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Daguerre, Talbot et la publication de la photographie, une anthologie, Steffen Siegel, Editions Macula, 656 p., 38 euro.

L'histoire de la photographie, comme la plupart des inventions techniques du XIXe siècle, est entourée de légendes qui sont devenues des idées reçues sans qu'on n'aille plus chercher vraiment leur origine historique. Cet ouvrage impressionnant par sa dimension n'a pas pour objet de nous narrer cette histoire avec plus de précision, mais plutôt de nous faire toucher du doigt l'importance de la création du daguerréotype, de sa présentation à l'Académie des sciences et de la publication qui en expose les grands principes. Ce qui est passionnant ici c'est qu'à travers des articles, des lettres, des publications diverses, des réactions venant de toutes parts, on se rend compte que Daguerre, s'il n'a pas à proprement parler inventé la photographie, a imaginé un mode opératoire des plus efficaces. Cela a permis un développement de la pratique photographique de différents points de vue : scientifiques, pratiques, mais aussi artistiques. Il nous était difficile de nous représenter l'impact qu'a pu avoir cette découverte, qui a été inspiré par Joseph Nicéphore Niépce. Louis-Jacques-Mandé Daguerre (1787- 1851) a commencé par être décorateur à l'opéra, puis a réalisé des panoramas.
Il s'est adonné à la peinture puis, en 1822, il a inventé le diorama avec son associé Charles-Marie Bouton. Il est entré en relation avec Niépce en 1927 et signe un contrat avec lui pour apporter des améliorations à la photographie. Après la mort de Niépce, il parvient en utilisant l'iode et l'argent sur une plaque de cuivre à ce qu'il appelle daguerréotype en 1837. Sa découverte a un succès immédiat dans le monde entier. Deux ans plus tard, il a publié Historique et description du daguerréotype et du diorama. La recherche entreprise par Steffen Siegel ne consiste pas seulement à documenter la réception proprement dite de l'invention, mais aussi à comprendre de quelle manière une innovation dans le domaine scientifique était reçue et discutée pendant la première moitié du XIXe siècle. Force est de constater que la science faisait l'objet d'un intérêt dépassant largement le milieu des savants. François-Jean-Dominique Arago (1786-1853), illustre mathématicien, astronome et auteur de recherches sur les champs magnétiques, a soutenu économiquement les travaux de Daguerre et les a défendus devant les membres de l'Académie des sciences.
A première vue, ce recueil peut sembler ingrat et ne devant concerner que les spécialistes de la photographie et surtout de ses premiers pas. Mais quand on avance dans la lecture des différents textes, le tout devient passionnant car il ne s'agit pas seulement de l'appréciation et de la divulgation d'une technique révolutionnaire, mais d'un changement profond de la société qui est en jeu. Et c'est aussi passionnant d'un autre point de vue : on se rend compte que le daguerréotype est reconnu aussitôt comme un mode artistique dont on espère beaucoup. Si les artistes ont d'ores et déjà utilisé la photographie pour la composition de leurs oeuvres, comme l'a fait Ingres avant Degas ou Mucha, on se rend compte qu'elle a ouvert deux fois : la première est l'apparition d'un instrument déterminant pour réaliser des dessins ou des peintures, la seconde est la possibilité qu'elle devienne une activité artistique à part entière. Cet ouvrage de Steffen Siegel va faire sans nul doute date car pour la connaissance des métamorphoses esthétiques qui auront lieu tout au long de ce siècle qui a vu la révolution de cette pratique et celle de l'art pictural.




Gustave Le Gray, préface de Catherine Riboud, « Photo poche », Actes Sud, 144 p., 13 euro.

