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[verso-hebdo]
15-09-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Wang Qingsong, un exemple de ce qu’il y a de meilleur dans l’art contemporain
Pour leur 20e anniversaire, les Rencontres d’Arles ont spectaculairement incarné le triomphe actuel de l’art contemporain : une ville entièrement occupée par d’innombrables manifestations sous le signe de la photographie, mais pas seulement, on va le voir. Un public extrêmement nombreux et motivé envahissant quotidiennement la cité du 4 juillet au 18 septembre. Des artistes de première grandeur voisinant avec des créateurs émergents d’une forte vitalité. Parmi ces derniers, le chinois Wang Qingsong, né en 1966, m’est apparu exemplaire. Autant peintre, sculpteur et scénographe que photographe, il a investi l’église des Trinitaires avec un extraordinaire tirage argento-numérique de 42 mètres de longueur qui est déjà en soi un exploit technique. Titre : L’Histoire des Monuments. Malgré le moyen utilisé, l’artiste ne la qualifie pas de photographie, mais de fresque, non sans d’excellentes raisons. Pendant quinze jours, en 2009, il a eu besoin de 200 figurants enduits de boue pour se loger dans les alvéoles préparées à leur intention dans des décors de 3 mètres de hauteur sur 9 mètres de longueur : quinze au total, successivement photographiés.

En appelant son œuvre « Histoire des monuments » et en la qualifiant de fresque, Wang Qingson fait allusion au fait que c’est par le moyen de fresques que les différents régimes chinois ont commémoré les évènements importants depuis le fond des âges. Ces fresques furent de véritables monuments destinés à illustrer les héros et les exploits de l’histoire du pays. Dans sa version personnelle Bouddha est placé au centre ; à sa droite Mao et Confucius. À sa gauche, la statue de la liberté et des épisodes de la Révolution française. « Cela contrebalance, commente l’artiste avec simplicité. J’y ai mis des références à la Grèce antique car l’éducation artistique est basée sur la tradition de l’Ouest, cela m’a influencé. J’ai également intégré des objets du quotidien (WC, bouteilles en verre, perfusions...) parce que je veux que ma fresque soit documentaire et représentative. Ces objets n’existeront peut-être plus dans quelques années. C’est mon interprétation de la civilisation d’aujourd’hui. »

Bien éclairée dans la demi-pénombre de l’église des Trinitaires, l’œuvre exclusivement traitée dans les gris et ocres (les nuances de la boue) constituait un passionnant commentaire « des normes et des coutumes de la beauté » comme l’avait voulu Wang Qingsong. Déjà connu et récompensé à Arles (il y a obtenu le prix « Dialogue de l’humanité » décerné par un jury international en 2006), ce plasticien n’a rien à voir avec les cinq ou six artistes chinois qui sont devenus ces derniers temps la coqueluche des nouveaux collectionneurs (milliardaires en dollars) qui consacrent des sommes extravagantes à de pauvres tableaux faits d’un mélange de pop-art et d’imagerie de propagande politique maoïste. Wang Qingsong réfléchit quant à lui à l’art, à sa place dans l’histoire et au rôle de l’artiste dans la société, non sans courir quelques risques (« Mao est mort, mais il est impossible de toucher à ceux qui sont encore à la tête du pays. ») Il reconnaît qu’il a peur depuis qu’il a été interrogé suite à un travail jugé provocant, mais il reste en Chine où il concilie son héritage artistique sino-occidental avec les technologies les plus en pointe, et il prouve qu’un artiste actuel peut être un créateur puissamment original. On trouvait ainsi cet été, à l’église des Trinitaires d’Arles, une réplique imparable, parmi tant d’autres, aux propos négationnistes des contempteurs patentés de l’art contemporain.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
15-09-2011
P.S. Les Rencontres photographiques se terminent en septembre, mais la photographie demeure toute l’année à Arles, notamment grâce aux Comptoirs arlésiens de la jeune photographie. Cela se présente comme une petite galerie : j’y ai particulièrement remarqué les œuvres de Marie Sommer (née en 1984) qui frappent par leur autorité, leur étrangeté et leur poésie mêlées. La jeune photographie promet.
 
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Verso n°126

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du 6 au 28 Octobre 2012
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D'une main peindre...
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