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[verso-hebdo]
30-09-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Sergio Birga, ou l’art du nocturne
La peinture de nocturne est ancrée dans la plus ancienne tradition, ne serait-ce que parce que des scènes essentielles du Nouveau Testament se situent pendant la nuit : Apparition de l’ange à Joseph, Nativité, Adorations des Mages et des Bergers, Jardin des Oliviers, Déposition de croix etc… Mais la nuit a longtemps habité aussi la peinture profane, de la Reine de la nuit de Karl Friedrich Schinkel (1815) à Guernica de Picasso (1937) en passant par Van Gogh (Café de nuit et Nuit étoilée en 1888). Aujourd’hui, qui peint des nocturnes ? Pas grand monde depuis Edward Hopper et son célèbre Nighthawks en 1942. Ce sont plutôt les artistes utilisant la photographie qui demeurent intéressés par les effets suscités par la rareté de la lumière : Mariko Mori par exemple, traduisant la fulgurante croissance de Shangaï par une longue bande scintillante (Beginning of the End, 1997), ou bien Anri Sala ému par le sort d’un DJ obligé de se livrer à des improvisations musicales, mal abrité en plein air sous une pluie battante, pendant le réveillon de la Saint Sylvestre à Tirana (Mixed Behaviour, 2003).

Si bien que Sergio Birga, fidèle depuis sa jeunesse au nocturne, apparaît de ce point de vue comme un peintre d’exception. Ses autoportraits, en particulier, insistent sur la présence de la nuit qui n’enveloppe pas, mais littéralement habite la figure : Autoportrait (Ivresse de la nuit étoilée), 1962 et Autoportrait contre le ciel étoilé, 1965, apparaissent fort significatifs à cet égard : il n’est pas douteux que Birga entretient une relation particulière avec la nuit depuis le commencement de sa vie de peintre. Que ce soit à Paris, en Italie ou en Bretagne, par le moyen de la peinture, mais aussi de la xylographie (une technique dans laquelle il excelle, comme on l’a vu cet été à l’Institut Français de Dresde), Sergio Birga explore les vastes possibilités expressives du nocturne. C’est précisément le Bar de la Liberté, 1995, un coin du XIXe arrondissement observé la nuit, que l’artiste a placé sur la couverture du catalogue de sa rétrospective à la Villa Tamaris-Centre d’art de la Seyne-sur-Mer en 2007, en tant qu’œuvre emblématique de toute sa démarche.

Le Bar de la Liberté, pas plus que les beaux Nocturne jardin Saint-Paul (2000) et Nocturne vers la rue Sainte-Apolline (2003), n’est exclusivement « pittoresque ». Ces tableaux apparaissent plutôt, risquons le mot, comme métaphysiques. S’agissant du florentin cultivé qu’est Sergio Birga, ce terme renvoie évidemment à la peinture métaphysique de son compatriote Giorgio De Chirico, c’est à dire à la recherche, par la peinture, de la nature de la matière, de l’esprit et de la vérité. Chirico construisait ses images à partir d’un « au-delà du visible ». Birga est au contraire très attentif au respect des éléments du visible qu’il retient dans ses compositions. Mais il leur confère une densité et un mystère que l’on peut rapprocher des meilleurs tableaux de Chirico : la Tour de 1913, par exemple (un nocturne), puissant monument envahissant toute la hauteur de la toile, érigée vers un infini laïcisé. Les intentions de Birga sont à l’évidence différentes : l’église Saint Paul, par exemple, est éclairée de l’intérieur comme pour indiquer qu’elle abrite la présence réelle de Dieu. Mais l’effet plastique est comparable. La peinture de Birga a une dimension métaphysique à laquelle il est difficile de rester insensible.
(Galerie Bansard, 26 avenue de la Bourdonnais 75007, du 5 au 22 octobre)
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
30-09-2010
 
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Verso n°126

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Jean-Pierre Cornet

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