Sans nul doute, Gustave Le Gray (1820-1884) a été l'un des premiers grands créateurs dans le domaine de la photographie française. La première comme à remarquer est que, comme Daguerre, il est également peintre, et que son expérience artistique n'a pas été sans effet sur le travail accompli grâce à ce nouveau médium. La qualité des clichés qu'il a réalisés lui vaut de devenir un des membres de la mission héliographique créée en 1851 par la commission des monuments historiques. Il a parcouru la France, mais a voyagé à l'étranger pour rapporter des images saisissantes (la Sicile, l'Egypte, etc.).
Il s'est aussi distingué dans d'autres domaines comme le nu féminin et le portrait (on peut voir dans ce petit livre le portrait d'Alexandre Dumas, mais il a aussi fait poser Charles Baudelaire ou Théodore Chassériau). Sous le Second Empire, il se forge une solide réputation et des commandes lui viennent de la cour impériale, dont il devient quasiment le photographe officiel. Le problème qu'il rencontre est que certains de ses commanditaires (comme Maxime du Camp) trouvent ses tirages excessivement chers et ils s'en plaignent. Il connaît alors ces problèmes financiers et doit même fermer son atelier. Au fond, c'est Dumas qui lui sauve la mise en l'invitant à participer à son voyage en Orient. Il finit par s'installer au Caire où il va finir ses jours en 1883. Avec la remarquable présentation de Catherine Riboud et ce choix de clichés qui permettent de découvrir l'ampleur de ses pôles d'intérêt, ce petit volume est une remarquable introduction à la carrière et à l'oeuvre de ce grand pionnier de l'art photographique.




Petit éloge du bleu, Zéno Bianu, Folio, 128 p., 2 euro.

Zéno Bianu est l'un des meilleurs poètes français de notre époque, qui n'est pas très généreuse dans ce domaine. Dans ce nouvel ouvrage, il s'est attaché à célébrer différents types de bleus, appartenant aux domaines les plus divers. Il y a en premier lieu l'art, et il s'emploie à nous faire aimer le bleu d'Yves Klein ou le bleu de Joan Miró, ou encore celui de Vincent Van Gogh. Mais il s'attache aussi à la culture orientale, en particulier au zen, au haïku, au bleu de Wang Wei. Il va aussi chercher la nature spécifique du bleu chez des écrivains comme Arthur Rimbaud, René Daumal, Georges Bataille. Il explore d'autres sphères comme celui de la botanique avec le bleu iris ou celui de la musique avec Jimmy Hendrix.
Enfin, il a eu la tentation de cerner l'essence de cette couleur en cherchant de dépeindre ce que serait le bleu suprême... Sa pensée demeure fondamentalement poétique, même s'il prend appui sur différentes formes de connaissance, où la philosophie et l'esthétique ont une place de choix, et où se mêlent d'autres éléments de l'expérience de la nature et de du monde moderne. C'est bien plus qu'un catalogue (il ne recherche pas un instant l'exhaustivité), et plus qu'un passage en revue de typologies chromatiques. C'est une façon toute à lui de saisir ce qu'un bleu peut posséder d'exclusif et par conséquent d'inimitable. C'est certainement là une étude d'une grande liberté pour discourir sur des teintes et des nuances qui ont toutes une histoire et qui peuvent être reliée à un mode de création, qu'il soit plastique ou non. Loin de toute considération technique, il nous prend par la main pour aller à la découverte de sensations imprévues devant cet immense éventail de bleus qui se modulent par tous les moyens imaginables et pour nous imprégner de l'idée que le bleu, malgré toutes ses déclinaisons, peut avoir de profondément enraciné dans notre culture, dans des cultures lointaines et dans notre sensibilité et dans notre intimité. C'est remarquable.




Luce Metropolitana, sous la direction de Claudia Migliore, Migliore Mariani Edizioni, 70 p.

