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[verso-hebdo]
07-11-2013
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Félix Vallotton, le feu sous la glace, RMN / musée d'Orsay, 288 p.
Vallotton, Manguin, Hahnloser, Correspondance, La Bibliothèque des arts, 630 p., 25 euro.
Le Petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions, Laurence des Cars, RMN Grand Palais, 104 p., 12 euro.
Félix Vallotton, Isabelle Cahn, « Découvertes », Gallimard


Il y a eu de très belles expositions Félix Vallotton, en particulier celle de la Fondation Gianadda en 2005 (« Les couchers de soleil »). Mais jamais il n'y a eu en France une grande rétrospective. Les organisateurs de l'exposition du Grand Palais on taillé la poire en deux, mi rétrospective, mi exposition thématique. Soit. Sans doute, comme on le constate dans le petit ouvrage de L. des Cars, Vallotton a nourri certaines hantises qui se sont retrouvées dans sa peinture. La commissaire en en vues dix seulement. Là aussi, pourquoi pas ? Mais cela déforme un peu la vision qu'on peut avoir de ce peintre original qui a quitté sa Suisse natale pour venir étudier à Paris et qui ne s'est reconnu dans aucun groupe ou mouvement de son temps. Il a fait cavalier seul, répudiant l'académisme qu'il abhorrait et ne subissant que l'influence de Puvis de Chavannes, et encore d'une manière relative. Toutes les audaces de ses contemporains ont permis ses propres audaces. Sa manière de peindre avec des aplats et des couleurs aigres, parfois contre-nature, ses scènes de nus d'un érotisme bizarre, ses paysages qui radicale de manière exponentielle les vedute d'Hodler, ses chairs qui semblent parfois un parchemin plissé et souple, ses scènes d'intérieur plutôt singulières et étouffantes sont là pour montrer à quel point il n'avait pas froid aux yeux. Mais il a fait aussi preuve d'un immense raffinement, d'une sensibilité paradoxale qui s'est manifestée dans une manière de peintre qui allait à rebours des postimpressionnistes ! Et pourtant, il ne s'est jamais affirmé comme un ennemi de ce monde de la recherche par la couleur et la lumière. Ses formes, qui laisse transparaître un grand classicisme, ses tonalités qui échappent à toute règle, ses sujets souvent étranges, tout contribua à faire de sa peinture un cas aussi extraordinaire que celui de Gustave Moreau dans un tout autre registre. L'exposition nous laisse sur notre faim et le catalogue un peu aussi, même s'il nous fait découvrir tant de tableaux peu connus ou un peu oubliés. Mais qui peut se plaindre, franchement, d'avoir autant d'oeuvre de Vallotton à sa disposition ? Et l'ouvrage nous permet de mieux le connaître. Dommage qu'on ait un peu oublié l'écrivain qu'il fut, alors qu'on rend justice au génial graveur. Et l'authentique amateur sera comblé par la correspondance échangée par Vallotton à son ami Manguin, un fauve qui a été mis sur la touche par la postérité, et surtout Arthur et Hedy Hahnloser, ces collectionneurs qui sont devenus des intimes de l'artiste. Cet ouvrage nous donne l'occasion de voir Vallotton sous un autre éclairage et constitue aussi un merveilleux apport à la connaissance et de sa vie et de son oeuvre. C'est une découverte des plus passionnantes.




Correspondance 1946-1963, Gaston Chaissac/Jean Dubuffet, édition établie par Dominique Brunet et Josette Y. Rasle, « Les Cahiers de la NRF », Gallimard, 784 p., 45 euro.

Les relations entre Jean Dubuffet et Gaston Chaissac ont débuté en 1946. A cette époque, Dubuffet était encore un artiste débutant et donc on est assez surpris de constater que la première lettre a été adressée par Chaissac, pour indiquer au néophyte qu'il avait eu tort d'exposer des choses qui ne pourraient pas nécessairement plaire aux critique (l'exposition avec eu lieu chez René Drouin) ! Cette lettre est pleine d'humour et elle est bienveillante. Son humour pince sans rire a dû plaire au destinataire car une longue correspondance s'établit entre eux. Et c'est Chaissac qui conseille et instruit son nouvel ami ! Pendant dix-huit, ils vont échanger plus de quatre cents lettres, Dubuffet est toujours anxieux de savoir ce que pense son aîné de ses peintures, dessins et surtout de ses écrits. Il s'installe entre eux une véritable familiarité et ils échangent des souvenirs et des confidences. Sans doute trouve-t-on ici le meilleur de Dubuffet, car il ne s'est pas encore installé dans un jeu de rôle. Il n'a pas « inventé » l'Art Brut. Il cherche sa voir (comme le montre ses dessins colorés dans le Sahara). Même quand il commence à être connu et apprécié, Chaissac demeure son mentor, son cicérone dans l'idée d'un art différent. Il lui montre un respect jamais démenti. Ces lettres sont passionnantes. Elles ne sacrifient jamais aux tours et détours d'une correspondance artistique où les deux épistoliers jouent au chat et à la souris. Et Dubuffet admire profondément cet homme aimable et intelligent bien que fort peu instruit. La préface conjointe de Dominique Brunet et de Josette Yolande Rasle est remarquable : simple, précise, visant l'essentiel et rétablissant les vérités qui ont été ensevelies sont des monceaux d'idées reçues et malveillantes. Une réussite.
Gérard-Georges Lemaire
07-11-2013
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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