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[verso-hebdo]
01-07-2014
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Romans, essais, Virginia Woolf, « Quarto », Gallimard, 1576 p., 30 euro.

Virginia Woolf figure au panthéon des grands écrivains du XXe siècle. Ses romans, dont une grande partie sont réunis dans ce volume (Mrs. Dalloway, Vers le phare, Orlando, Les Vagues, Les Années) peuvent être mis sur le même plan que Proust, Kafka ou Céline. Mais la métamorphose du genre qu'elle a entreprise n'a pas une apparence aussi radicale que ceux que nous venons de citer. Et pourtant, elle a inventé une façon radicalement neuve de le penser. Toute la question se résume aux relations qui peuvent lier les protagonistes dans une intrigue et dans la façon de l'écrire. Elle s'est éloignée des expériences sophistiquées de Henry James pour une narration claire et limpide. C'est le gouvernement des sens qui change. Mais, ces romans nous les connaissons déjà à travers de nombreuses éditions, dont celle de la Bibliothèque de la Pléiade. Ce qui est intéressant dans cette édition, c'est le choix qui a été fait de privilégier les essais concernant le statut des femmes. Virginia Woolf n'a jamais été une suffragette. Mais elle a contribué à l'émancipation du sexe dit faible par des écrits décisifs comme Une chambre à soi et de nombreux essais, dont certains sont mal connus, comme l'extraordinaire « Les Femmes et le temps libre ». Sa propre vie, qui fut tout autre que d'une femme de lettres mondaine, mais d'une grande travailleuse, pour sa propre prose, mais aussi pour la maison d'édition, The Hogarth Press, qu'elle a fondé avec son mari, Leonard, montre que la femme peut et doit jouer un rôle majeur dans la société. Les autres articles consacrés à des grands auteurs féminins (Jane Austen, Charlotte et Emily Brontë, Katherine Mansfield...) montrent de quelle façon elle peut placer en perspective une oeuvre non dans un sens féministe, mais dans l'optique d'une conscience féminine du monde. Cela rend cet ouvrage indispensable car on découvre une femme engagée, avançant des positions radicales sans emphase, et, qui a aussi fait de sa vie la démonstration de ce qu'elle a pensé avec une certaine audace. Les connaisseurs trouveront donc eux aussi une certaine satisfaction à cette édition qui se veut une initiation orientée de la figure centrale du petit cercle du Bloomsbury londonien.




OEeuvres complètes, René Crevel, tomes 1 & 2 + index, édition établie et présentée par Maxime Morel, Editions du Sandre, tome 1 : 600 p, 32 euro ; tome 2 : 600 p., 32 euro.

René Crevel a disparu très jeune (il s'est suicidé en 1935, à l'âge de 35 ans - « si je ne réussis à rien, je me tuerai », déclarait-il). C'est devenu une de ces étoiles filantes du surréalisme français. Les éditions du Sandre ont eu l'idée superbe de réunir l'ensemble de ses écrits. Il y a tous ses articles sur la littérature, sur l'art (même sur le cinéma et les chansons de variété), tout ce qu'il a pu produire dans la sphère surréaliste (il a eu avec le groupe des relations complexes : il a été force de le quitter en 1925, puis y est retourné), ainsi que ses positions politiques, celui-ci, comme beaucoup de ses amis, s'était rapproché du PCF (là encore, il est exclu en 1933 !). Il avait connu André Breton en 1921 et avait partagé avec lui la fin de la brève saison du dadaïsme parisien. De cette époque, il a conservé une grande amitié avec Tristan Tzara, qui ne se démentit jamais. Il a néanmoins mené une vie mondaine et a été l'un des hôtes réguliers de la villa de Noailles à Hyères-les-Palmiers. Il a été à la fois un révolté ardent et sans compromission et un familier des grands mécènes des années vingt et s'est même lié à l'écrivain à succès Victor Margueritte ! Si ses romans ont été réédités par Jean-Jacques Pauvert, sa poésie est restée dans l'ombre. Il est vrai qu'elle n'est pas très abondante : on a l'impression que c'était un grand rêve qu'il n'a pas mené jusqu'au bout. En revanche, il s'est remarquablement illustré dans les textes brefs dans la veine surréaliste. Son oeuvre romanesque n'est pas considérable, mais elle compte tout de même des titres mémorables. J'ai, je l'avoue, un faible pour la Mort difficile (1926) et pour Babylone (1937). Sans doute a-t-il vécu son entreprise littéraire comme un échec, tout comme il a mal vécu l'échec du congrès des intellectuels qui devait avoir lieu en 1935 et pour lequel il s'était investi de manière absolue. Plus on le lit, grâce à cette précieuse édition, et moins on comprend l'écrivain, qui se cherche dans des registres différents et suivant des orientations déconcertantes ! Ses tracts, ses petits textes sur le rôle de l'écrivains, ses écrits surréalistes, tout cela montre à quel point ce garçon en apparence brouillon a été un écrivain très sérieux. Peut-être trop d'ailleurs. Mais il demeure un des noms qui marquent l'entre deux guerres de nos pays.