A Milan comme ailleurs, la vie culturelle a repris son cours sur un ton mineur. Après les journées consacrées au design, le fut le moment de la photographie, qui coïncide avec les premiers frimât de l'automne. Une exposition présentée à la librairie Franco Angeli, près de l'université de la Bicocca, a réuni différents artistes qui utilise principalement la photographie comme médium. Le thème choisi par le commissaire est « Lumière métropolitaine ». Mais comme cela arrive le plus souvent, les artistes ne respectent pas le thème, ou alors c'est l'organisateur qui ne se montre pas assez rigoureux. Une première observation saute aux yeux : il y a ceux qui ont choisi de travailler en noir et blanc, et ceux qui ont préféré la couleur.
Dans le premier groupe, certains comme Mauro Mariani (c'est un de ses clichés, « Scintillante » que l'on voit sur la couverture du catalogue) ont joué le jeu et a créé une atmosphère qui fait songer aux recherches de l'entre-deux-guerres avec ses vues urbaines. Antonio Pipa s'est concentré sur les géométries qui caractérisent certains lieux de la ville. Quant à Mario Washington, il a mis l'accents sur des détails - ceux delà façade d'une église, ou des intérieurs de bâtiments modernes présentent des singularités. Dans le domaine de la couleur, je ne retiendrai que les oeuvres de Valentina Baldin, qui nous montrent des paysages nocturnes de Milan, avec la galerie Victor-Emmanuel, la place du Dôme, la Rotonda della Besana, en exaspérant les éclairages nocturnes de la rue et des monuments. Les autres contributions sont soit médiocres, soit absurdes. En réalité, je n'ai eu de coup de coeur que pour les compositions de Marilena Vita, où la créatrice a composé des tableaux vivants dont le fil rouge est la mascarade : ses personnages féminins masqués se dédoublent, ont deux visages comme Janus ou semblent interprété une pantomime à la résonance tragique avec cependant une connotation ludique et même drolatique. C'est une sorte de performance réduite à ses instants privilégiés. Cela n'a pas grand chose à voir avec la cité et se déroule dans un ancien palais en ruine. Quoi qu'il en soit, c'est saisissant et exprime une beauté à double tranchant.




L'Hôpital, Alphonse Boudard, « la petite vermillon », La Table Ronde, 368 p., 8, 90 euro.

Les Combattants du petit bonheur, Alphonse Boudard, « la petite vermillon », La Table Ronde, 432 p., 8, 90 euro.


Alphonse Boudard (1925-2000) a bâti sa réputation sur les dialogues savoureux qu'il a fait pour de nombreux fils et sur des romans qui, pour la plupart, sont de nature autobiographique. Il commence à publier en 1962 avec La Métamorphose des cloportes, qui sera adapté au cinéma par ses soins. L'Hôpital, qui a paru en 1972, raconte ses séjours dans différents hôpitaux, à commencer par Bicêtre. Il n'y a pas d'intrigue à proprement parler, mais le récit de ses longues journées et de ses nuits interminables dans cet univers claustrophobe. Il y fait le portrait de ses compagnons de mésaventure, des infirmières, des médecins, du petit personnel, avec une verve qui n'appartient qu'à lui. Ce sont de pauvres ères qui sont tout ce que l'on veut sauf des héros mémorables. Toujours avec humour, une touche de compassion et un sens profond de la caricature (qu'il applique à son Alphonse, qui n'est autre que lui-même), il nous fait connaître la morne réalité de ces lieux où la misère humaine s'étale avec ostentation.
D'une institution à l'autre, il parvient à faire une description détaillée des malheurs physiques que ses malheureux sont venus soigner, si tant est ce que ce serait possible. C'est drôle, même si, au fond, on devrait rire jaune. Son style si caractéristique, gouailleur et enlevé, rend ce parcours dans les hospices peu glorieux d'un autrefois pas si loin de nous à la fois comique et tragique. Avec Les combattants du petit bonheur, qui a reçu le prix Renaudot en 1977, Boudard a évoqué la période où il a participé à la résistance et puis à la libération de Paris.
Tout commence par une description de ce qu'était son quartier dans le XIIIe arrondissement, un quartier très populaire. Il s'amuse à faire le portrait des voisins, des commerçants et puis de quelques personnages remarquables de la rue. Et il se met en devoir de voir comment ce quartier a changé par la suite. Puis arrive la drôle de guerre et puis la guerre plus drôle du tout. Il nous montre l'exode, les bombardements de tous ces malheureux qui fuient dans le plus grand désordre vers le sud de la France. Avec un petit groupe d'amis, il entre dans la résistance. Il évoque les coups de mains et puis la vie dans les maquis. Enfin, il relate les événements marquants l'insurrection de Paris et l'arrivée des chars de Leclerc et des Américains... C'est une vision de cette période maudite de la France, racontée avec beaucoup d'esprit et sans faux cols. Boudard use et abuse de l'argot parisien et utilise les trois points comme le faisait Céline. C'est par là qu'il pèche le plus. Mais on ne peut s'empêcher d'être captivé par la drôlerie de ses récits et son esprit mi-rabelaisien, mi-parigot...




