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[verso-hebdo]
17-10-2013
La chronique
de Pierre Corcos
Déambulations contemporaines
Vous n'avez pas assisté à la dernière Nuit Blanche, le 5 octobre ? Tant pis, c'est fichu ! D'une part, cet événement n'a lieu qu'une fois par an, d'autre part vous n'aurez qu'une chance infime de retrouver ailleurs les nombreuses propositions plastiques et musicales que la merveilleuse ville de Paris accueille, pour vous, dans ses rues, cours, jardins, édifices…
Vous allez peut-être, justifiant ainsi votre retrait, égrener les habituelles critiques à l'encontre de… l'évènementiel qui écrase l'art, du coupable encouragement au « zapping », et de ce douteux mixage entre tourisme culturel, virée snob pour noctambules blasés, et jeu de piste vulgaire à prétention artistique ! Mais, avant de laisser votre irritation monter en puissance, considérez d'abord que l'on trouve plusieurs entrées dans cette fameuse Nuit Blanche : par la gratuité, une incontestable accessibilité pour un très large public à l'art contemporain ; par les sites variés où ces évènements se produisent, une occasion de (re)découvrir le patrimoine parisien ; par l'ouverture de la programmation, une manière agréable de balayer des yeux un panorama de l'art contemporain. Il y en a donc un peu pour tous : les néophytes, les visiteurs, les spécialistes.
Et puis, plus généralement, l'art n'est-il là que pour sans cesse produire des oeuvres ? Ne peut-il point susciter aussi des attitudes, des conduites que l'on peut qualifier d'esthétiques par leur dimension gratuite, aimante, ludique, contemplative et désintéressée ? La promenade, où l'on devient peu ou prou « amoureux du tout-venant » (Brassens), et qu'a si bien célébrée l'écrivain suisse Robert Walser (« j'éprouvais une curiosité joyeuse pour tout ce qui allait bien pouvoir se trouver sur ma route ou la croiser ») dans son chef d'oeuvre, « La promenade », n'est-elle pas l'une de ces actions dont la curiosité esthétique constitue le ressort principal ? Voilà, on ne vaque plus à ses occupations, mais on se rend vacant pour accueillir le monde et les autres. Je fais route à pied « sans être pressé, avoir pour terme de ma course un objet agréable : voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus à mon goût ». Qui écrit ces mots ? Jean-Jacques Rousseau dans ses « Confessions ».
Alors, ne serait-ce que par cette invitation à une authentique promenade dans Paris, la Nuit Blanche mérite son beau succès.

Jusqu'en janvier, Pierre Huyghe au Centre Pompidou. Là aussi une déambulation est offerte parmi la cinquantaine des propositions que cet artiste polyvalent nous donne à voir et à vivre. Mais bien sûr il s'agit, à la différence de la Nuit Blanche, d'un seul créateur et d'un seul lieu… On pouvait craindre une somme de projets factices, décousus, artificiels, évidemment rationalisés - on connaît bien la formule - par des textes d'« explication » à la fois spécieux et amphigouriques. Mais non, qu'il s'agisse d'un dessin animé, d'un opéra de marionnettes, d'un projet d'architecture, d'un plafonnier interactif, d'une patineuse sur glace, d'un plan d'expédition en Antarctique, de films cérémoniels, de constructions éphémères, etc., l'ensemble est tenu par un fil rouge mystérieux, une inspiration venant de loin.
Intuitivement, on se dit que ce parcours a quelque chose à voir avec l'enfance, le monde animal, la contemplation, l'errance, qu'on déambule dans un long rêve mélancolique déployé en symboles, métaphores et déplacements. La musique dans le genre Bob Ashley ou David Behrman, permanente et omniprésente, contribue à la réussite de cette ambiance où le mélancolique se joint à l'étrange. D'abord « l'exposition est ouverte à des formes de vie qui y sont d'habitude proscrites » (texte de présentation) et l'on assiste à des « zoodrames » en aquarium, on suit les pérégrinations d'un chien blanc à la patte rose, on observe des abeilles formant leur essaim, des fourmis ou des araignées se promenant sur les murs ; ensuite, des micro-évènements continueront à se produire, même quand le Centre Pompidou ferme ses portes : avec Pierre Huygue, « l'exposition est un monde qui s'auto-génère et varie dans le temps et l'espace, indifférent à notre présence » (texte de présentation). Enfin, même si l'on émet des critiques sur telle ou telle proposition, la promenade enchante car elle offre assez de surprises pour éviter la monotonie et, entre les rencontres qu'elle aménage, suffisamment de correspondances pour prévenir l'impression énervante de « n'importe quoi ».

Autre incitation à la promenade à texte et/ou/ prétexte esthétique : le street art… Une nouvelle application gratuite à télécharger sur son smartphone (My Paris Street Art) permettra de découvrir une centaine d'oeuvres répertoriées, géolocalisées dans Paris, Montreuil, Bagnolet, Evry. Et les utilisateurs peuvent même ajouter des lieux ou publier des photos… Le street art, le smartphone, le vélib' : oui, une déambulation tout à fait contemporaine !
Pierre Corcos
17-10-2013
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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