées]
Entretien avec Bernard Metzger.

par Christophe Cartier
[idées]
Myriam Dao"NAPOLUN"
Empires de Huang Yong Ping
Monumenta 2016 au Grand Palais

By Régine Cuzin et Myriam Dao

visuelimage.com c'est aussi

Afin de pouvoir annoncer vos expositions en cours et à venir dans notre agenda culturel, envoyez nous, votre programme, et tout autre document contenant des informations sur votre actualité à : info@visuelimage.com
ou par la poste :
visuelimage.com 18, quai du Louvre 75001 Paris France

à bientôt.
La rédaction

Si vous désirez vous désinscrire de cette liste de diffusion, renvoyez simplement ce mail en précisant dans l'objet "désinscription".

      duchamp[idées]
"Welcome - The European Hospitality and its Borders"

By Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Retour « à la campagne » pour les artistes chinois à la Fondation Louis Vuitton

par Myriam Dao
duchamp[idées]
La bibliothèque d’Anselm Kiefer

par Pierre Furlan
     
      duchamp[idées]
Picasso - Cocteau: A Top Artistic Encounter

By Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Lettres de Panduranga  - Au Jeu de Paume,
« l’esthétique du divers » mise en orbite

par Myriam Dao
duchamp[idées]
Ink Kingdom / Truc-Anh,
« Un cabinet des âmes errantes »,

par Myriam Dao
     
      duchamp[idées]
Après le « Jour d'après »,

par Myriam Dao
duchamp[idées]
Entretien avec Diane Ducruet, photographe.

Propos recueillis par Christophe Cartier
Jeff Koons sans ironie[idées]
Galerie A2Z
Entretien avec Anthony Phuong, galeriste

Propos recueillis par Myriam Dao
     
      archipel[idées]
Archipel Secret - Palais de Tokyo - Paris
Richard Streitmatter-Tran diacritic.org
The Women and the Waq Waq

par Myriam Dao
Jeff Koons sans ironie[idées]

Jeff Koons sans ironie

par Pierre Furlan
Jeff Koons sans ironie[idées]

Retrait de la photo de Diane Ducruet « mère et fille » de la programmation du mois de la photo : Petit compte rendu d’une maladresse révélatrice de peurs ancestrales….
par Christophe Cartier
     
      duchamp[idées]
Les coups de cœur 2
par Eric De Monagendart
duchamp[idées]
Les coups de cœur 1
par Eric De Monagendart
Bill Viola
[idées]
De Mapplethorpe à Nancy Cunard... Correspondances fictives (1986)

par Myriam Dao & Christophe Cartier
     
      Christophe Cartier
[idées]
Super-héros, rendons justice…

par Myriam Dao

[idées]
Bill Viola ouvre des fenêtres sur les grands thèmes de la peinture occidentale.

par Myriam Dao & Christophe Cartier
Christophe Cartier [idées]
PAPARAZZI
ou comment la presse people bouleverse nos grilles de lecture

par Christophe Cartier
     
      duchamp[idées]
Margarita Petrova’s Dollhouse - An Allegory for the Human Condition

par Megakles Rogakos
demetrius[idea]
The Illustrated Books of Démétrius Galanis
A Discreet yet Amazing Exhibition

by Megakles Rogakos
duchamp[idées]
Le Grand Verre et le Pavillon de la Grande Jetée.
Centenaire de la visite de Marcel Duchamp à Herne Bay en 1913.

par Megakles Rogakos
     
     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com