Aldo Manuzio, le Michel-Ange du livre - l'art de l'imprimerie à Venise, Verena von der Heyden-Rynsch, traduit de l'allemand par Sébastien Diran, Gallimard, 208 p., 23,50 euro.

Ce livre traite d'un sujet formidable. Il est curieusement construit (d'où le titre à tiroir) puisque l'auteur fait de nombreux ex-cursus sur la Renaissance, sur des figures emblématiques (Dürer par exemple), et finit par envisager son sujet initial comme un des éléments clefs de la Renaissance. D'Aldo Manuzio (1450-1515). Manuzio n'est pas vénitien d'origine, il n'en est vraiment question qu'à partir de la page 75 ! Sans doute plus d'un siècle s'était écoulé depuis l'invention de l'imprimerie de l'imprimerie par Gutenberg. Mais c'est une manière plutôt baroque de célébrer cet homme d'exception. Mais on ne boudera pas son plaisir, car le livre est écrit avec clarté et le puzzle finit par se reconstituer de manière assez logique. L'imprimerie n'a pas seulement une technique permettant de facilité la circulation des écrits : c'est une révolution radicale de la pensée qui en a découlé. Et cela a touché également le monde des arts, puisque la gravure sur bois d'abord en a été le fruit déterminant. Manuzio n'est pas vénitien d'origine. Il a étudié à Rome puis à Ferrare. Il a découvert très tôt l'art de l'imprimerie tout en ne cessant de consolider sa culture humaniste. A Ferrare, il connaît les penseurs juifs les plus éminents et se lie d'amitié avec Pic de la Mirandole. Et il se lie avec les meilleurs hellénistes de son temps, dont Angelo Politiano. Après avoir passé neuf ans à Capri, il s'installe à Venise en 1490 et décide de réaliser son rêve : publier les grands auteurs grecs de l'Antiquité. Son travail est considérable et important où la culture latine demeurent prépondérante. Il ne restera pas à la postérité pas uniquement comme imprimeur, mais aussi comme érudit. Cette étude construite comme un ensemble de poupées russes est néanmoins indispensable pour qui veut connaître la fin de la Renaissance et se transformation à l'aube du Seicento.




Dessin (s), Bernard Moninot, « Carnets d'études », Beaux-arts de Paris Editions, 112 p., 25 euro.

Bernard Moninot a quitté l'enseignement et pour célébrer son départ, l'Ecole nationale des Beaux-arts lui a consacré une exposition. J'aurais imaginé une grande manifestation mettant en valeur les recherches qu'il a menées depuis de nombreuses années. Ce n'a été qu'une petite exposition de dessins, heureusement accompagnée d'une belle publication. A mes yeux, c'est l'un des artistes les plus remarquables de sa génération. Il se situe en dehors de toutes les écoles et des coteries parisiennes. Mais il est sans conteste possible le plus grand duchampien qui puisse exister ! En effet, son sujet, ou plus exactement, son point de départ est constitué par les formes singulières du Grand verre de Duchamp (La Mariée...). Il s'en est emparé et les a fait joué dans l'artifice d'un espace en trois dimensions, mais selon des critères qui ne sont ni ceux d'Alberti, ni même ceux de Piero della Francesca, mais les siens propre. Il tient à cette profondeur, qui est d'ailleurs parfois tangible par l'utilisation de states ou par des installations. Si autrefois l'on peignait les mythologies et les scènes chrétiennes, il peint (ou sculpte ou projette dans l'espace) ce que Duchamp a laissé en héritage. Mais il ne glose pas sur les énigmes des compositions et des « objets »  créé par le célèbre artiste devenu si influent après sa mort. Il en joue comme si c'était les éléments fondamentaux d'un jeu dont il ne cesse de remodeler les règles et qui embrasse sans cesse de nouveaux éléments étrangers à cet univers de citations mi-sérieuses, mi-ironiques. Il en résulte une oeuvre étrange et fascinante à la fois, pleine d'intelligence, de subtilités et de aussi de finesse plastique. Et si l'on n'a pas le goût pour les rébus métaphysique, on peut très bien pénétrer dans son monde comme dans n'importe quel espace plastique : on y trouve des relations entre des choses mystérieuses qui sont disposées selon un ordre qui n'appartient qu'à lui. Moninot est déroutant, car il tient au caractère ludique de sa quête, mais ne cesse de brouiller les pistes, de multiplier les modes d'expressions et de manipuler différemment ses paradigmes.




