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[verso-hebdo]
12-04-2012
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Une légende vivante, Edouard Adam
Qui ne connaît Adam Montparnasse (« à gauche, en sortant du métro Edgar-Quinet »), le marchand de couleurs de plusieurs générations d’artistes ? Edouard Adam y a pris la succession de son père en 1947 et a dirigé la maison pendant 52 ans, nouant de passionnantes amitiés avec des peintres et sculpteurs d’une étonnante diversité, de Dubuffet à Yves Klein, de Braque et Soulages à Niki de Saint Phalle et Tinguely. Il a cédé son affaire en 1999 à Guy et Jérôme Elmalek. Ce dernier, assurant désormais la continuité de la maison et conscient de ce que la mémoire de son ami Edouard est un véritable trésor, a entrepris avec l’aide de Philippe Ungar, un spécialiste de la création d’archives orales pour les fondations d’art, d’enregistrer les souvenirs du grand marchand de couleurs tous les samedis matins, entre avril 2007 et décembre 2010, dans un coin tranquille de la salle du premier étage de la brasserie La Rotonde, à Montparnasse évidemment. Il en résulte aujourd’hui un beau livre publié par les éditions du Chêne (Édouard Adam, itinéraire d’un marchand de couleurs à Montparnasse) à la couverture intensément bleue, le célèbre bleu qu’Edouard Adam inventa pour Yves Klein.

Adam était devenu l’ami d’Yves bien avant qu’il ne devienne célèbre. Les deux hommes n’avaient que trois ans d’écart, d’où la forte présence de l’artiste-judoka dans le livre. Ce dernier avait donc mis le marchand au défi : « Édouard, fais-moi un bleu qui ne bouge pas ». « Écoute, je ne te promets rien, mais je vais chercher. » Il faut dire qu’Edouard Adam était beaucoup plus qu’un marchand de couleurs : passionné de chimie, attentif à toutes les nouveautés, expérimentateur dans le laboratoire qu’il avait installé dans l’ancienne salle-à-manger de ses parents attenante au magasin, il épluchait systématiquement la revue américaine ARTnews à la recherche de toutes les nouveautés techniques. Mais dans le cas de Klein, c’est en France, chez Rhône Poulenc, qu’il découvrit la molécule qui convenait : le rhodopas M 60A à solution alcoolique qu’il mélangea au bleu outremer pour parvenir à un bleu qui ne s’éteignait pas. Victoire ! Aujourd’hui encore, on comprend le témoignage de l’inventeur historique : « quand je regarde un monochrome bleu outremer d’Yves, je me sens inspiré. Le tableau m’emmène intérieurement ailleurs. » (p. 84).

Il y a dans le livre d’autres épisodes concernant Yves Klein (c’est Adam qui lui a fait découvrir les éponges de Djerba, et il était présent, le 28 avril 1958, à la fameuse exposition du Vide dans la galerie d’Iris Clert…), mais il ne faudrait pas oublier les observations d’une grande justesse sur Jean Dubuffet (ce petit homme complexé), sur César, pour qui le génial Adam mit au point les produits qui permirent les expansions, sur Giacometti qui se refusait le droit d’être heureux. On retiendra de cet ouvrage sans prétention (Edouard Adam, avec bonté et humilité, a passé sa vie au service des artistes sans jamais se mettre en avant) des informations de premier ordre à verser dans la documentation des historiens de l’art. En effet, pour d’innombrables artistes, Edouard Adam aura été celui qui a su adapter aux beaux-arts des produits destinés au gros œuvre du bâtiment. « C’était une nécessité parce que les fabricants de couleurs comme Bourgeois, Lefranc, Linel ou encore Pébéo proposaient des couleurs à l’huile, de la gouache, et s’en contentaient. » Adam regardait plutôt du côté des industriels, Valentine ou Ripolin, qui inventaient sans cesse de nouveaux produits, que seul il savait adapter à la pratique artistique. En fin de volume, trois créateurs importants, Peter Klasen, Gérard Fromanger et Sam Szafran, disent ce qu’ils doivent à Edouard Adam qui est pour eux une véritable légende vivante, et un incomparable ami.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
12-04-2012
 
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Verso n°130

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