Le Mont Analogue, René Daumal, Allia, 144 p., 7, 50 euro.

En lisant Le Mont Analogue, on ne peut s'empêcher de penser aux grands romans utopiques comme l'Histoire comique des Etats et Empire de la Lune de Savinien de Cyrano dit de Bergerac (1619-1655) ou encore à l'Isocameron de Giacomo Casanova. C'est là un récit initiatique qui débute d'une manière insolite. Le narrateur collabore à une revue, La revue des fossiles, et y a publié un article sur la symbolique de la montagne. Un lecteur, un certain Pierre Sogol, qui se présente comme professeur d'alpinisme, lui écrit et lui dit qu'il a apprécié le fait qu'il parle, comme lui, du Mont Analogue. Il lui propose de le rencontrer. Piqué par la curiosité, notre héros décide de rencontrer l'étrange personnage. Sogol s'applique à lui raconter son existence, qui s'est déroulée en partie dans un monastère. Et il lui propose de découvrir ce Mont Analogue qui serait plus haut que l'Everest.
Il lui fait rencontrer un certain nombre d'individus, qui constituent une sorte d'association ésotérique. Ils devaient faire partie de notre expédition. Sogol est persuadé que cette montagne se trouve sur une île quasiment inaccessible à cause d'un champ magnétique. Mais il existerait un moyen de forcer le chemin et d'y aborder. Certains se sont dérobés et ceux qui ont décidé de participer à l'aventure embarquent sur L'Impossible. Non sans difficultés, ils finissent par aborder au Port-des-Singes et découvre une population composée surtout de marins qui les avaient précédés et avaient colonisé ce petit continent. Ils commencent à se diriger vers les premières bases les conduisant à leur objectif. Mais le récit se termine par une virgule et on ne connaîtra jamais la fin de l'histoire. René Daumal (1908-1944) nous laisse ainsi en suspens, mais l'a-t-il fait volontairement ou non ? Le mystère demeure.




Un feu au coeur du vent, Trésor de la poésie indienne, édition et préface de Zéno Bianu, « Poésie », Gallimard, 336 p., 18, 60 euro.

Zéno Bianu ne s'est pas lancé dans une présentation savante de ce qu'a pu être la poésie indienne depuis l'époque du Véda. Cela aurait été long, ennuyeux, confus et par définition pédant. Il se contente d'en expliquer l'esprit et le fondement, qui est d'abord la puissance primordiale du verbe (bien loin de la perspective biblique). Il suffit pour le comprendre de lire, traduit di sanskrit) la « Cosmologie » du Rig-Véda (on peut y lire : « A l'origine les ténèbres étaient cachées par les ténèbres... » Il nous offre quelques pistes pour avoir accès à un monde et à une culture très éloignée. Même les amours des dieux sont dépeints et des nôtres.
Que ce soit dans les autres versions du Véda ou dans les Upanishad, qui datent de la même période (six ou cinq siècles avant notre ère) révèle la création comme une opération du Souffle et de la Pensée. On retrouve la même puissance dans le Bhagavad-Gîta (trois cents ans avant notre ère) et aussi la même baute » poétique. La seule grande différence ici, est que les questions sont adressées aux dieux. Par la suite, on voit apparaître des écrits où la sensualité est exaltée : la volupté semble être au-dessus des divinités, la littérature « philosophique »  étant supplantée par une poésie charnelle. Même les amours des dieux sont dépeints et transcendés, comme c'est le cas dans Shiva-Purâna (IXe siècle) où Shiva se trouve ne compagnie de sa bien-aimée, Satî. Le plaisir des sens et l'érotisme, demeurent longtemps au centre de cette poésie mystique.
A partir du XIIIe siècle apparaissent des auteurs qui sont pour l'essentiel des poètes errants dont le plus célèbre est Kabîr, qui écrivait en hindi. Son expérience intérieure est l'objet de ses écrits. Tous ces auteurs qui ont décidé de mener une aventure transcendantale ont en commun de consigner en vers leur quête impérative. Cette tradition jusqu'au XIXe siècle, sous les formes les plus diverses. Rabindranath Tagore, au début du siècle dernier, amorce une transformation en employant un langage moins ésotérique, même s'il n'opère pas une grande rupture sur le fond. Il se fait iconoclaste en refusant l'ascétisme pur. Ce qui frappe dans les productions poétiques de ceux qui le suivent dans le temps, c'est qu'il n'y a pas dans la culture indienne la volonté de rejeter le passé, mais de l'interpréter sous un éclairage neuf. D'aucuns composent leurs vers en anglais. Dès lors, on sent l'influence de l'Occident, mais sans renier ce qui fait l'essence de la pensée indienne antique. Tous ces auteurs ne cessent de s'interroger sur le sens de ce que la tradition leur a apporté. Quelque soit la langue ou la manière de construire le texte, on est frappé par la richesse des poètes que l'on découvre dans ces pages. Zéno Bianu a fait un travail remarquable d'autant plus que la plupart de ces poètes nous sont inconnus.




