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[verso-hebdo]
20-03-2014
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Les paysages familiers et secrets d'Alain Jarocinski
Aujourd'hui, écrivait Susan Sontag en 1973, tout art aspire à la condition de la photographie. Plus de quarante ans plus tard, nous pouvons d'autant plus considérer cette phrase comme prophétique que nous savons dans quel sens il convient de l'interpréter : bien que la photographie ne soit pas, par elle-même, une forme d'art, précisait l'écrivaine « elle a ce pouvoir particulier de transformer en oeuvre d'art tout ce qu'elle prend pour sujet ». À condition bien sûr que l'opérateur dispose d'un savoir technique suffisant et qu'il soit animé par la recherche d'un but : par exemple la découverte de la beauté. Sontag cite une confidence d'une grande photographe, Julia Margaret Cameron : « Mon seul désir était de fixer toute beauté qui se présentait devant moi, et à la longue ce désir a été exaucé. » C'est bien ce que semble rechercher à son tour Alain Jarocinski, qui expose des paysages de plages du Cotentin sous le titre Les belles solitudes en l'Abbaye Saint-Martin de Mondaye à Juaye-Mondaye, Calvados (jusqu'au 6 avril).

Cette exposition est l'une des trente manifestations, dans 18 communes de la Basse-Normandie, du Mois de la photographie en bocage normand, exclusivement sur le thème du paysage, qui se dérouleront jusqu'au 30 juin. L'Association organisatrice est précisément présidée par Alain Jarocinski qui est parti d'une idée simple : « Le paysage est au coeur d'une région, il présente une identité visuelle forte. Le paysage n'existe pas en lui-même mais parce qu'il est regardé. Formel ou informel, fragile et en perpétuelle transformation, il vit et influence notre manière de vivre comme notre manière de voir. Il est abordé, depuis les primitifs, de manière plurielle. » Ce n'est pas la première fois que Jarocinsky aborde le paysage, il a en effet une gamme très large de sujets d'inspiration qui ont donné lieu à des séries variées, toutes exposées, depuis Contes intimes (en noir et blanc) jusqu'à Corps et visages ou Nudités (également en noir et blanc). Dans la première, le corps étant à l'honneur, l'artiste avait voulu des contours imprécis, à la recherche de « la frontière ténue entre l'attraction et la distance, là où naît le trouble érotique. » Dans les deux autres, c'est le « souffle du vivant, la féminité assumée » que captait le photographe, par ailleurs capable de travailler en couleurs et en ombre découverte dans la vie des jardins publics (Un moment de répit).

Le titre de l'exposition de l'Abbaye de Mondaye tient au fait que les étendues de sables et d'eau, toujours vues en surplomb, sont presque toutes habitées par une figure unique, solitaire et minuscule dans l'immensité. Ce peut être un homme ou une femme, marchant, courant ou contemplant, une personne dont nous ne saurons rien et à laquelle peut-être s'identifie le photographe, car elle nous la percevons en symbiose avec les éléments naturels qui l'environnent. Il ne s'agit pas ici de la nature transformée par l'homme mais de la nature-mère sous divers aspects admirablement saisis dans leur beauté purement plastique. Si bien que nous pourrions faire nôtres les réflexions de Roland Barthes devant des images des premiers temps de la photographie, au milieu du XIXe siècle : « Devant ces paysages de prédilection, tout se passe comme si j'étais sûr d'y avoir été ou de devoir y aller. Or Freud dit du corps maternel qu' « il n'est point d'autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu'on y a déjà été ». Telle serait alors l'essence du paysage (choisi par le désir) : heimlich, réveillant en moi la Mère (nullement inquiétante). » Devant les photographies présentées dans la belle et nouvelle salle d'expositions de l'abbaye de Mondaye, j'étais d'autant plus attiré qu'elles m'apparaissaient à la fois familières (« j'ai déjà vu cette plage ») et secrètes (« je ne l'ai jamais vue ainsi »). Heimlich signifie à la fois familier et secret...

www.viremoisdelaphoto.com
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
20-03-2014
 
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Verso n°124

L'artiste du mois : Daniel Authouart

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