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[verso-hebdo]
04-10-2012
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Dominique Fury, capteuse du monde
Si le Pop art n’est pas un style, mais plutôt « un mot regroupant des phénomènes artistiques intimement liés à l’esprit d’une époque », comme l’a écrit Tilman Osterwold, alors Fury est l’artiste la plus authentiquement pop de ce temps. Elle a été pop dans les années 70, elle le reste aujourd’hui en précisant qu’elle fut et demeure « cyber punk ». L’esprit de l’époque, quand elle faisait partie du groupe Bazooka, c’était la « pensée 68 » dominante (elle devenait alors l’amie de Gilles Deleuze) mais aussi le traumatisme durable de la guerre du Vietnam. L’image-symbole de ce désastre était la photographie d’une petite fille brûlée au napalm, nue et pleurant en courant parmi des fuyards sur une route, ces derniers ne lui prêtant aucune attention. Je ne peux pas m’empêcher de penser à elle en voyant la « jeune fille innocente et nue » peinte par Fury depuis quelques années. Elle a le type asiatique ; ce n’est plus l’enfant impubère du cliché de presse mais une très jeune femme dont le triangle sombre, d’une œuvre à l’autre (peintures ou sérigraphies sur fonds de matières textiles harmonisées), constitue à la fois le centre symbolique et le centre géométrique de chaque composition.

Dans la Madone aux corbeaux, des amis de Fury sont venus taguer quelques signes colorés qui contrastent radicalement avec les oiseaux noirs qui menacent la jeune fille (en lui donnant le nom toujours attribué à Marie, mère du Christ, l’artiste insiste sur la virginité de son personnage, c’est-à-dire sur sa fragilité). Je me souviens qu’en 1975, le peintre italien Marco Bergamaschi avait repris la photographie de la petite vietnamienne, mais en retranchant tout ce qui l’entourait jusqu’à ce qu’il ne puisse plus aller plus loin. Fury, quant à elle, ajoute : des tasses à thé en porcelaine, de la fourrure et d’une manière générale des images et des matières qui disent à leur façon la confusion du monde. L’une des plus élégantes pièces de l’actuelle exposition à la galerie Caplain-Matignon (jusqu’au 6 novembre) montre la jeune asiatique sur fond d’or. Peut-être Fury l’a-t-elle vue contaminée par le matérialisme ambiant, devenue une femme vénale ? On a du mal à le croire, mais après tout, l’artiste pop est là pour capter l’esprit de l’époque.

Or l’époque est terrible. Une des phrases favorites de Fury est une citation de Gilles Deleuze : « quoi de plus gai que l’air du temps ? » écrite avec une ironie mélancolique qui ne laissait place à aucune ambiguïté : l’air du temps est détestable, et c’est avec lui que doivent travailler l’artiste comme le philosophe. Cette phrase est d’ailleurs devenue le titre de la grande exposition des Nouveaux Pop organisée à la Villa Tamaris-centre d’art en 2006. Aujourd’hui, de simples emballages plastiques, ceux là-mêmes qui par millions polluent les océans, les plages et les campagnes, deviennent sous les doigts de Dominique Fury des créatures hybrides et gracieuses, sortes de jolies méduses qui ondulent dans un aquarium. Il y a sans cesse des trouvailles de ce genre dans l’œuvre en constante évolution de cette artiste hors normes : certaines sont donc visibles actuellement à Paris, parmi les variations sur le thème de la petite asiatique nue, toutes superbement mises en page. Fury nous offre le monde tel qu’elle le capte : il serait dommage de le rater.
( www.dominiquefury.com )
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
04-10-2012
 
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Verso n°127

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Catherine Lopes-Curval

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