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[verso-hebdo]
17-05-2012
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Il faut replacer l’artiste « au cœur de l’expertise »
Le ministère de la Culture va changer de titulaire. D’où un espoir pour les artistes plasticiens, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’ont pas été l’objet de beaucoup d’attention de la part des officiels de la rue de Valois ces dernières années. C’est fort à propos que La Maison des Artistes, association agréée pour gérer les assurances sociales des artistes auteurs des arts visuels de la branche des arts graphiques et plastiques, publie un « Manifeste des arts visuels », résultat d’une consultation auprès de ses dix sept mille adhérents. Ce manifeste comprend 15 revendications dont je retiens tout de suite la première, qui me paraît essentielle : Replacer l’artiste au cœur de l’expertise. Le manifeste constate un fait : « les artistes auteurs sont les seuls professionnels à être quasi exclus de l’expertise qui naturellement les concerne. Détenue par l’institution d’une part et par le marché d’autre part, cette fonction est aujourd’hui amputée du regard de l’ensemble des professionnels ». C’est clair, et parfaitement exact : dans les commissions concernant les artistes, leurs représentants (quand il y en a) sont minoritaires, et, surtout, nommés à l’initiative du ministère et non pas désignés par la communauté des artistes. Pourquoi, en l’occurrence, cette communauté ne serait-elle pas incarnée par la Maison des Artistes puisqu’il n’existe pas d’autre structure organique ?

Prenons un exemple particulièrement significatif : le Fonds National d’Art Contemporain est doté d’un budget annuel de 3 millions d’euros pour acheter des œuvres d’artistes vivants peintres, sculpteurs, photographes, vidéastes, designers etc. La Commission d’achat est composée de quatre officiels et de neuf « personnalités qualifiées » nommées par le ministère, réparties en sous-commissions spécialisées, avec des collectionneurs, marchands, critiques d’art, experts... dont seulement deux artistes. Que peuvent faire ces derniers, otages considérés comme « qualifiés » (en vertu de quels critères ?) par le ministère ? Ici, il n’est peut-être pas inutile que je donne un témoignage, car j’ai moi-même fait partie de cette Commission en 1984, et je crains que les choses ne se soient guère améliorées depuis vingt-huit ans.

J’avais été informé que je pouvais venir voir, pendant les trois jours précédant la réunion, les œuvres proposées par les artistes à l’achat du fonds. Je me suis retrouvé à La Défense, dans une réserve où s’entassaient les envois des plasticiens, soigneusement emballés. Aucun n’avait été ouvert ! Le jour de la commission, des œuvres étaient bien présentes dans la salle de réunion, toutes envoyées par des galeries (des grandes à dimension internationale et des jeunes « branchées ») et les quatre officiels du ministère étaient là. Personne d’autre, sauf le peintre Rougemont et moi. J’ai demandé à Rougemont, ancien membre, où étaient nos collègues : il m’a répondu avec résignation qu’ils ne venaient jamais. Nous avons donc assisté à l’achat, par les inspecteurs de la création, des pièces présentées par une demi-douzaine de galeries. Rougemont avait tout de même apporté une peinture d’un copain en détresse financière. Les officiels avaient bon cœur : ils prirent le tableau pour un petit prix. J’avais assisté, en moins de deux heures, au transfert d’à peu près un million et demi de francs des caisses de l’Etat à celles de galeries bien en cour. Aussi, comment ne pas approuver les artistes-plasticiens quand ils écrivent en 2012 : « nous exigeons que la réalité de la représentativité des structures professionnelles d’artistes auteurs et de leurs représentants soit considérée dans les commissions statutaires, dans les commissions publiques, dans les débats, dans les groupes de réflexion installés par l’Etat ». Ce serait la moindre des choses, non ?
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
17-05-2012
P.S. La responsable du Bureau des Acquisitions au FNAC m’indique au téléphone que les « personnalités qualifiées » sont maintenant assidues aux réunions des sous-commissions. Dont acte. Mais il n’y a toujours parmi elles que deux artistes, choisis par le ministère, dont on ne peut d’ailleurs pas connaître les noms...
 
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Verso n°122

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