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[verso-hebdo]
21-10-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Increvable Guyomard
Gérard Guyomard aura soixante-quinze ans pendant son exposition à la galerie Anne-Marie et Roland Pallade (35 rue Burdeau, Lyon, jusqu’au 3 décembre). La nouvelle série de tableaux a pour titre Trodinfotulinfo. Epicétou ! : le peintre est dans une forme pétaradante, son rire toujours plus hénaurme, ses toiles formidablement d’actualité à un moment où, comme jamais, le trop d’info est en voie de complètement détruire l’info, en effet. Guyomard n’a décidément pas son pareil pour capter l’air du temps : souvenons-nous de ses séries Au-delà de cette limite votre vision n’est plus valable (1984), La stratégie de l’atelier (1989), Nimporte quoi tout à fait (1991), Je vais te dire (1999), Aloteou (2003) etc. etc. Pour gaver cette dernière d’images nouvelles, Guyomard était devenu un lecteur assidu de Femina, Gala et du catalogue des Trois Suisses. C’est grâce à cela que nous avions pu voir une femme en soutien-gorge noir, un portrait de blonde maquillée, une voiture et un équipement de bureau complet, sans oublier le chien Pluto, plutôt venu de l’enfance du peintre que des œuvres de Walt Disney. Des cadres s’emboîtaient verticalement et horizontalement, de larges plages de couleur vive (mauve, orangée, verte, rouge) vibraient intensément...

En 2011, avec Trodinfotulinfo, c’est un peu la même chose (un tableau de Guyomard se reconnaît à plusieurs kilomètres de distance), mais en plus fort, plus fou, plus saturé. Rassurez-vous, l’artiste y retrouve ses petits, c’est l’essentiel. Il s’agit, selon ses mots, comme hier, « d’ensembles superposés où tout se devine, - rien n’est dit - la couleur explose à haute dose - l’œil cherche longtemps et patiemment où aboutissent les lignes, elles divergent, convergent et se perdent : la lecture est à reprendre. » Avec Guyomard, en 2003 comme aujourd’hui, la lecture est toujours à reprendre. J’avais écrit, dans les années 80 que « les tableaux de Gérard Guyomard racontent peut-être des histoires. Mais alors ce ne sont pas des récits. Une page de Burroughs est-elle un récit ? » Rien à changer pour l’expo de Lyon, sauf que les tableaux sont effectivement plus denses, plus complexes, plus obscurément allusifs qu’autrefois.

Si bien que, placé devant ces œuvres très équilibrées dans leurs masses et dans leurs lignes indéchiffrables, j’arrête de guetter une à une les effigies féminines déshabillées plus ou moins cachées dont l’érotomane anarchiste Guyomard n’a en aucun cas perdu le secret. Je chercherai plus tard. En attendant, j’ai une impression qui doit être comparable à celle éprouvée par Lucy Lippard quand elle a été confrontée au Diptyque Marilyn d’Andy Warhol en 1962 : contre toute apparence, ce n’était pas de la peinture figurative, mais au contraire cela appartenait à la branche la plus radicale de l’abstraction.
Bon sang, mais c’est bien sûr ! Trodinfotulinfo a réussi un incroyable tour de force : pratiquement voiler (terme pollockien) l’image chez Guyomard pour faire de ce dernier un authentique artiste abstrait. Donnez-vous la peine de vous rendre compte (on peut voir le catalogue sur www.pallade.net). Vous constaterez que je ne plaisante pas. Epicétou.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
21-10-2011
 
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Verso n°126

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du 6 au 28 Octobre 2012
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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com