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[verso-hebdo]
03-11-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
De la difficulté de parler du Quattrocento à un vaste public
Excellente, l’exposition Fra Angelico & les Maîtres de la lumière qui vient de s’ouvrir au musée Jacquemart-André et qui durera jusqu’au 16 janvier 2012. Exceptionnelle même, car elle réunit 25 œuvres du saint patron des peintres (béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 1982, il égale désormais saint Luc dans le ciel des artistes), plus autant de tableaux de prédécesseurs (Laurenzo Monaco, Masolino), contemporains (Paolo Uccello, Gentile da Fabriano…) ou disciples du maître (Zanobi Strozzi, Filippo Lippi…). Bien sûr, les espaces consacrés à l’exposition sont fort étroits, eu égard à la foule qui s’y presse, mais les précieuses œuvres venues de Florence et de nombreuses autres villes d’Italie sont là et c’est l’essentiel. Le Louvre a prêté Le Martyre des saints Côme et Damien, mais a gardé dans ses murs le sublimissime Couronnement de la Vierge. Cependant mon propos est moins de signaler une superbe occasion de contempler quelques réussites absolues du Quattrocento que de faire part de ma surprise à propos de l’interprétation qui est proposée d’un tableau bien connu de Paolo Uccello, Saint Georges terrassant le dragon, qui fait partie des collections permanentes de Jacquemart-André, et qui a été placé à la place d’honneur de la salle « perspective ».

Un grand panneau explicatif nous rappelle que Fra Angelico, comme Masaccio, Brunelleschi et Uccello, fut à la pointe des recherches de son temps sur l’art de donner l’illusion de la profondeur. Dans une autre salle, on peut en effet voir, de l’Angelico, Naissance et vocation de saint Nicolas, aumône aux trois jeunes filles pauvres (Cité du Vatican), travail à plusieurs points de fuite dont les émouvantes maladresses montrent qu’en 1449 tous les problèmes n’étaient pas encore résolus. L’outil mathématique de rationalisation de l’espace va très bientôt être la découverte de Brunelleschi. Mais alors pourquoi diable, dans la salle « perspective », mettre en avant le Saint Georges d’Uccello qui est lui-même plus que problématique de ce point de vue ? Uccello a superbement maîtrisé l’espace de la Bataille de San Romano, mais ce n’est vraiment pas le même dont il est question dans le petit tableau de Jacquemart-André ! D’abord, des éléments frappent par leur naïveté : le dragon à la queue en tire-bouchon, sa grotte qui est plutôt une guérite de carton-pâte, ensuite le paysage semble une toile de fond de théâtre qui ne communique pas avec le reste. L’historien de l’art chargé du commentaire se contente de noter que « la perspective montante sur la partie gauche de la composition signale une audace et une modernité exceptionnelles ». Ah bon ? Comment cela ?

Difficile de croire que le commentateur n’est pas informé des travaux classiques de Pierre Francastel, particulièrement « La Figure et le lieu » précisément sous-titré « l’ordre visuel du Quattrocento ». On y apprend que les artistes du temps représentaient souvent des scènes para-liturgiques, mimées par des personnes déguisées, placées sur des chars qui parcouraient les cités italiennes lors des fêtes, par exemple celle de saint Georges. Le tableau d’Uccello en est un exemple. On peut seulement dire qu’à côté des « objets de civilisation », comme disait Francastel (la guérite du dragon…), le peintre pouvait glisser un élément différencié : en l’occurrence le paysage qui s’étend au pied des murailles de la ville, fragment détaché du reste « signe neuf qui établit un lien entre l’ancien et le nouveau monde de l’imaginaire ». Fragment expérimental en tout cas, l’ensemble de la composition n’étant certes pas caractérisé par une réussite du point de vue de la perspective. L’historien de l’art chargé des explications ne devait-il pas signaler le caractère très particulier de cette « audace » ? Son commentaire elliptique ne peut que plonger les profanes dans des abîmes de perplexité.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
03-11-2011
 
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Verso n°126

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