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[verso-hebdo]
16-01-2014
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Kesai, le maître du dessin abrégé, présenté par Matthi Forrer, Editions Hazan, 376 p., 45 euro.

Depuis plusieurs années, les éditions Hazan publient des ouvrages des grands maîtres de la xylographie japonaise de l'ère d'Edo. Cette fois, elles nous font connaître un groupe de livre d'un auteur moins connu qu'Utamaro Akutagawa Kesai (1764-1824) Il est devenu en 1795 le peintre de la cour du daimyo gouverneur) du domaine Tsuyama (province de Misamasaka). Il a inventé un nouveau style marquant un tournant dans l'histoire de l'art du Japon, qui se caractérise par un plus grand dépouillement et aussi au trait plus cursif. C'est à partir de 1796, qu'il a édité des albums qui illustrent sa manière appelée ryakuga. Ces ouvrages sont en réalité de petites encyclopédies graphiques (en même temps que des manuels pour apprendre le dessin) qui sont appréciés par leur dessin mais aussi pour leur humour. réunis pour la première fois l'ensemble de ces six albums. Le premier s'intitule Ryakugashiki (1796), qui est une sorte d'initiation. Les suivants sont dédiés au monde animal (Choju ryakugashiki, 1797), aux figures humaines (Jinbutsu ryakugashiki, 1799), aux paysages (Sansui ryakugashiki, 1800), aux proverbes (Kotowazagaen, 1808) et enfin aux mois de l'année avec Keisai ryakugaen, 1823). S'il a été négligé par les frères Goncourt, il a plu au collectionneur et critique Théodore Duret et surtout à Auguste Rodin. Il s'est imposé comme un des piliers du japonisme en Occident.




Sigmar Polke, Guy Tosatto & Bernard Marcadé, Actes Sud/musée de Grenoble, 184 p., 32 euro.

Comme le rappelle Bernard Marcadé dans son essai, Sigmar Polke (1941-2010) s'est considéré comme un « artiste en tous genres », à la manière de Picabia. Soit. C'est son droit. Mais son oeuvre se caractérise par une irrégularité pas seulement dans les thèmes abordés, dans la forme et le style, mais dans la qualité de ses propositions plastiques. Par exemple, la série de tableaux abstraits et géométriques est bien mal venue. A la fin, il a beaucoup abusé de ses figures empruntées à une imagerie ancienne qui contraste avec le travail strictement pictural. Il faut dire que le choix fait par le musée accentue ce défaut dans sa démarche. Mais Polke a su et a pu être un grand artiste. J'ai eu la chance de découvrir ses dernières oeuvres, les vitraux de la cathédrale de Zurich : la plupart d'entre eux sont faits en pierre et sont de véritables merveilles. Et certains de ses tableaux sont magistraux (pas ceux présentés par Pinault dans la salle réservée à l'artiste à la Punta della Dogana de Venise lors de la précédente Biennale). Que nous a-t-il légué ? De superbes réalisations et une oeuvre en dents de scie qu'il nous faudra bien oublier.




Lettre à Matisse, Tahar Ben Jelloun, « Folio », 240 p., 8,20 euro.

Ce petit texte assez savoureux sur la venue de Matisse à Tanger, qui est conçu d'abord comme une lettre envoyé par la personne qui prépare son séjour et suivi de réflexions sur ce qu'il y découvre et sur la peinture qui en résulte (l'écrivain fait l'éloge du Café marocain, qui se trouve à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg), son modèle, une jeune mulâtresse, sur la lumière et sur la ville qu'était Tanger. C'est très bien senti et écrit. Dommage que ce texte soit trop bref. Il est suivi d'une série de petits essais sur des artistes dont la plupart appartiennent au monde maghrébin. Il nous fait ainsi découvrir des artistes que nous ignorons et cela nous change de tous ces hommes de lettres qui ne s'attachent qu'aux pas des célébrités.




Sphinx, Christine Falkenland, traduit du suédois par Annie Karila, Actes Sud, 140 p., 21 euro.

Une femme qui atteint la quarantaine vit avec amertume son divorce. Son mari s'est remarié et la situation qui s'est créée la plonge dans une tourmente intérieure. Elle décide d'écrire à la nouvelle épousée, Claire, et, de lettre en lettre, elle s'insinue dans la vie du couple. Ce mélange de confidences et de questionnements répond à une stratégie perverse qui consiste à inoculer un poison dans l'esprit de la jeune femme. L'idée de l'auteur est séduisante : atteindre l'ex-mari, Félix, qui l'a abandonnée en envahissant les jours et les heures de sa nouvelle femme, est digne d'une trame telle que celle des Liaisons dangereuses. Mais Christine Falkenland est vite devenue la prisonnière de son système. A mesure que se développe, le récit, l'obsession maladive de cette femme blessée et jalouse atteint un paradoxisme maladif qui est prévisible dès le début. En sorte que la lecture de ces pages se révèle sans surprise et que les faits et gestes angoissants de l'héroïne ne parviennent jamais à produire des dimensions neuves dépassant le simple carcan de la névrose qui se transforme en psychose.




Matisse – Rouault, correspondance 1906-1953, présenté par Jacqueline Munck Bibliothèques des arts, 160 p., 19 euro.

Matisse et Rouault n'ont jamais été amis. Ils se sont connus aux Beaux-arts dans le cours de Gustave Moreau. Pourtant, ils vont avoir des relations qui tournent surtout autour de questions de métier, le Salon d'Automne d'abord, puis le premier prix des peintres en 1923, différentes difficultés qui se présentent dans l'exercice de leur métier. Le plus étrange est que c'est la fille de Matisse qui s'occupe de sa correspondance : les deux hommes se verront peu, mais ils resteront liés, surtout à la fin de leur existence. Le fait le plus important est qu'ils vont exposer tous deux chez Pierre Matisse à New York. En somme, une fraternité a subsisté jusqu'à la fin de leur vie en dépit de tout. Rien ne les rapprochait dans leur travail, mais ils demeurèrent de bons camarades. Ce volume contient une foule d'informations précieuses qui permettent de voir l'un et l'autre artiste sous un angle inattendu. Moreau a créé ces deux grands noms de l'art français. Leur histoire, après le début de l'aventure fauve n'a plus rien à partager. Sauf cette solidarité des débuts qui ne s'est jamais démentie.



Le dernier des injustes, Claude Lanzmann, « Folio », 80 p., 4,40 euro.

Ce dialogue repris dans son intégralité entre l'auteur et le délégué suisse de la Croix Rouge à Berlin qu'il avait intégré à son film Shoah, est un document surprenant et qui semble presque surréaliste. Cet homme jeune, avec les meilleures intensions du monde, se rend dans le camp d'Auschwitz en 1943 et, l'année suivante, à Theresienstadt. Ce qui est extraordinaire que ni dans un cas ni dans l'autre, il n'a absolument rien vu, rien compris. Bien sûr, les Allemands ont pris de soin de tout préparé pour créer une mise en scène. Malgré que bien des années soient passée (l'entretien a lieu en 1979), cet homme n'est toujours pas arrivé à prendre la mesure de la solution finale. Si à Auschwitz il n'a effectivement rien vu, il a tout de même croisé des groupe de travailleurs dans un état épouvantable. Ce livre est troublant et pose la question de l'histoire comme moment vécu.
Gérard-Georges Lemaire
16-01-2014
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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