Nuits difficiles, Melpo Axioti, traduit du grec par Mireille Burgeas, « Littérature étrangère », Editions de la Différence, 220 p., 22 euro.

Si la quatrième page ne nous informait pas que ce roman a été publié en 1938, on aurait pu croire qu'il était de la main d'un de nos contemporain tant sa conception est expérimentale. Melpo Axioti (1905-1973), qui a eu une activité politique intense, a écrit un ouvrage qui n'a rien à voir avec les luttes sociales. Ou, plus précisément, ce n'est pas sa ligne de tension. Elle tresse (et j'insiste sur ce terme) sa narration en mêlant le destin de ses personnages et les objets ou les paysages qui les entourent. Rien n'est distordu ou transposé de manière outrée. Mais les histoires qui se déroulent au sein de son histoire (qui est d'abord les sensations, les sentiments, les idées, les pensées qui passent par sa façon d'écrire) semblent s'intriquer, s'imbriquer les unes dans les autres, et c'est bien ce qui se passe dans la réalité. Mais là où James ou Proust ont tenté d'inventer un style capable d'embrasser plusieurs strates de la réalité, de la mémoire et de la connaissance, elle met tout sur le même plan, comme l'a fait Joan Mirò dans les tableaux de cette époque. La lire, c'est comme se faire hypnotiser. Ses phrases, qui se compénètrent à un rythme endiablé nous donne le sentiment que la vie des personnages qu'elle dépeint dans ce petit monde rural loin de tout et surtout de la modernité sont projetés dans un espace autre ! Les affaires de famille et les affaires d'amour, les amis et les voisins, tout en entraîné dans une étrange machine à produire du sens au-delà du sens commun. Elle aurait été liée au surréalisme, et ce n'est pas surprenant. Mais son roman (un vrai roman avec une trame et des épisodes subalternes) n'a rien de surréaliste, du moins dans le sens que ses principaux représentants ont donné à ce terme.




Tourne-toi vers elle, Eve Duperay, Actes Sud/Département du Vaucluse, 160 p., 32 euro.

Les ex-voto sont un genre de peinture bien singulier. Ils sont destinés comme on le sait, à remercier la Vierge ou un saint particulier, pour avoir été sauvé d'un grand malheur (naufrage, accident, maladie mortelle... ). De grands artistes en ont peints comme l'a fait Francisco Goya (l'histoire d'un prêtre qui a mis en déroute un brigand dangereux). Dans ce beau libre, l'auteur nous fait découvrir les ex-voto de l'église de Notre-Dame de Lumières, qui remontent au XVIIe siècle, qui sont adressé à la « Reyne -Madame », petits bijoux de dévotion. Naïfs, sans doute, ils affirment une foi bien ancrée dans l'Eglise à une époque où la Réforme prend racine dans ce Midi rebelle au pouvoir centralisé. La paroisse de Goult (villages de Lacoste, Roussillon et Gordes) manifeste cette appartenance au catholicisme apostolique et romain et ses marques ferventes de l' « ex-voto susceptu » (« en raison d'un voeu formulé ») démontrent que ce petit coin de Provence est restée fidèle à la Sainte Vierge, à la papauté et à ses saints sans nombre. On est surpris par le nombre de ces oeuvres et aussi par la diversité infini des sujets traités, qui racontent toujours une anecdote avec une variété infini de détails savoureux. En somme, l'ex-voto est un genre pictural en soi, qui n'est pas (sauf exception) le privilège des grands maîtres, mais de petits maîtres locaux qui ont le sens du drame, de la mise en scène et de la poésie.




