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[verso-hebdo]
17-12-2015
La chronique
de Gérard-Georges Lemaire
Chronique d'un bibliomane mélancolique

Esthétiques de l'Amour, sous la direction de Daria Cevoli, Flammarion /musée du Quai Branly, 192 p., 35 euro.

Que savons-nous au juste des anciennes civilisations de la Sibérie. En ce qui me concerne, strictement rien, je l'avoue. Donc cette exposition et le beau catalogue qui l'accompagne sont une révélation importante. Que le fleuve Amour ait été mis au premier plan plutôt qu'une définition territoriale, c'est qu'il fournit à ceux qui vivent sur ses rives l'essentiel de ce qui leur serve. La nourriture cela va de soi, mais aussi de quoi se vêtir et aussi de quoi fabriquer les objets de la vie quotidienne ou de la vie rituelle. Beaucoup des habits sont fabriqué avec de la peau écaillée d'exox, d'esturgeon, de brochet, de tous les genres de poissons qui ont choisi de suivre le cours de ce grand fleuve, ce qui est très impressionnant, car on peut rêver rien de plus fragile et donc de difficile à ouvrager. Les peuples de cette région sont passés maître dans cet art, qui est si délicat, mais que leur fournit des habits chauds et toutes sortes d'objets merveilleusement ornés, qui jouent sur la couleur des différents poissons. Bien sur, ils utilisent beaucoup les os, le cuir de petits rongeurs, le bois, surtout l'écorce, qui leur est très utile pour des objets religieux. On constate qu'à ce peu de ressource. Bien sûr les motifs sont géométriques et relativement simples et leurs sculptures peuvent sembler assez rudimentaires - mais tout cela possède sa beauté et n'a rien de rude et de barbare et n'a rien non plus d'archaïque. On y décèle un raffinement et beaucoup de sensibilité esthétique. Et on est frappé par l'étrangeté et la sophistication de ce qu'on appelle les « supports d'esprit », qui sont en général de petits animaux (des oiseaux et des poissons pour l'essentiel, mais aussi de petits mammifères). En dehors du fait que ce beau livre nous fasse découvrir une civilisation inconnue, il nous administre une grande leçons sur les ressources techniques et culturelles de l'homme confronté à des situations climatiques ou géographiques extrêmes. Si la beauté est présente dans ce monde, il y a aussi de l'humour et de la fantaisie dans la construction des objets prophylactiques par exemple, ou de leurs cuillers rituelles. Ce monde est très éloigné du nôtre, et pourtant ils partagent pourtant des valeurs communes avec la nôtre - ce lointain dans le temps et l'espace n'est pas si éloigné lorsqu'il s'agit de penser l'art. Rien de commun dans les formes, cela va de soi, mais quelque chose de commun dans la conception de cet art, conçu dans une optique chamanique.




L'Art contemporain en France, Catherine Millet, « Champs Arts », Flammarion, 384 p., 12 euro.

Ce livre a été réédité maintes fois. C'est vrai que c'est le meilleur qui ait été fait dans ce genre. Fondatrice de la revue Art Press, puis écrivain et essayiste, Catherine Millet s'est fait un nom avec son premier roman et son essai sur Salvador Dalì. Ce n'est pas un livre critique dans le sens désormais périmé du terme. C'est une radiographie attentive des principaux événements concernant les arts plastiques en France et aussi un compendium des créateurs d'une période allant des années soixante à nos jours (le livre a été, comme chaque fois, un peu augmenté et donc mis à jour). Sans doute regrettera-t-on que l'auteur n'ait pas opté pour une vision plus personnelle de la question. Soit. Mais ce genre de point de vue est mort et bien mort avec Pierre Restany. La critique n'a plus sa place dans notre pays ! Quoi qu'il en soit, c'est un excellent ouvrage de référence pour s'initier à ces décennies. Catherine Millet l'a conçu avec honnêteté et une grande clarté. Dans les nouvelles pages, où elles cite les derniers arrivants, elle fait aussi quelques remarques sur l'état des arts plastiques en France : elle souligne, entre autres choses, que les expositions décrivant des situations contemporaines, l'art français est minorisé pour des raisons assez peu compréhensible. Elle s'interroge sur la démocratisation de cette dernière période de l'art et s'inquiète de la manière d'obtenir ce résultat. On pourrait se féliciter de cet état de fait. Mais il se produit au détriment et des valeurs artistiques et de la qualité des travaux. En plus, ce sont le plus souvent des artistes étrangers qui sont mis en avant. Cela fait longtemps que cette attitude prédomine dans notre pays (il n'y a qu'à songer à la politique suivi par le CAPC de Bordeaux pendant ses années glorieuses - un vernissage de trois jours pour Keith Haring !). Voyons même ce qui se passe au centre Pompidou avec Jeff Koons superstar ! nous avons de grands artistes qui ne sont pas du tout à leur place, comme le regretté Jean Degottex, Geneviève Asse, Albert Bitran, Arthur Aeschbacher, pour ne citer qu'eux, et même les artistes de Supports /Surfaces. En tout cas, Catherine Millet a rempli son office ; dommage que les derniers critiques n'aient pas eux écrit leur histoire de l'art contemporain ;




