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[verso-hebdo]
04-05-2023
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Qu'est-ce qu'être artiste ?
Michel Mollard a étudié le piano, l'harmonie, le contrepoint et l'analyse musicale. Il est polytechnicien et l'auteur de plusieurs livres et films sur la musique et également producteur de nombreux concerts en France et à l'étranger, notamment au théâtre des Champs Elysées. Il aime et veut défendre les musiciens, du moins ceux qu'il considère comme de véritables artistes, d'où le caractère tranchant du titre de son dernier livre : « Ni Lang Lang, ni Glenn Gould » et l'ambition de son sous-titre : « Interpréter la musique ». Pour expliquer la présence de cet excellent ouvrage dans une chronique consacrée aux arts plastiques, donnons tout de suite la définition de l'artiste selon Michel Mollard : « Être artiste n'est pas un métier, c'est un état, l'expression d'un rapport au monde fruit d'un vécu qui doit être le plus large possible, et non seulement d'un savoir livresque. Être artiste requiert d'être allé de l'autre côté du miroir et d'en êtrerevenu. »

Ainsi, les références aux arts plastiques viennent souvent sous la plume de Michel Mollard : « je préfère de loin visiter seul les pinacothèques des villes italiennes à me frayer un passage dans les hordes de touristes au Louvre ; on peut rester une demi-heure seul devant Le Musicien de Léonard de Vinci à la pinacothèque ambroisienne de Milan, exploit inimaginable à Paris face à La Joconde. » Nous sommes dans le chapitre consacré à la dimension des lieux consacrés aux musiciens pour jouer ou aux peintres pour exposer. Ils recherchent toujours la taille la plus grande et font souvent erreur. Remplir une très grande salle ou une galerie de la taille d'un musée ne peut être réalisé aujourd'hui que par les artistes du divertissement. Or même ces derniers n'y parviennent pas complètement, d'où la tentation de distribuer des billets gratuits pour les musiciens ou de donner des cadeaux pour les peintres (estampes, affiches...). « Attirer le grand nombre, se donner des objectifs chiffrés expose au risque de tirer vers le bas. Toute personne un peu lucide le sait ; l'art est noble ; s'il fait siens les besoins de la foule, il sombre dans la médiocrité. »

Quant aux artistes qui ne savent pas ou ne veulent pas faire du divertissement, ils sont devenus des courtisans, voire des fonctionnaires. « Le lien entre financement public, qualité et indépendance artistique que l'on nous survend n'est qu'un leurre ; l'histoire en est la réfutation permanente : il arrive avec le ministère de la Culture la même chose qu'avec les monopoles : l'engourdissement, l'inefficacité bureaucratique, la création de rentes, le subventionnement à outrance de monstres au nom de soi-disant priorités stratégiques et l'infantilisation de la population à qui le pouvoir en place dit quoi penser, pire encore : quoi créer. » Je comprends d'autant mieux cette phrase que j'ai été nommé, en 1985, membre de la commission d'achat du FNAC (Fonds National d'Art Contemporain). Ma convocation à la session du 28 février précisait que l'on pouvait aller voir les oeuvres proposées par les artistes (pas plus de 3 par personne) au lieu de dépôt, 11 rue Berryer. J'y suis donc allé, et j'ai constaté que des centaines de tableaux et sculptures venus de toute la France étaient restés bien emballés. Les jeux étaient faits ! Le 28 février nous aurions dû être 12 (3 représentants du ministère de la culture, 3 personnalités désignées « en raison de leurs connaissances » 3 artistes désignés à partir d'une liste rédigée par les associations professionnelles représentatives et « trois représentants du public » (j'en étais). En fait nous n'étions que cinq : trois « inspecteurs de la création », le peintre Rougemont et moi. Nous avons assisté, impuissants, à la manière dont les trois fonctionnaires ont dépensé deux millions de francs bien tranquillement ! Les observations de Michel Mollard étaient justes dès ce moment.
Puvis Editions, 268 p. 17 euros
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
04-05-2023
 
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Verso n°136

L'artiste du mois : Marko Velk

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