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[verso-hebdo]
11-12-2013
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Brassaï, pour l'amour de Paris, Flammarion, 256 p., 35 euro.

Ce catalogue est un compendium du grand photographe d'origine hongroise Brassaï. Avec lui, le Paris du milieu du XXe siècle s'est muté en univers pittoresque en noir et blanc -, un Paris révolu, lointain, avec une touche d'étrangeté. On ne se lasse pas de ses vues des rues sombres ou plongée dans la nuit chichement illuminée par les réverbères. Et on ne se lasse pas non plus des personnages qu'il a saisi dans les cafés ou dans des chambres d'hôtels interlopes, de ces agents de police avec leurs képis et leurs pèlerines. Brassaï appartient désormais au patrimoine de notre bonne vieille capitale. Et il est juste qu'il en soit ainsi.




Pierre Molinier, photographies et dessins, Musée de l'hospice de Saint-Roch, Issoudun, 64 p.

Parmi les êtres bizarres de l'art du siècle dernier, Pierre Molinier (1900-1978) est sans doute l'un des plus fascinants. Il même une double vie, de peintre en bâtiment il se change en secret un vrai peintre. Son univers est guidé par ses obsessions où domine une dualité androgyne, représentants des femmes en sous-vêtements noirs et des hommes pareillement parés. Ses fantasmes ambigus sont souvent pluriels, comme si une figure devait se multiplier à l'infini. En 1955, il se consacre à la photographie. Il fait poser des êtres qui sont des masques, des doubles de lui-même en bustier et porte-jarretelles. Il cultive encore le dédoublement. Quand il exposes ses oeuvres en 1956, André Breton en fait la louange : « Le genre de Molinier est de faire surgir la femme non foudroyée, mais foudroyante, de la camper en une superbe bête de proie. » Breton se trompait en partie car les désirs transposés de l'artistes sont plus troubles ! Son érotisme est en tout cas fait pour engendrer et le trouble et le doute dans un jeu incessant de métamorphoses. Il a dépeint des orgies imaginaires qu'il joue avec des fragments de corps sublimés.




Le Siècle d'or de la peinture danoise, Gallimard, 216 p., 35 euro.
Wermaëre et Jorn : la force des contraires, Editions Gourcuff-Gradenigo, 144 p., 29 euro.


Les deux expositions présentées de conserve à la Piscine de Roubaix mettent l'accent sur le grand écart de la culture danoise. La première, qui rassemble les nombreuses pièces d'une collection privée, nous présente les différentes formes de peinture du Danemark du XIXe siècle. A une époque où le pays perd sa puissance et doit se replier sur lui-même, ses artistes se partagent en deux clans : le premier manifestant un profond nationalisme, le second plus ouvert à l'Europe. Mais quel qu'ait été leur camp, tous ces artistes sont très sages Mis à part le puissant sculpteur Thorvaldsen, qui a travaillé un temps à Rome, rien ne semble devoir émerger de puissant dans cette peinture qui privilégie le paysage et les portraits. Même quand ils évoquent des scènes mythologiques, ces artistes ne sortent pas de leurs gonds. Mais il est intéressant d'observer comment une culture s'est représentée dans une longue phase de transition.
Le groupe Cobra, né dans l'immédiate après guerre en Belgique, aux Pays-Bas et au Danemark, est aussi un retour aux origines. Mais cette fois avec beaucoup de morgue et un sens profond de la modernité. La présentation des oeuvres réalisés sinon en commun, du moins dans une étroite connivence, montre comment Jorn et son amis se sont libérés des contraintes de l'abstraction géométriques pour découvrir d'autres horizons plastiques (ils sortent tous deux de l'atelier de Fernand Léger).
On peut y voir des compositions étonnantes, chacun d'entre eux s'éloignant de l'autres, mais en se nourrissant de leurs expériences respectives. Bénédicte Bollaërt et Bruno Gauduchon nous offert une belle page d'histoire de l'art et une découverte surprenante.




Harold, Einzlink, traduit de l'allemand par Isabelle Liber, Actes Sud, 240 p.

Ce roman nous raconte quelques journées dans les quartiers de Londres d'aujourd'hui, ville qui n'a plus grand chose à partager avec celle des préraphaélites et des membres du Bloomsbury. Harold est renvoyé de son travail chez un traiteur. A travers lui, on découvre un monde tout à fait décalé, pas vraiment marginal, mais assez représentatif des bizarreries du temps présent. Evidemment que ce soit un allemand qui pénètre aussi loin dans l'idiosyncrasie de la vie anglaise est une autre des bizarreries de l'ouvrage. Ce n'est pas un roman qui fera date, mais il n'en est pas moins bien fait, singulier, écrit avec beaucoup d'astuce -, trop peut-être à mon goût. Ce héros qui n'en est pas moins une sorte de révélateur pour nous faire découvrir son entourage car il éprouve une énorme empathie pour ses voisins et les gens qu'il rencontre. Le jeune garçon de sa voisine, cette dernière, d'autres figures mineures lui servent de révélateurs. Et l'effet est frappant. C'est un reportage par le petit bout de la lorgnette sur le monde anglo-saxon après l'ère Tatcher. Et c'est un document acide et drôle qui mérite d'entrer dans le genre roman sociologique, avec beaucoup de cocasserie et de pertinence.
Gérard-Georges Lemaire
11-12-2013
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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