Lettres 1937-1943, Antonin Artaud, préface de Serge Malausséna, introduction d'André Gassiot, Gallimard, 498 p., 29,90 euro.

Artaud cahiers numéro deux, éditions les Cahiers, 304 p., 29 euro.


Je me suis toujours demandé pourquoi les oeuvres complètes d'Antonin Artaud comprennent les cahiers de Rodez, qui auraient dû être placés en index. La réponse est en réalité fort simple : la reconnaissance de l'art brut comme un art à part entière a entrainé de sérieuses dérives, comme celle-là. Quand on songe au grand écrivain qu'a été Artaud et qu'on lit des pages délirantes, on peut être accablé à juste titre. On a fait la même chose avec ses dessins et ses autoportraits. La folie n'est pas un art ! Des fols peuvent se révéler, à leur façon, des artistes singuliers, mais être fou ne tient pas du génie. Ces lettres, retrouvées par le neveu de leur auteur, nous éclairent sur son internement et sur ces séjours psychiatriques jusqu'en 1943. Dans un premier temps, après son expulsion de l'Irlande, Artaud est diagnostiqué comme un individu souffrant d'une crise psychotique avec manie de la persécution. On découvre qu'il prétend alors s'appeler Antoneo Arland (ou Arlanapulos), citoyen grec, né à Smyrne. Il ne reconnaît pas sa mère qui pourtant est bel et bien grecque (elle se prénomme Euphrasie) et maintient qu'on veut lui usurper sa véritable identité. Il change un peu sa vision des choses pendant l'automne 1938 ou il signe Antonin Arland et puis Antonin Artaud. S'il retrouve une partie de ses moyens conscients, il est loin d'être rétabli. Il renoue de manière épisodique avec ses amis et ses connaissances, écrit des lettres assez drôles à ses éditeurs, Denoël ou Gallimard, ou confie ses lubies à Adrienne Monnier, Roger Blin ou Jean Paulhan par exemple. Son séjour à Sainte-Anne, puis à la maison de Villé Évrard ne dénote pas une amélioration de sa condition, mais une relative et très fragmentaire prise de conscience de l'univers d'autrefois. Mais il ne cesse d'envoyer des missives à ses médecins et aux autorités policières pour dénoncer des tentatives d'empoisonnent, l'assassinat de ses compagnons de cellule, ou encore les tentatives d'envoûtement dont il aurait été l'objet. Ces bouffées délirantes ne sont pas rares. Artaud est l'homme d'avoir été le patient paisible que fut Robert Walser. Ces lettres sont précieuses d'un point de vue historique (cela est un truisme) mais aussi pour confirmer le fait qu'Artaud a vraiment été un grand malade, contrairement aux légendes qui ont couru sur son compte. Qu'il ait pu être transféré à Rodez en janvier 1943 lui a peut-être sauvé la vie. Mais il n'a pu trouver la liberté qu'en mai 1946. Il lui reste à peine deux ans à vivre, le temps décrire l'Adresse au Dalaï Lama, l'Adresse au pape et Artaud le Momo. Ce recueil épistolaire ne satisfera pas que les chercheurs : il devrait passionner les amants d'Artaud immense poète et grand homme de théâtre, certainement l'un des plus grands auteurs que nous a donné le surréalisme. Les passionnés d'Antonin Artaud trouveront sans aucun doute leur bonheur dans ces seconds cahiers consacré à l'auteur de Van Gogh, le suicidé de la société. La question que pose ce périodique est sans nul doute de ne pas contenir assez de documents ou d'essais permettant une meilleure connaissance de l'auteur, mais de gloses de thuriféraires inconditionnels, qui miment leur idole. Je pense que c'est une erreur de perspective ; on a besoin de connaître mieux la pensée d'Artaud et non de partir dans de vagues digressions ou de se poser des questions inutiles comme par exemple se demander pourquoi fait-on semblant que le théâtre delà cruauté n'ait jamais existé. D'autres enfoncent des portes ouvertes, comme le commentaire de la rupture avec André Breton et donc avec tout le groupe surréaliste. Breton a fait amende honorable après guerre quand Artaud est sorti de l'asile de Rodez. En somme, il ne faut pas être plus royaliste que le roi et ne pas singer cet auteur unique et qui a marqué de son immense talent la littérature française du XXe siècle. Je sauverais l'essai de Jérôme Diwa, qui apporte une réflexion et des connaissances sérieuses et une poignée d'autres. Mais il est absolument nécessaire que ces Cahiers changent d'orientation, ne serait-ce que pour faire mieux comprendre l'héritage d'Artaud.




