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[verso-hebdo]
12-01-2012
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Une lecture catholique de Gustave Courbet
Le musée d’Orsay vient de réorganiser ses cimaises de fond en comble : excellente occasion d’aller revoir, entre autres, l’un des chefs-d’œuvre absolus du XIXe siècle, L’Atelier du peintre par lequel Courbet exposa sa conception de la peinture. La célèbre « allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique » est mieux éclairée. Elle stupéfie toujours autant : en 1855, un artiste révolutionnaire était capable de faire de l’art « vivant » à travers une formidable synthèse de son observation du réel et de sa connaissance des maîtres espagnols, flamands et vénitiens du XVIIe siècle. Je croyais tout savoir de ce tableau, notamment grâce à la savante notice rédigée par Laurence des Cars, conservateur au musée d’Orsay, pour le catalogue de la grande exposition de 2008 dont elle était l’une des commissaires : identité de chacune des nombreuses figures réparties en deux mondes opposés et, surtout, ambition du tableau par lequel « Courbet inventait un registre inédit pour peindre un artiste en société et dans la société. Ainsi, l’œuvre revendique aussi en filigrane le souvenir du complexe message du Velazquez des Ménines, celui d’un artiste s’invitant au cœur de la représentation politique. » Voilà qui semblait faire le tour de la question.

Eh bien nous ne savions pas tout ! Voici que paraît un remarquable ouvrage de Denis Coutagne, conservateur en chef du patrimoine qui fut longtemps responsable du musée Granet à Aix-en-Provence. Sous le titre Cézanne abstraction faite, l’auteur développe une véritable histoire de la peinture d’Enguerrand Quarton à Georges Rouault en s’arrêtant longuement sur le cas Courbet avec, notamment, une interprétation que l’on peut qualifier de « catholique » de L’Atelier (éditions du Cerf). Le peintre d’Ornans ne qualifie-t-il pas son œuvre d’allégorie « réelle » ? Il entendrait donc demander à l’allégorie d’être en soi la représentation de la réalité tout en se donnant comme allégorie. « Courbet veut ainsi supprimer la distance traditionnelle entre le "mot" et la "chose", entre l’image comme mode de représentation et la réalité ainsi représentée. D’une certaine façon Courbet reprend la nature sacramentelle de l’Eucharistie pour l’appliquer à la peinture » (p. 94). Denis Coutagne rappelle que, lors de la dernière Cène, le Christ, en disant « ceci est mon corps, ceci est mon sang » fondera la théologie catholique qui reconnaît dans le pain et le vin consacrés la « présence réelle » de Jésus en sa mort et résurrection. « Aucune allégorie ne pouvait être plus réelle que celle-là ! »

Voici le tableau devenu en quelque sorte un sacrement qui n’accomplit certes pas la transsubstantiation d’une réalité charnelle en réalité divine, « mais d’une réalité humaine (le peintre en l’exercice de son métier) en réalité picturale devenue elle-même le sens de la peinture comme transformation du monde, trans-formation seule capable d’en délivrer le sens caché, donc d’en dire la vérité. » Et, de fait, aucun commentaire avant celui de Denis Coutagne n’avait su, à ma connaissance, éclairer la présence, derrière le tableau de paysage que peint l’artiste, d’une figure évidemment christique : « un homme nu est comme suspendu à un poteau dans une attitude qui s’apparente à celle d’un crucifié. À ses pieds, un crâne comme on en voit sur toutes les représentations du Golgotha ! » Suit un développement passionnant dans lequel l’auteur applique sa grille catholique au tableau sans bien sûr vouloir faire de l’athée Courbet un maître de l’art sacré. Il n’empêche : « lui-même, se mettant en scène, signifie que son geste a valeur "christique" : la vérité de la peinture est indissociable du salut social et politique. Mieux, elle l’accomplit… métaphoriquement. » Intéressant, non ? En tout cas voici de quoi justifier une autre visite à Orsay.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
12-01-2012
 
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Verso n°129

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