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[verso-hebdo]
22-09-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Fabrice Hyber, un farceur à prendre au sérieux
Une des bonnes surprises de la rentrée parisienne est certainement l’exposition Inventions de Fabrice Hyber à la galerie Jérôme de Noirmont. Le catalogue s’ouvre sur un portrait photographique de l’artiste, hilare, vêtu d’un tee-shirt portant un carré vert avec l’inscription « 1 – 1 = 2 », allusion aux thèses quelque peu déconcertantes développées dans un texte portant ce titre, publié à Nantes en 1992. On se dit que Hyber (sans t depuis le 1er mai 2004) est resté un farceur, et que l’on va retrouver des exemples de ses fameux POFs (Prototypes d’Objets en Fonctionnement) dont un des plus anciens, le n° 65, était un ballon carré, histoire de tendre « à déranger la définition convenue de l’œuvre d’art » comme l’a écrit Jonas Storsve. Eh bien pas du tout : l’exposition est composée de tableaux, dont certains sont de très belles et intéressantes œuvres du simple point de vue esthétique. Fabrice Hyber aurait donc changé (sur la photographie, ses cheveux ne sont d’ailleurs plus teints en vert, sa couleur fétiche).

Au ré-de-chaussée, de grandes compositions rappellent de loin les Peintures Homéopathiques par lesquelles Hyber « digérait des données » depuis 1986 dans des parcours aléatoires d’écritures et de dessins. Mais il ne s’agit pas de cela. Ces formes et ces couleurs sont recouvertes d’une épaisse couche d’un vernis en résine Epoxy de belle venue. Techniquement, il y a un effet de loupe et l’apparition d’une lumière organique intégrant les différents procédés graphiques (huile, pastel, fusain...) et favorisant l’assimilation d’informations diverses (comme pour les Peintures homéopathiques, Hyber parle de digestion des données ). De même qu’ à ses débuts, Hyber affectionne les formes et les matières glissantes. De formation scientifique, il a été sensible aux théories en neurobiologie interprétant la pensée comme une nébuleuse ultra-flexible requalifiant en permanence ses modes d’évolution face à son environnement. J’entends encore Fabrice Hyber me confier malicieusement, en 1994, que « les bases de mon travail sont glissantes... ». Il faisait allusion au « plus grand savon du monde » conçu par lui et entré au livre Guiness des records. Mais venons-en aux tableaux récents.

Particulièrement spectaculaire est la Topologie infectée (2011, Fusain, collage papier et résine Epoxy sur toile, 200 x 300 cm). Composition abstraite à partir d’un espace métrique dont la grille orthonormée aurait été perturbée par un choc, l’œuvre est proche des nombreux rhizomes peuplant l’œuvre d’Hyber qui affectionne les faisceaux artériels et arborescences diverses.
Avec Exception (2011, Huile, fusain, collage papier et résine Epoxy sur toile, 200 x 200 cm), c’est autre chose dans le même esprit. D’innombrables trèfles grimpent le long de tiges qui occupent la toile comme un code-barre géant. On ne distingue guère, à terre, des corps en fermentation qui se muent en trèfles, dont l’un à quatre feuilles (il a un ADN différent). Une manière de répondre à une grande question selon Hyber : comment identifier la singularité dans la masse ? « Ce n’est pas l’étude des monstres qui m’intéresse, dit l’artiste, mais plutôt trouver à l’intérieur des systèmes existants (la peinture par exemple) les moyens de la monstruosité ». Une monstruosité légère et verte en l’occurrence, enjeu d’un tableau remarquablement réussi. Décidément, je prendrai désormais le farceur Hyber très au sérieux.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
22-09-2011
 
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Verso n°126

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