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[verso-hebdo]
11-11-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Michel Houellebecq
critique d’art ?
Lauréat ou pas du prix Goncourt, Michel Houellebecq était presque unanimement considéré cet automne comme le plus important écrivain français. « Avec La carte et le territoire , l’enfant terrible de la littérature française, apparemment assagi, a réussi son opération séduction » titrait Le Nouvel Observateur, à l’unisson de la presse écrite et radio-télévisée. C’était tout juste si La Quinzaine Littéraire notait que l’auteur de Plate forme (et promoteur de la forme plate) avait laissé passer quelques scories telles que « il se refusa de se soigner », « une minijupe courte » ou encore « des délits banaux »... Bref, en des temps de basses eaux littéraires, l’ancien adepte du tourisme sexuel dans les pays du sud-est asiatique se serait mué en auteur fréquentable, dont l’œuvre serait devenue susceptible de fournir des dictées à l’usage des élèves des lycées et collèges. Une chose m’a frappé en visitant le rayon Beaux-Arts du Virgin Megastore des Champs Elysées : c’est là qu’est placé le livre ces jours-ci, en grosse pile parmi les ouvrages consacrés à l’art contemporain. Houellebecq serait donc devenu critique d’art, et il ne faudrait pas prendre au sérieux la mention « roman » inscrite sur la couverture ?

De fait, le héros est un artiste-peintre, nommé Jed Martin, et le livre commence par la description (prometteuse) du tableau qu’il est en train de peindre : « Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme. Assis en face de lui sur un canapé de cuir blanc partiellement recouvert de soieries, un peu tassé sur lui-même, Damien Hirst semblait sur le point d’émettre une objection ; son visage était rougeaud, morose... » Le tableau a pour titre « Damien Hirst et Jeff Koons se partagent le marché de l’art ». Tout un programme ! Mais l’œuvre sera détruite. On apprend, page 208 que « le projet avait une pertinence historique, c’était un témoignage assez juste sur la situation de l’art à un moment donné. Il y a eu, en effet, une espèce de partage : d’un côté le fun, le sexe, le kitch, l’innocence ; de l’autre le trash, la mort, le cynisme... ». Cette manière de caractériser le duo Koons - Hirst est intéressante, elle met en tout cas en appétit le lecteur concerné par l’art actuel.

Page 371, Houellebecq précise sa pensée par la bouche de Jed Martin : « La valeur marchande de la souffrance et de la mort était devenue supérieure à celle du plaisir et du sexe, et c’est probablement pour cette raison que Damien Hirst avait, quelques années plus tôt, ravi à Jeff Koons sa place de numéro 1 mondial sur le marché de l’art. » Décidément, cela devient passionnant (d’autant que l’intrigue policière, bien ficelée, tient le lecteur en haleine). On atteint ainsi la page 395 dans l’attente d’une explication des ressorts de l’art mondial au début du XXIe siècle. Déception : à propos du portrait de Houellebecq en personne, réalisé par Jed Martin, et qui vient d’atteindre la somme pharamineuse de douze millions d’euros, le peintre, déprimé, lâche : « Il ne faut pas chercher de sens à ce qui n’en a aucun. » Je suppose que c’est la conclusion de l’auteur, laquelle me semble un peu courte. Il y a des explications concernant les excès, il est vrai incroyables, du marché de l’art contemporain : Michel Houellebecq apparemment les ignore. Dommage, mais après tout, malgré l’opinion des libraires de Virgin Megastore, il n’est ni sociologue ni critique d’art.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
11-11-2010
 
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Verso n°126

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