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[verso-hebdo]
23-01-2014
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Ivan Messac, From me to You, Robert Bonaccorsi, Actes Sud, 176 p., 29 euro.

Conçu pour l'exposition d'ivan Messac à la Villa Tamaris (La Seyne-sur-Mer) et à la galerie Baudouin-Lebon (Paris), ce catalogue peut-être regardé comme un vade-mecum du parcours de cet artiste. En marge de la figuration narrative, mais sans jamais avoir l'envie d'adhérer à un esprit d'école, Messac a poussé ses recherches dans différentes directions. On regrettera que cette « anthologie » passe sous silence sa phase futuriste qui a été certainement l'une de ses plus originales et attachantes. En revanche, on y trouve son magnifique travail réalisé à partir du constructivisme russe et des images de la saga bolchevik. Très sensibles aux médias les plus modernes, il a fait une série d'oeuvres à partir de la technique photographique (en la pervertissant), Clic-Clac 3 D, ou de l'écran de télévision - Impression Prime Time. En d'autres occasions, il se referme sur les déclinaisons du Pop Art qui se sont affirmées en France depuis la fin des années 60. Quoi qu'il en soit, ce volume peut donner une image à peu près juste de qui est Ivan Messac, et c'est beaucoup.




Les Solidarité mystérieuses, Pascal Quignard, « Folio », 272 p., 6,60 euro.

Pascal Quignard est indubitablement un des plus grands écrivains français de notre époque. Il excelle dans tous les genres, mais hélas pas dans celui du roman. C'est étrange, mais c'est un genre où non seulement il ne montre pas une grande empathie, mais il s'y révèle aussi gauche et sans inspiration. Cette histoire de cette femme qui s'est installée en Bretagne près de Dinard et dont on reconstitue peu à peu l'existence, le mode de vie et les secret est conçu de manière plutôt maladroite et il a produit une sorte de canard boiteux de la littérature. Le récit se traîne en longueur, les descriptions sont fades et les personnages ne prennent pas vraiment vie. Sans doute cette figure énigmatique est-elle intéressante, mais elle n'est jamais en mesure de nous convaincre. Quand on songe aux Petits traités, à Albucius, à la Nuit sexuelle, pour ne citer que ces titres, on est surpris de le voir produire une fiction aussi mal fichue. Un grand auteur peut avoir son talon d'Achille et pour Pascal Quignard, c'est le roman encore et toujours !




Contre l'art (les carnets), Tomas Espedal, traduit du norvégien par Terje Sinding, Actes Sud, 174 p., 20 euro.

Ce roman a une tonalité très naturaliste qui nous ramène au temps de Knut Hamsun. Mais le style est très moderne. L'histoire de cet homme étrange, fermé et rustre commence quand disparaît sa femme dont il était séparé. Il décide de prendre soin de sa petite fille dans une maison ancienne. Il s'interroge sur son existence et sur son histoire familiale. Tout semble gris, comme de la neige sale et il tente de reconstruire les jours et les heures qui l'oint mené là où il est, seul et démuni. On découvrir la sensibilité de cet homme apparemment frustre et sa capacité de restituer avec forces les figures de son passé. C'est d'ailleurs ce contraste frappant entre sa personnalité telle que nous la livre l'auteur et sa capacité à extrapoler du temps jadis des souvenirs narrés avec finesse et des sens subtils qui rend cette fiction un peu en porte-à-faux. Mais les récits qui s'entrecroisent et se complètent demeurent néanmoins frappants et d'une force qu'on ne saurait nier.




Histoires vraies, Blaise Cendrars, édition présentée par Claude Leroy, « Folio », Gallimard, 304 p., 7,20 euro.

Peut-être que ce recueil de nouvelles nous permet de comprendre qui était vraiment Blaise Cendrars, je veux parler de l'écrivain. Ces sept histoires qu'il a écrites en 1936 en général pour le supplément Paris Soir Dimanche lancé par Lazareff, tiennent à la fois du reportage tel qu'on le concevait encore, hérité du XIXe siècle, et de la fiction pure. Son idée est de rendre le tout si fortement intriqué qu'il est impossible de distinguer le vrai du faux, car il n'y a plus de vrai et de faux : rien que des affaires abracadabrantes qui aurait très bien pu exister car la réalité dépasse parfois la fiction. C'est ce dépassement de la réalité qu'il traque dans ces récits qu'il va glaner aux quatre coins du monde et qui paraissent des bribes autobiographiques. Mais, de plus, Cendrars fait preuve d'une culture étonnante, qui ne pèse jamais sur le caractère « journalistique » de ses histoires. Sans doute n'est-ce pas là sa plus prose, mais c'est sa prose la plus authentique, c'est qui lui vient spontanément quand il faut écrire vite. Dans un langage moderne, il nous procure les joies et les émerveillements que nous avaient apportés ses précurseurs, tels Dumas ou Gautier, ou même encore Jules Barbey d'Aurévilly, qui ont tous eu maille à faire avec le journalisme et ont su en transcender les contraintes.




Le Vert, Michel Pastoureau, Le Seuil, 240 p., 39 euro.

Après le Bleu et le Noir, Pastoureau nous offre une étude sur la couleur verte. Selon une formule éprouvée, il tire le meilleur profit de ses compétences de médiévaliste émérites : il fait reposer l'essentiel de son analyses de sa connaissance du métier de la teinturerie, qui joue un tel rôle dans l'évolution des couleurs dans le vêtement et la décoration, et des codes de l'héraldique. Le chapitre consacré aux Enfers est particulièrement passionnant. Cela se gâte un peu par la suite car l'auteur est profondément ignorant de la peinture. Le vert des Lumières est à mettre en discussion et quand il parle d'un monde vert pour le XIXe siècle puisque le paysage y tient une place importante, il extrapole sans trop bien voir où cela le mène. La belle iconographie sauve cette fin en queue de poisson. Après tout ce temps, on ne comprend pas que l'auteur n'est pas fait un effort pour se familiariser avec l'art de la peinture, fondamental dans de genre de méditation !




Modigliani et l'Ecole de Paris, Fondation Pierre Gianadda, 224 p.

J'ai déjà l'occasion de dire ce que je pensais de l'exposition. Léonard Gianadda nous a habitué à beaucoup mieux en règle générale. Mais on pouvait se consoler avec les toiles de Modigliani, qui étaient superbes, et la petite section sur la sculpture, pas mal agencée. Le catalogue laisse aussi sur sa faim. A la place des fiches concernant chaque oeuvre, on a des citations et les essais sur la question en général sont maigres. Retenons surtout celui de Daniel Marchesseau, qui ne nous apprend rien de bien neuf, mais qui a le mérite de connaître la question sur le bout des doigts.
Gérard-Georges Lemaire
23-01-2014
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
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Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com