L'histoire de l'érotisme, Georges Bataille, « Tel », Gallimard, 240 p., 12 euro.

Georges Bataille avait songé écrire un traité d'économie générale. La Part maudite en a constitué la première partie alors que cette Histoire de l'érotisme devait être la suite de ce grand projet, qui n'a jamais été porté à son terme. Il n'en pas moins devenu l'un de ses essais les plus connus et les plus lus, sans doute à cause de l'ambiguïté de son titre. Il commence par examiner les conditions premières de l'érotisme dans la société humaine à ses origines et constate que l'interdit de l'inceste (qui n'existe pas dans le monde animal) est le point de départ de cette rupture avec le monde naturel. Avec l'interdit, se prolonge un conflit ouvert entre l'homme et la nature, conflit qui est sans doute sa spécificité. Bataille s'appuie sur les recherches de Claude Lévi-Strauss pour placer l'inceste comme clause première de l'identité humaine. L'interdit de l'inceste qui, s'il a été très répandu dans les sociétés anciennes et primitives, n'et pourtant pas universel. L'Egypte pharaonique en a fourni l'exemple le plus connu. Et il n'est pas le seul. Giacomo Casanova avait d'ailleurs déjà mis l'accent sur ce problème. Je refermerai la parenthèse ouverte avec la question d e l'inceste en soulignant que c'est toujours le danger que l'on court quand on cherche à créer un système, aussi peu philosophique soit-il comme celui de Bataille. Au cours de la discussion des thèses de Lévi-Strauss, Bataille est d'ailleurs conscient de la difficulté de la question. Les théories de caractère sociologiques de Durkheim et de Mauss semblent s'appuyer sur des a priori moraux plus que sur la réalité des sociétés humaines. Batailles 'interroge alors sur les règles des relations, qi reposeraient sur le don et l'échange. Sans doute peut-on acceptée l'idée que ce qui sépare l'homme de l'animal est la création de l'interdit, en particulier celui de l'inceste. Mais la raison principale est de construire cette frontière plutôt autour de la négation de l'état naturel. Et le mariage serait la traduction de cette volonté de dépasser l'animalité. D'une certaine manière, Bataille adopte un point de vue biblique, puisque c'est tout ce qui est du ressort de la bestialité qui est en cause : la sexualité fait partie intégrante de cette bestialité à rejeter. Ce qui conforte la posture intellectuelle de Bataille est sans doute le rapport à la mort : la conscience de la mort est sans doute le signe premier de l'humanité ce qui aboutit à la nécessité de la sépulture et l'horreur qu'elle inspire en général. La seconde grande partie qui concerne la transgression est de loin la plus originale. Bataille pointe du doigt la difficulté de l'homme d'assumer totalement son humanité. Sans être dans le détail de son argumentation, il met en avant le principe d'un désir ayant pour fin la réconciliation avec le reste de l'univers, c'est-à-dire renouer avec son être dans son intégralité. En prenant conscience de ce qu'il n'est pas, l'homme prend aussi conscience de ce qu'il n'est plus et dont il se sépare. La transgression s'organise souvent en fêtes ou cérémonies religieuses. L'érotisme est surtout un moment où l'homme réintègre cette part perdue de lui-même et qui s'est constitué par la culture du mariage, du déni de la nudité, etc. Ces pages de Bataille sont remarquables car elle posent les véritables problèmes de nos sociétés et des individus qui les composent tout en laissant de la place à de nouvelles interrogations qui sont fondamentales pour comprendre ce que nous sommes et ce que nous devenons dans des situations extrêmes, ritualisées ou non.




