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[verso-hebdo]
12-03-2015
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Daniel Buren, au fur et à mesure
Il y a trente-deux ans, dans la galerie Eric Fabre de la rue du Pont-de-Lodi, Daniel Buren présentait une exposition intitulée Auparavant. Les lieux n'ont pas changé, mais ils constituent maintenant le deuxième espace de Kamel Mennour à Saint-Germain-des-Prés, occupé (jusqu'au 15 mars) par une nouvelle proposition burenienne sous le titre Au fur et à mesure, travaux in situ et situés. C'est la troisième collaboration du célèbre artiste « in situ » avec Kamel Mennour qui se déclare ravi par le miroir qui dédouble sa galerie et par l'impression qu'il éprouve : « on est pris de vertige dans son installation ». Buren travaille aujourd'hui le marbre, bien entendu sous forme de bandes alternées de 8, 7 cm, et aussi la pierre, le granit et le graphite. On se souvient que les fameuses colonnes du Palais Royal sont exclusivement en béton et marbre noir des Pyrénées. Chez Kamel Mennour les bandes blanches sont obtenues avec un marbre très blanc, pratiquement sans veines visibles, alternant avec des marbres de couleur venus de divers pays du monde : Brésil, Inde, Espagne, Grèce et Israël. Ils sont choisis avec soin pour la beauté de leurs couleurs et de leurs dessins, si bien que certains visiteurs sont tentés de dire que tout cela  est « décoratif ».

Daniel Buren connaît bien ce genre de réaction : pour lui, si le visiteur emploie ce mot pour exprimer l'idée que son travail est anecdotique, mou ou facile, alors il se trompe et devrait trouver un autre vocable. Car le fait est là : si l'installation est réussie, si elle correspond bien à la recherche conduite par l'artiste depuis un demi siècle, alors elle intègre à l'évidence une dimension décorative : « tout grand art est décoratif » dit-il avec force, et il a raison. Les gens qui ne comprennent rien à son oeuvre (il y en a toujours eu) font complètement fausse route en la qualifiant de décorative pour, croient-ils, la dénigrer. Par ailleurs, la démarche de Buren a toujours été in situ. Or ici, les travaux présentés sont à la fois « in situ et situés ». C'est-à-dire que l'artiste n'exclut pas que les éléments de son installation soient transportés ailleurs et aillent ainsi transformer d'autres lieux : dans cette hypothèse ils sont à la fois in situ et « situés ». Les installations temporaires (« tempore suo ») qu'il a multipliées à travers le monde étaient, elles, exclusivement « in situ ».

L'installation dans le double espace de la rue du Pont-de-Lodi rappelle, toutes proportions gardées, celle qu'il avait réalisée en 2005 au musée Guggenheim de New York sous le titre The Eye of the Storm. Il y avait notamment édifié deux murs à angle droit de trente mètres de hauteur recouverts de miroirs et animés par des jeux de lumière provenant de la rosace du toit recouverte, à raison d'un panneau sur deux comme aujourd'hui à Paris, par des filtres transparents de couleur magenta. Le succès avait été extraordinaire (200.000 visiteurs payants). Quelle revanche après l'humiliation subie dans le même lieu en 1971, quand Donald Judd et Dan Flavin s'étaient opposés à sa  Peinture-Sculpture work in situ , bannière de 20 mètres de haut faite de bandes rayées bleu et blanc ! Nous n'avons pas été nombreux, alors, à protester contre le mauvais procédé fait à l'artiste français par deux minimalistes américains qui, après tout, n'avaient pas cherché à éliminer un artiste médiocre. Ils avaient au contraire immédiatement compris qu'ils avaient affaire, avec lui, à du grand art, évidemment décoratif. Un si grand art qu'il faisait littéralement disparaître leurs propres oeuvres...

www.galeriekamelmennour.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
12-03-2015
 
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Verso n°101

L'artiste du mois : Danièle Gibrat

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