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[verso-hebdo]
26-11-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
La haine de Picasso
Mon avant-dernière lettre consacrée à Michel Houellebecq m’a valu un courrier particulièrement abondant : c’est que nombreux sont ceux qui ne supportent pas les provocations du lauréat du prix Goncourt, assez bien décrits par Le Figaro Magazine : il y a notamment « ceux qu’il égratigne nommément (Michel Onfray : « Un graphomane indigent » ; Pierre Assouline : « Un ténia »... Ceux qui ne supportent pas ses attaques contre la psychanalyse, l’islam ou l’art contemporain (« Picasso, c’est laid »)... » Picasso, donc, est une fois de plus visé par quelqu’un dont j’ai rappelé qu’il avoue ne rien comprendre à l’art de son temps (ce dernier n’aurait « aucun sens »). La haine de Picasso n’est pas nouvelle, elle a en particulier été exprimée par un certain Adolf Hitler dans les années 1920. Il est frappant de la voir perdurer aujourd’hui.

Il est vrai que Picasso lui-même ne détestait pas provoquer, à la fois par certaines de ses œuvres et par ses déclarations. C’est de l’une de ces dernières que s’est emparé le regretté général Pierre Marie Gallois (l’initiateur de la force de dissuasion atomique française) dans son dernier livre, publié en 2009 : Revanches (éditions L’âge d’homme). Il cite l’auteur de Guernica : « Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya, je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains ». Le général se précipite sur cet « excessive humilité » de Picasso pour tenter de démolir tout ce qui est pour lui l’art contemporain, c’est-à-dire les avant-gardes depuis un siècle, y compris Mark Rothko : troublante complicité avec les propos navrants de Luc Ferry à propos du grand abstrait américain, évoqués ici-même la semaine dernière !

« Spéculant sur le fait qu’un acheteur, actuellement, ne sait plus faire la différence entre la peinture en bâtiment et l’œuvre d’art, Mark Rothko en a profité, écrit le général. Faites comme lui : prenez une toile rectangulaire ou un panneau de contreplaqué de la même forme et remplissez le tiers supérieur de couleur orangée, au-dessus peignez une bande blanc cassé et terminez, en dessous encore, par un badigeonnage rouge pâle. Reste à affirmer que c’est là un chef-d’œuvre. Et c’est effectivement un chef-d’œuvre puisque ce barbouillage s’est vendu 73 millions de dollars... » Décidément, Michel Houellebecq, Luc Ferry et le général Gallois, outre leur haine commune de Picasso, ont un point commun : une incompréhension totale de l’art de leur temps, largement expliquée par une information superficielle et une tendance à tout mélanger. Que l’on considère Damien Hirst comme un provocateur dérisoire, fort bien, mais que l’on place ce représentant significatif de « l’art contemporain » exactement sur le même plan que Picasso et Rothko, génies de l’art moderne, c’est simplement ridicule. Oui, Picasso a aussi produit d’apparents barbouillages, mais tout en glissant à l’oreille de son amie Hélène Parmelin que « moins il y a d’art, plus il y a de peinture ». Une phrase que nos trois auteurs hostiles à la création plastique de leur temps n’ont apparemment pas eu l’occasion de méditer.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
26-11-2010
 
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Verso n°127

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