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[verso-hebdo]
14-10-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Velickovic, créateur
« d’affirmation de la vie »
L’exposition de Velickovic qui s’ouvre ce 14 octobre galerie Pallade à Lyon (35 rue Burdeau, 69001), sobrement intitulée Peintures et dessins, marque une étape importante dans l’évolution de l’artiste, principalement en raison de la présence de deux tableaux récents d’une force incroyable : Grunewald et Poursuite. Il y avait déjà eu, depuis une dizaine d’années, de nombreuses œuvres du peintre portant ces titres, et une grande exposition exclusivement consacrée à des variations sur le Christ crucifié de Grünewald avait eu lieu en 2005 à l’abbaye de Mondaye, mais aujourd’hui il s’agit d’autre chose, qui rejoint des réflexions fondamentales sur le devenir de l’art, à commencer par celles de Walter Benjamin, souvent résumées par une de ses phrases les plus célèbres : « On sait que les plus anciennes œuvres d’art naquirent au service d’un rituel, magique d’abord, puis religieux. Or c’est un fait d’importance décisive que l’œuvre d’art ne peut que perdre son aura dès qu’il ne reste plus en elle aucune trace de sa fonction rituelle. »

Depuis un siècle, l’art moderne s’est trouvé confronté au sacré comme question. Il y a répondu de deux manières principales : le deuil et la mélancolie d’abord, le sujet de l’art devenant sa propre impossibilité : ce n’est pas la voie choisie par Velickovic. Le retour sur le passé ensuite, non pour le répéter, mais pour en tirer des raisons nouvelles de créer : c’est évidemment la démarche du peintre, étant entendu que l’art dit moderne se reconnaît en ceci que son contenu n’est plus donné dans l’ordre d’une certitude théologique ou philosophique. Or, à la différence des précédents « Grünewald », le Christ présenté à Lyon est menacé par un énorme oiseau noir – un corbeau sans doute, mais aux dimensions d’un immense rapace -. Ce même oiseau est lancé à la poursuite d’un homme nu courant vers le fond de la composition dans Poursuite. De l’un à l’autre tableau le lien est évident : le crucifié et la figure courant sont deux versions du même contenu : l’homme.

L’homme, c’est évident, est tragiquement menacé : l’avenir même de l’espèce est maintenant en question. On éprouve fortement la sensation que Velickovic n’accepte pas que l’art soit tombé au rang d’objet de culture (et même, plus grave, ait sombré dans le domaine de ce que l’on appelle le « culturel ») et qu’il ait perdu son ancienne force sociale, pénétrée du sens de la transcendance, garante de la cohésion des sociétés. C’est entendu : le peintre admet que Dieu est mort (c’est le Christ d’après la neuvième heure que représentait Grünewald) et il ne reprend jamais le thème de la Résurrection, mais tout se passe comme s’il faisait sienne la position nietzschéenne selon laquelle l’artiste est avant tout un « créateur d’affirmation de la vie ». En montrant, avec une énergie plus forte que jamais, l’homme en danger, Velickovic surmonte la menace par son art même, qui devient une affirmation farouche de la beauté de la vie : ne serait-ce pas là une forme de transcendance ?
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
14-10-2010
 
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Verso n°126

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