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[verso-hebdo]
08-05-2013
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
François Bard, le métaréaliste
La remarquable exposition de François Bard à la Mazel Galerie de Bruxelles (jusqu’au 25 mai) devrait enfin mettre cet artiste à sa place : c’est-à-dire le premier rang des métaréalistes européens. Je ne dis surtout pas « hyperréaliste » car il s’agit ici de tout autre chose : la Cadillac de Bard (2013) n’a que bien peu à voir avec celles de Ralph Goings ou Don Eddy, à peine peut-on dire qu’elle est réaliste. Tout se passe comme si François Bard était en train de réaliser les prophéties de Jean Baudrillard annonçant que, bientôt, réel et imaginaire seraient confondus : nous serions en train de vivre une réalité cinématographique, « comme si elle n’était là que pour donner lieu à l’écriture documentaire et spectaculaire - non plus un espace de production, mais une bande de lecture, bande de codage et de décodage, bande magnétisée par les signes - ... ». Dans le cas de François Bard, cette bande, peut-être magnétisée par les signes, ne laisse jamais de côté la peinture.

L’exposition a pour titre Après l’horizon. Cet « après » est mystérieux. D’autant que d’horizon, il n’est que rarement question (sauf dans Le silence des songes, 2012 ; Melancholia, 2012 ; et dans le terrifiant Paysage américain, 2013). La toile spécifiquement titrée Après l’horizon (2013) nous met en présence d’un type assez patibulaire en treillis militaire, Marlboro vissée aux lèvres, poil raz et lunettes noires. Serait-ce un gardien de celui dont on ne voit que les mains liées derrières le dos ? Il est noir, est vêtu de la tenue orange réglementaire à Guantanamo, et la toile a pour titre Transfert (2013). On pourrait comprendre que François Bard a dû séjourner aux Etats-Unis, et qu’il est revenu avec le propos de « faire vrai ». On se croirait d’autant plus sur la bonne piste qu’une toile de 2004 s’est explicitement référée à Van Gogh : « Vincent » était-il écrit sur toute la largeur de la composition. Cependant, il ne s’agissait que de grosses chaussures contemporaines non des « Vieux souliers aux lacets » de Vincent. Ces chaussures délaissées - délacées - n’avaient pas de rapport avec un quelconque porteur. Elles n’étaient que le support anonyme d’un sujet absent : même chose avec Converse (2013) qui envahit la totalité de la surface du tableau carré de 1 mètre 30 de côté.

Comme les hyperréalistes, François Bard travaille d’après photographies (qu’il doit prendre lui-même, à en juger par le fusain sur papier Sans titre, 2010, qui me semble un autoportrait avec appareil sur l’œil droit). Mais Bard ne se soumet évidemment pas à la loi de la photo : il la perturbe au contraire par tout un travail de « cordonnier de la couleur » (c’est ainsi que se désignait Van Gogh), ou bien, si l’on préfère, d’artisan de la peinture amoureux du beau métier. Un artisan nullement étranger au monde qui l’entoure. Un monde cruel sans doute : dans Embarquement (2013), vers quel destin pitoyable se dirigent ces trois types vus de dos ? Mais un monde toujours susceptible de livrer de belles surprises plastiques. Dans Foule (2013), on ne voit pas la foule mais une femme blonde, et plus particulièrement sa main gauche qui fait signe. Le signe est incompréhensible, mais la main est baignée par une savante lumière. Une lumière peut-être moins venue du « réel » que de Vélasquez, une des grandes admirations de François Bard. Un peintre, vous dis-je, un vrai. Et l’un des premiers dans la voie métaréaliste qu’il a choisie.
( www.mazelgalerie.com)
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
08-05-2013
 
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Verso n°122

L'artiste du mois : Valérie Rauchbach

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