La Poésie brûle, Gérard Pommier, Galilée, 352 p., 22 euro.

Le chapitre introductif est un peu intéressant car il saute de la poésie des cendres (l'auteur a choisi Gérard de Nerval comme référence pour ensuite passer aux camps de concentration et aux camps de la mort). Il fait l'inverse d'Adorno : en somme, à l'en croire, qu'il y aurait toujours plus de poésie après Auschwitz. Heureusement, le premier chapitre qui concerne Paul Celan est plus convaincant. L'auteur explique sa démarche (en particulier le choix de la langue allemande). La lecture qu'il fait de ses poèmes est claire et pertinente et elle démontre que Celan n'est pas aussi ésotérique qu'on veut bien le dire. Il insiste sur le fait que son oeuvre est loin de la définition que donne Heidegger de la poésie, mais assez loin des spéculations de Mallarmé. Il s'arrête sur l'un de ses textes, Hörst du, qui signifie « Entends-tu ? ». Il est question ici de qui écoute la poésie et comprend qu'elle n'a aucun lien avec la prose.
Il s'attache ensuite à déchiffrer les conceptions de Heidegger dans la sphère de la poésie dans Achèvement vers la parole. Il cite des poètes admirables comme Cavalcanti, Rilke ou encore Trakl. Mais il y affirme que « le parler pur est le poème ». Ce serait arracher au divin sa pureté. Pommier conteste les idées professées par l'auteur de L'Essence de la vérité. Il entreprend ensuite une interprétation d'Arthur Rimbaud. Il y discerne une réinvention de l'amour et une révolte incessante. Et aussi une attention portée à la signification des couleurs. Il tourne une page importante car il entreprend de décrypter Khlebnikov, qui a été le maître à penser des futuristes russes. Il explique le sens de sa « verbocréation » et de l'usage de néologismes. Il nous fait découvrir son parcours singulier qui passe par une réforme de l'alphabet et sa conception des Lois du temps. Ensuite, il s'intéresse à Antonin Artaud et remarque en premier lieu le classicisme de son écriture à ses débuts. Avec les années, il en est arrivé à la « boule glossolale » et à chaos, qui se traduit par un démembrement du langage.
Enfin, il s'empare de James Joyce. Le reste de l'ouvrage s'attache à des thèmes singuliers, parfois incongrus et pourtant importants, de la poésie. Je n'ai pas la place ici de résumer tout ce que l'ouvrage recèle et où il est question d'érotisme, de pornographie, du duel entre la prose et la poésie, la course du désir, l'introduction du « je » dans l'ars poetica vers 880. Gérard Pommier a réuni ici un grand cycle de réflexion sur ce que la poésie peut être à nos yeux et nous en dévoile des aspects qui ne constituent pas une théorie forclose sur elle-même : c'est un cheminement qui devrait apporter un peu de lumière dans nos découvertes dans le domaine de la poésie. Et cela avec une capacité de clarté et de synthèse assez remarquables.
Gérard-Georges Lemaire
22-10-2020
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