La Nuit espagnole, Eduardo Arroyo, Actes Sud/musée Estrine, 96 p., 23 euro.

Eduardo Arroyo a du talent, c'est indéniable. Qu'il l'ait un peu galvaudé, c'est une autre affaire. Dans cette exposition thématique, dont l'Espagne est le fil conducteur, on trouve le meilleur de ses compositions : cette façon de simplifier les formes tout en leur donnant un sens précis, la réduction des coloris au minimum, le goût de la parodie, le sens d'un humour à froid, enfin un mélange de lointaine mais indéniable influence surréaliste et de réalisme transposé, tout cela contribue bien à donner des oeuvres plaisantes et critiques à la fois. Ses « espagnolades »  n'ont pas le poids de celles de Manet, tout à fait imaginaires, bien qu'elle soient plus intériorisées. Mais il a su mettre en scène le caractère national à travers ses signes et ses symboles les plus connus et les plus caricaturaux. De décennies en décennies, il a parlé de la patrie longtemps perdue à cause d'une atroce dictature, et il a parlé de lui avec une formidable auto ironie. Arroyo, de tous les tenants de la « figuration narrative » est sans doute l'un des plus brillants. Mais il n'a pas toujours su ne pas se laisser aller à des facilités. Mais ce catalogue nous offre le meilleur de ce qu'il a pu produite depuis les années soixante-dix.




L'Herbe des nuits, Patrick Modiano, Folio, 170 p., 6,20 euro.

C'est le dernier roman en date de Patrick Modiano, sans doute le plus curieux car il s'agit d'un labyrinthe où l'on retrouve tous les grands thèmes de sa littérature. On ne sait trop si l'aventure de son héros est crédible ou tout simplement inventée ou rêvée. Jean croit avoir commis un crime. Mais de quel crime s'agit-il ? Et cette étudiante qu'il suit pendant presque toute l'histoire, qui est-elle vraiment ? Tout cela est l'occasion de retrouver le Paris d'avant la construction de la nouvelle gare Montparnasse, dans cette partie sordide de la capitale, sans poésie, mais pleine de mystère. Tout dans ce livre est hypothétique. Tout est sujet à caution. Et pourtant, nous nous laissons prendre au piège de la fiction et nous suivons l'auteur dans ses pérégrinations dans le Sud de Paris, qui devient un terrain de jeu du roman, entendu comme dérive ludique dans les rues les petits cafés démodés et les hôtels borgnes et depuis longtemps disparus. C'est l'exercice d'un théâtre de la mémoire et aussi une carte du tendre dans le registre singulier de cet écrivain inégalé - mine de rien...



La Visite, Ana Becciu, traduit de l'espagnol (Argentine) par Philippe Desommes, bilingue, Cadastre8zéro, 70 p., 13 euro.

Ana Becciu est une des grandes poétesses de langue espagnole. Elle vit aujourd'hui entre la Catalogue et le centre de la France. Grande traductrice de l'italien et du français, elle a traduit Pascal Quignard, Nathalie Sarraute, Tennessee Williams, Djuna Barnes, Patrizia Runfola (ce qui lui a valu un grand prix pour la traduction en Espagne en 2008). Elle a une oeuvre poétique qui n'est pas considérable en volume, car c'est une artiste du ciselage du langage et elle s'est toujours montrée d'une exigence absolue. Ce petit volume est un choix qui a pris ce titre très évocateur de la Visite. Elle a un style très condensé, à la fois rude et tendre. Elle ne fait pas de paraphrase ni se perd dans des images sophistiquées. Sa sophistication, c'est d'aller au plus près de sa vérité et, parfois, de la nôtre. Hantée par la mort, hantée par le désir, hanté par les réminiscences, en somme créant un univers de douleurs et d'aspirations voilées, elle se raconte avec un incroyable modestie et une rare discrétion. Mais ses mots font mouche. Il sont comme de s pierres, les unes aux bords tranchants, les autres arrondis et lisses comme des galets. Elle est à la fois classique et très moderne (même dans la forme). Elle n'appartient à aucune école ni se s'est mise dans la perspective d'une manière à la mode de faire de la poésie. Elle est. Elle est très présente et très prégnante par son écriture alors que sa personne paraît disparaître derrière elle. Et pourtant, elle du feu dans les veines ! Mais c'est tout le contraire de Thérèse d'Avila qui pouvait exprimer toutes ses turpitudes et son exaltation extrême sous le prétexte de parler des choses divines. Elle n'est pas en extase ni dans le besoin de vider son sac. Elle vient nous voir et nous dit l'essentiel avec la beauté d'un discours essentiel, mais riche, très riche de sous-entendus et d'émotions rentrées.