Paris, capitale du XIXe siècle, Walter Benjamin, « Carnets », L'Herne, 64 p., 9,50 euro.

Comme c'est souvent le cas avec cet auteur fantasque, ces pages ont dû être pensée pour constituer un ouvrage de grande ampleur. Mais, comme on le sait, jamais Walter Benjamin n'est parvenu à faire sortir de ses « archives » un ouvrage qui aille au-delà d'un court essai. Cela ne retire rien à la sagacité de sa pensée. Sa vision de Paris du siècle de Victor Hugo et de Balzac repose sur l'urbanisme d'Hausmann, à la fois pragmatique et visionnaire. Mais l'homme qui a profondément changé la physionomie de la capitale ne suffit pas à tout expliquer. Bien sûr la politique du Second Empire, le développement industriel et commercial vertigineux de cette époque, des considérations politiques et même policières ne sont pas exempts de ses préoccupations. Mais il y a bien autre chose qui a contribué à faire de Paris le centre du monde : le nouveau culte de la marchandise, les passages construits comme des écrins pour les produits manufacturés, les Halles qui sont devenus le « ventre de Paris ». Ce que Benjamin veut montrer ici, c'est la haute poésie qui est née de ces passages commerciaux, de la nouveauté de ce qu'on proposait alors qui avait une valeur qui animait l'esprit de Charles Baudelaire, le gigantisme des Expositions universelles qui agite l'imagination du grand dessinateur Granville et même la distribution topographique des passages qui a fourni à Charles Fourrier l'étrange disposition géographique de son système social utopique. Tout ce prosaïsme manufacturier se change en une beauté moderne. En somme, la ville lumière, en se transformant aussi radicalement, a transformé la pensée de l'époque, de la politique à la poétique, en passant par la philosophie et l'idéal révolutionnaire. Benjamin nous donne à méditer ce qu'un urbaniste peut concevoir dans une cité qui a cette histoire et qui déjà s'est imposé comme le homme lieu des arts et des lettres et aussi la capitale de langue diplomatique (statut qu'elle va d'ailleurs perdre peu à peu au bénéfice de l'anglais, mais bien plus tard). Chaque phrase de Benjamin est une pensée qui n'a porté ses fruits. Mais elle n'en reste pas moins une pensée prodigue ! Et soulignons que les créateurs du dadaïsme puis du surréalisme français ont été conquis par le charme des passages, tout comme lui !




Paris, je t'aime ! Colette, textes choisis et présentés par Frédéric Maget, L'Herne, 80 p., 15 euro.

