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[verso-hebdo]
05-11-2015
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
La FIAC en quatre étapes
Le triomphe de la FIAC 2015, c'est qu'elle se prêtait cette année à un marathon à travers la plus belle ville du monde, des Champs Elysées au Jardin des Plantes en passant par les Tuileries, éventuellement en bateau. Mais ce ne sont pas des étapes de ce genre qu'il va être question : nous resterons au prestigieux Grand Palais, et même seulement à l'intérieur du « carré or » des galeries les plus huppées, celles qui ont pu s'offrir des espaces à proximité de l'entrée. Au total, les galeries présentes au Grand Palais étaient 173, venant de 23 pays, elles ont vu défiler une foule d'invités ( professionnels, VIP, presse...) plus 72.000 visiteurs qui ont accepté de payer 35 euros pour entrer dans ce seul lieu (40 euros pour pouvoir aller aussi aux Docks des bords de Seine (Cité des arts et du design), ce qui n'a intéressé que 13.000 d'entre eux. Notre mini promenade en quatre courtes étapes n'en autorise pas moins des conclusions qui peuvent paraître significatives.

Première étape : à tout seigneur tout honneur, Larry Gagosian connu pour être le plus puissant marchand du monde. Surprise le 21 octobre : aucune des oeuvres accrochées dans son espace ne comportait un cartel indiquant au moins le nom de l'auteur et la technique. J'imaginais que cet oubli allait être réparé, et qu'après tout cela pouvait s'expliquer par la précipitation inhérente aux pré-vernissages. Je suis donc revenu le lendemain 22 octobre : toujours rien, ce qui était montré là n'avait donc délibérément aucune identité pour l'ignorant qui n'avait, à l'évidence, aucun intérêt pour la galerie. Celui qui était incapable de reconnaître les oeuvres  « post-humanistes » de Sterling Ruby n'avait rien à faire ici puisqu'il n'appartenait pas au véritable « monde de l'art », bien informé et évidemment fortuné, le seul avec qui la maison Gagosian daignait entrer en relation. Le ton était donné : la FIAC serait réservée à une élite spécifique, qui se protège de la curiosité des ploucs par des moyens plus ou moins humiliants pour eux. Deuxième étape : la très dynamique galerie de Kamel Mennour, présentait, entre autres, une pièce en marbre de Daniel Buren. « Azul Bahia (Brésil) Blanc Thasus (Grèce) ». Vingt et une lattes de marbre alternées de 8,7 cm bleues et blanches, impeccablement ajustées en un ensemble « situé » de 217,5 x 182,7 x 3 cm. Là, il y avait un cartel précis et intéressant. Le visiteur devait bien comprendre que cette oeuvre était « située » et non plus in situ comme tout ce que Buren avait signé pendant un demi-siècle. Cela voulait donc dire qu'elle pouvait être, demain, située ailleurs : chez le visiteur par exemple, pourvu qu'il paye la somme de 170.000 euros. C'était très beau, mais était-ce bien encore du Buren ?

Troisième étape : la galerie Victoria Miro de Londres accrochait notamment un tableau de Jules de Balincourt, cet ancien français devenu américain depuis qu'il est la coqueluche des collectionneurs yankees avec ses peintures à l'huile aux titres ampoulés (ici : « When Masses Become Monuments ») et aux couleurs acidulées. Pour cette oeuvre gentillette représentant un agglomérat de jeunes femmes revêtues de plis antiques cramoisis (177,8 x 154,2 cm), il était discrètement demandé 110.000 dollars. Sans commentaire.

Quatrième étape : la galerie Michel Rein offrait pour la première fois sa chance à une artiste libanaise installée en France depuis le milieu des années 80, Fadia Haddad, avec un remarquable tableau de sa série dite des « Masques » (146 x 114 cm) où transparaissait sa folle passion de peindre, où une formidable énergie était disciplinée par un sens inné de la composition. Ce travail au pigment acrylique et à la mine de plomb attirait l'attention des visiteurs motivés par le simple art de peindre. Le prix proposé, 13.000 euros, attestait le fait qu'à la FIAC on trouvait aussi bien du simili art pour snobs à fort pouvoir d'achat que de l'authentique création originale accessible pour un budget raisonnable. Sans le savoir, peut-être, Michel Rein et Fadia Haddad ont rendu un grand service à la Foire Internationale d'Art Contemporain.

www.fadia-haddad.com
Retrouvez le travail de Fadia Haddad sur Visuelimage.com dans l'Artiste du mois.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
05-11-2015
 
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Verso n°110

L'artiste de l'été : JonOne

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du 6 au 28 Octobre 2012
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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
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