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[verso-hebdo]
31-05-2012
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Buren au Grand Palais : même les génies peuvent se planter
Mercredi 9 mai, François Hollande, qui n’était encore que président élu, a trouvé le temps d’aller se joindre aux invités du vernissage d’Excentrique(s), travail in situ (au Grand Palais), félicitant Daniel Buren avec des mots simples et chaleureux. J’ai trouvé ce geste, qui est aussi un signe, très sympathique et prometteur pour l’avenir : le nouveau président sera proche de la culture vivante et, espérons-le, avec l’aide d’Aurélie Filippetti, il s’intéressera aussi à ses acteurs qui ne sont pas des vedettes. Cela dit, quelques correspondants se sont étonnés de mon silence (gêné peut-être ?) concernant ce travail in situ (il ne faut surtout pas dire « installation » sous peine d’être traîné en justice par l’artiste) d’abord défini par des chiffres : 350 armatures circulaires (ou 377 selon les sources) de cinq diamètres différents, soutenues par 1.500 poteaux noirs et blancs de 8,7 cm d’épaisseur (on reconnaît la mesure fétiche des célèbres bandes) occupent les 13.000 mètres carrés de la grande nef. Après Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski et Anish Kapoor, notre Buren national aurait relevé un défi impossible…

Bon, mais quel résultat cela donne-t-il ? « Je suis attaché à l’idée que les gens puissent se laisser aller à la découverte et qu’ils puissent s’approprier cette expérience. C’est leur avis qui fait qu’une œuvre existe ou non » : Daniel Buren parle d’or, et l’on ne compte plus ses brillantes réussites, produisant ce qu’il n’hésite pas à nommer lui-même un « effet de beauté ». Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que j’admire la démarche radicale de Buren depuis exactement 41 ans, depuis que j’ai reproduit, dans le premier livre consacré à ce que l’on n’ appelait pas encore l’ « art contemporain » en France, la photographie de la bannière de 20 mètres de hauteur qui venait d’occuper l’espace central du Guggenheim museum de New York le 12 février 1971, aussitôt décrochée à la suite d’une cabale conduite par Donald Judd. (Introduction à l’art d’aujourd’hui, Nathan, 1971, p.79 à 81). J’ai célébré, ici-même, ses interventions magistrales au Musée d’art contemporain de Luxembourg et au Centre Pompidou de Metz. Bref, j’ai dit et répété que je tiens Daniel Buren pour l’un des plus grands créateurs de ce temps et, ainsi que l’a précisé le peintre Hervé Télémaque, pour « un architecte-décorateur génial qui a inventé une science de l’espace ».

Et voici que, déambulant dans la forêt de poteaux du Grand Palais, j’observe les jeunes « médiateurs culturels » (c’est écrit en noir sur leurs tee-shirts blancs) qui répètent avec infiniment de patience aux visiteurs désorientés que les cercles colorés placés à trois mètres au-dessus de leurs têtes ont pour origine l’architecture même du lieu où ils se trouvent, pour lequel l’architecte, Patrick Bouchain, avait utilisé en 1900 un modèle mathématique arabe du Xe siècle mis au point pour l’Alhambra de Grenade, à base de cercles. Je ne sais pas si les visiteurs ont alors une révélation comparable à celle qui a enthousiasmé le critique du Nouvel Observateur (« Au Grand Palais, l’œuvre existe, nous l’avons rencontrée ! »). J’avoue sans trop de honte que, quant à moi, je partage plutôt avec regret le constat de Pierre Marcelle (Libération, 18 mai) osant écrire que « Daniel Buren a installé sous la verrière du Grand Palais des parasols, au demeurant assez moches, en leurs pastels de vieux Formica ». En somme, il s’agit, selon le même auteur qui ne revendique aucune compétence particulière en matière d’art, « d’une appropriation pas forcément réussie d’un espace trop vaste pour lui. » Je crains bien que P. Marcelle ait raison : même les génies peuvent parfois se planter.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
31-05-2012
 
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Verso n°122

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