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[verso-hebdo]
17-10-2013
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

L'Esprit de l'ivresse, Loïc Merle, Actes Sud, 288 p., 21,50 euro

Après l'égoroman, apparaît maintenant une forme romanesque qui s'ancre dans la réalité la plus banale et se dispense d'un héros ou de véritables personnages. La fiction de Loïc Merle ne nous relate pas une histoire, le destin d'une personne ou d'un famille, ou encore d'une communauté, mais la réalité qui s'est faite jour depuis quelques décennies dans les banlieues françaises à travers des fragments d'expériences vécus par des marginaux. Ce qui l'intéresse, ce sont les métamorphoses profondes de notre société : les ghettos de la périphéries, les transports en commun, la situation des femmes et puis la révolte des jeunes dans les zones déshéritées où sont refoulés les émigrés. Il faut reconnaître que l'auteur parvient à retenir notre attention alors qu'il n'y a guère de récit en dehors de celui de Youssef au début. On peut parler de roman sociologique et cela nous rappelle un peu ce qu'ont entrepris de faire récemment Emmanuelle Heidsieck ou Jeanne Truong. Si nous retrouvons ici un écho lointain du « roman expérimental » d'Emile Zola, la manière de procéder est résolument moderne. Sans doute restons-nous un peu sur notre faim car l'absence de trame romanesque digne de ce nom est une limite à ce genre de recherche. Mais on se laisse néanmoins entraîner dans le tourbillon de ces histoires croisées qui nous confrontent aux aspects les plus inquiétants de notre univers qui se veut si développé et qui pourtant présente des failles béantes. Ce n'est pas un livre « engagé » , mais plutôt un livre qui montre l'engagement de l'auteur face à des situations dramatiques (et d'une triste banalité) qui révèlent les tares qui nous font courir le risque de nous faire perdre le sens des choses et des valeurs premières sous-tendant le temps présent.




Les Trois Don Juan, Guillaume Apollinaire, « L'Imaginaire », Gallimard, 294 p., 9,50 euro

En 1915, alors que Guillaume Apollinaire se trouvait sur le front, la Bibliothèque des Curieux publiât les Trois Don Juan. C'est un thème cher au poète : quatre ans plus tôt il avait fait paraître sous une couverture muette les Exploits d'un jeune Don Juan, un roman érotique. Cette fois, l'entreprise n'est pas du tout égrillarde. Il a voulu réécrire trois grandes versions de cette vie légendaire : celle de la pièce de Molière et du Don Giovanni que Dal Ponte a écrit pour Molière, et celle de lord Byron. La seconde est l'histoire de Don Juan Maraña, le Don Juan des Flandres, qui a été imaginé par Prosper Mérimée. Ces trois figures partagent quelques traits communs, en particulier le goût pour les jolies femmes, mais ont des destins très différents. On est d'ailleurs étonné qu'il n'ait pas repris le livre que Tirso di Molina lui a consacré en 1630. Mais il est possible qu'il se soit diverti à puiser ses sources dans différentes sources. Contrairement à ce qui a pu être affirmé, Apollinaire a pris plaisir à revisiter profondément les différentes histoires de ce séducteur devenu le paradigme de la quête éperdue du plaisir physique. Il les traite avec un certain détachement, sans porter de jugement et même le souper où apparaît la figure vengeresse du Commandeur que le jeune intrépide a tué est rapporté avec une distance qui s'écarte de toute morale. Mais il n'en fait pas non plus un héros. C'est une oeuvre très curieuse dans le parcours de l'auteur d'Alcools : lui qui a déjà écrit plusieurs livres salaces, ne veut pas s'identifier le moins du monde à ces Don Juan. Il leur porte une affection évidente, mais les traite avec le sérieux de l'historien. Bien sûr, il suit pas à pas Lord Byron, qui en affait un être singulier dans un récit picaresque. Mais il y a un gouffre entre le poème de l'écrivain britannique et sa « traduction ». Longtemps considéré comme un ouvrage plutôt mineur ces Trois Don Juan devraient désormais être lus et étudiés comme une méditation du poète sur les compulsions à l'hédonisme pur et les vicissitudes du destin, car Don Juan n'est pas représenté comme un assassin, mais comme quelqu'un qui affronte sans peur la mort, pouvant aussi bien la donner que la recevoir.
Gérard-Georges Lemaire
17-10-2013
 
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Verso n°122

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