Voir de près les tableaux impressionnistes, James H. Rubin, Hazan, 408 p., 29,95 euro.

Pour une fois, voici un livre d'initiation à l'art (ici, en l'occurrence, à l'impressionnisme, qui a non seulement une véritable valeur didactique, mais aussi du charme. L'idée est d'examiner d'une part la technique, ce qu'elle peut avoir de foncièrement novatrice, mais aussi de plonger dans le contexte social, moral, intellectuel, esthétique de la période envisagée, de la IIe République à l'aube de la IIIe. C'est une réussite car, en dépit de la vulgarisation, qui est son dessein initial, ce livre peut se lire comme une bonne et sérieuse introduction à la peinture française de la seconde moitié du XIXe siècle. C'est un outil pédagogique que je recommanderai à tous ceux qui éprouvent un profond désir d'avoir un oeil pour visiter un musée.




Les Enragés de la jeune littérature russe, Monique Slodzian, « Politique », Editions de la Différence, 160 p., 16 euro.

Qu'avons-nous compris de la Perestroïka et des événements qui ont suivi en Russie ? En réalité, pas grand chose. Quand on lit le brillant essai de Monique Slodzian, on se rend compte que pas mal de choses nous ont échappé et surtout les nouvelles tendances qui se sont faites jour dans ce pays immense. On y découvre les nouveaux opposants, l'étrange mélange de nationalisme, de religiosité, d'esprit panrusse, des reliquats de bolchevisme qui apparaissent dans des groupes hostiles à la politique de Poutine. C'est un instrument indispensable pour prendre connaissance des figures contemporaines de la littérature de ce vaste pays et de leurs aspirations. Pour nous, tout semble contradictoire et même incompréhensible. C'est que l'ancienne URSS vit sur d'autres bases que les nôtres. Mais cet ouvrage est indispensable pour décrypter ce qui s'y passe ou ce qui pourrait s'y passer. De plus, l'auteur raconte l'histoire des personnages et des groupes actuels avec vivacité et en nous procurant des informations claires. C'est nécessaire pour l'interprétation d'un monde nouveau bâti sur quelques vieilles idées.




Une Fille qui danse, Julian Barnes, 222 p., 6,80 euro.

J'avais adoré son perroquet de Flaubert, qui était son premier livre et qui avait paru en 1986. Puis j'ai lu des romans plaisants de lui, comme Arthur et George. Une fille qui danse (paru en France la première fois en 2013) est assez décevant. En effet, ce livre est construit en deux parties : la première, qui se déroule il y a quelques quarante ans, quand trois amis, dont le narrateur, au collège et les années qui suivent. L'un d'eux (ils c'était le quatrième de ces trois mousquetaires), Adrian, se suicide. Notre héros a une aventure avec une jeune fille nommé Veronica, mais il rompt avec cette dernière, qui a alors une liaison avec Adrian. La vie ensuite efface ces souvenirs jusqu'au jour où il apprend qu'il a reçu en héritage le journal d'Adrian. Mais il ne parvient pas à le récupérer. Il revoir les femmes de sa jeunesse, les souvenirs l'envahissent... Pourquoi pas ? Mais le début est une sorte de reconstitution fidèle des années quatre-vingts et la seconde partie est une méditation souvent laborieuse sur l'âge, le temps qui passe, les vies ratées, les occasions perdues.
Gérard-Georges Lemaire
01-07-2014
 
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Verso n°121

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