C'est un très beau choix de textes de Colette, les uns parus dans des périodiques, les autres inédits. Ils concernent tous Paris, et surtout les lieux où elle a habités, donc les Champs-Elysées quand elle vivait au Claridge et surtout le Palais-Royal, qui a été son lieu d'adoption. Le préfacier nous apprend qu'elle a habité peu après son mariage avec Willy, dans une chambre de l'hôtel Foyot, là où résidera après elle Joseph Roth, rue de Tournon. Elle voyait Paris non comme une grande métropole, comme l'avait fait Emile Zola avant elle, ni même comme des lieux particuliers comme les avait vus J.-K. Huysmans, mais comme des villages ou des « provinces ». Elle ne s'intéresse au fond qu'à son microcosme : là où elle demeure et tout ce qui l'entoure. D'où son court texte sur les Champs-Elysées qui correspond aux quelques années passées à l'hôtel Claridge avant sa destruction. Mais son véritable territoire d'élection, c'est le Palais-Royal, où, à la fin de sa vie, elle voisinait avec Jean Cocteau. Elle a écrit à de nombreuses reprises sur ce lieu et chaque fois elle sut dire autrement son bonheur et l'enchantement que lui procurait ce lieu. Paris n'existe guère dans son histoire, mais seuls des lieux d'élection qu'elle a remis à la mesure de la petite provinciale qu'elle était. Il y avait toujours quelque chose de Saint-Sauveur-en-Puisaye, où elle était née et dont elle avait conservée l'accent. Il y a dans sa manière d'écrire quelque chose à la fois de simple et de sophistiqué, de direct et pourtant de très élaboré, qui en fait toute la magie. C'est une styliste experte, mais aussi capable de dire ses pensées avec un ton enjoué et fantasque. Ce recueil ne peut pas être regardé comme un fond de tiroir, mais parmi de petites choses auxquelles a su donner de l'esprit et de la beauté. Et quand elle parle de ces endroits tant aimés, elle ne se contente pas de les évoquer sur le seul plan de l'autobiographie : elle leur donne une âme, celle qu'ils possèdent en propre, et celle qu'elle leur a attribuée par sa présence.




Sous l'étoile du Chien, David Herbert Lawrence, traduit de l'anglais par Lorand Gaspar et Sarah Clair, préface de D. H. Lawrence, postface de Claude Michel Cluny, « Orphée », La Différence, 128 p., 8 euro.

On connaît D. H. Lawrence pour sa prose romanesque. Mais on ignore presque totalement son oeuvre poétique. C'est un autre homme qui surgit devant nos yeux. Lyrique, parfois emphatique, passant de l'exaltation de la nature sous ses formes les plus sensuelles (les fruits et les fleurs), il y a quelque chose de démesuré dans sa poésie. S'il exalte dans certains de ses romans l'érotisme comme fondement des relations humaines, il se veut le chantre des grandes notions qui gouvernent l'esprit humain et le monde qu'il construit : la vie sous ses formes polymorphes, la mort, la paix, etc. On retrouve chez le poète le panthéiste des oeuvres romanesques, mais qui emprunte d'autres parcours pour arriver à ses fins. Le poète est moins moderne que le prosateur. Il est souvent emphatique et aime les allégories et les figures de rhétoriques un peu boursouflées. Mais, de temps à autre, se devine une autre pensée, qui est celle de sa relation à des formes que lui offrent la nature, comme celle du cyprès. Là, il révèle une capacité de peindre cet arbre emblématique qu'il voit à Fiesole, au-dessus de Florence et qui lui inspire de vers qui ont leur valeur dans les sentiments produits par cette vision. Là, il est particulièrement intéressant. Mais quand il s'empare de sujets plus universels, il n' ni la puissance de Victor Hugo, ni la verve de Walt Whitman. En somme, plusieurs idées de la poésie se combattent dans ces pages. Dans le même poème, il peut être pénétrant et d'une grande finesse mais aussi trop pléthorique et sans finesse. D. H. Lawrence est un être paradoxal. Je dois avouer que je ne suis pas un de ses grands admirateurs et je trouve la démonstration de l'Amant de Lady Chaterley un tant soit peu trop didactique. Cela manque aussi d'esprit de finesse. Et puis il a oublié qu'au XVIIIe siècle, les héroïnes de bien des romances étaient des bergères ou des soubrettes ! Cette dame de la grande société ne s'abaisse à une relation amoureuse avec un homme du peuple que parce que son mari est revenu impuissant de la guerre. Drôle de justification pour dire que l'amour n'a pas de frontières ! peut-être trouvait-il dans l'écriture poétique d'autres horizons qu'il en parvenait pas à a rejoindre quand il se faisait romancier à thèse.
Gérard-Georges Lemaire
17-12-2015
 
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