logo visuelimage.com
 
 
 
Les [Verso-hebdo] antérieurs
Retour 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 Suite

19-09-2013

12-09-2013

05-09-2013

25-07-2013

18-07-2013

27-06-2013

20-06-2013

13-06-2013

06-06-2013

30-05-2013

 
[verso-hebdo]
19-09-2013
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
L’humour de l’art
On s'écrasait, le 4 septembre dernier, à la mairie du 1er arrondissement de Paris : c’était le vernissage de l’exposition Art urbain, collection Nicolas Laugero Lasserre. Cette foule était jeune, et visiblement gaie. Foin de la crise, du chômage et de la sinistrose ambiante : ce soir-là les jeunes avaient le sourire. C’est que les œuvres accrochées par Nicolas Laugero, représentatives de sa passion pour le street art qu’il a le bon goût de nommer en français art urbain, étaient presque toutes signées par des artistes pratiquant diverses formes d’humour que l’on croyait fort éloignées de la notion d’art. Il y avait bien jusqu’ici les belges, Magritte et Broodthaers en tête, dont le génie spécifique est de produire de l’art qui fait rire. Mais chez les autres artistes, il faut bien chercher (le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne a essayé en 2011, réussissant à trouver des pièces humoristiques même chez Vuillard, Boltanski et Warhol, mais c’étaient des exceptions dans leurs œuvres respectives). Il y a bien aussi des grotesques dans l’histoire de l’art, et des pastiches drolatiques, mais il est clair que nous sommes aujourd’hui devant un fait de civilisation nouveau, très bien mis en valeur par l’exposition : un art est né, qui critique le monde actuel en faisant rire. Il est significatif que Nicolas Laugero ait donné la vedette à Dran, dont on pouvait voir un irrésistible « M. Propre » (bien connu des ménagères de moins de cinquante ans) en train d’uriner contre un mur recouvert de dessins et graffiti.

Il y avait là des artistes célèbres, à la cote élevée, tel Banksi, celui qui a représenté sur un mur une soubrette en train de lever un rideau, lui aussi peint en noir et blanc sur le mur, de manière à glisser derrière lui la poussière qu’elle vient de ramasser. Banksi, l’homme qui a inventé l’éléphant porteur de missile, voisinait avec Blek le rat, celui qui a retrouvé le sens du geste du David de Michel-Ange : ce n’était pas David, mais un guitariste ! (on l’a vu avec sa guitare lors de l’exposition de Blek le rat à la Jonathan Levine Gallery de New York). Il y avait aussi des artistes moins notoires comme Boris Hoppek, un allemand né en 1970 installé à Barcelone, pour qui le monde de l’art est un vaste terrain de jeu. Sa signature prend la forme d’un personnage noir de « Bimbo » au regard rond, qui symbolise le sexe et le racisme, principaux thèmes de l’artiste qui pratique certes l’ironie, mais à propos de sujet sérieux. On découvrait encore Faile, auteur notamment d’un panneau géant dans une rue de New York (Corner of Houston & Bowery) sur lequel apparaissait en particulier une superwoman menaçant de son colt un gros lapin en peluche.

Mais l’exposition faisait aussi appel à des artistes dotés d’un humour plus grinçant, ou plus philosophique comme Jef Aerosol dont la Statue de la Liberté brandit une bombe (aérosol évidemment) avec laquelle elle a écrit le mot « hope » dans le ciel, ou Speedy Graphito dont on connait, par exemple, sa version de l’Oncle Picsou, avachi dans un fauteuil graphité, qui regarde un Picasso mal accroché sur un mur lui-même graphité où l’on peut lire la célèbre formule de Georges Clooney au service de la société de consommation : « What else ? » On s’amusait aussi à déchiffrer les inscriptions soigneusement barrées de Rero, qui font référence à des choses pas si drôles que cela : « Sacralisation du banal » dit l’une, et, sur une parodie de tableau abstrait : « what you see is what you get ». On s’interroge un instant, et puis les lettres majuscules barrées du tableau de gauche nous disent : « on s’en fout ». Impossible de citer tout le monde, mais on aura compris que cette exposition a réussi à regrouper des représentants significatifs d’un courant extrêmement imaginatif. J’ai pointé l’humour comme son dénominateur commun, et je crois qu’il y en a même chez JonOne, qui a littéralement avalé Jackson Pollock. Son petit tableau de la collection Laugero Lasserre est d’une virtuosité rare.
Je ne donne pour finir que le site de Dran. Allez-y, cliquez sur l’orifice d’accès au contenu d’une vieille boîte en carton et suivez l’araignée en cliquant sur les images et les objets. Vous verrez, c’est on ne peut plus rigolo, et pourtant c’est de l’art.
(retroactif.free.fr/dran/)
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
19-09-2013
 
logo visuelimage.com

Verso n°116

L'artiste du mois : Xavier Dambrine

visuelimage.com c'est aussi

Afin de pouvoir annoncer vos expositions en cours et à venir dans notre agenda culturel, envoyez nous, votre programme, et tout autre document contenant des informations sur votre actualité à : info@visuelimage.com
ou par la poste :
visuelimage.com 18, quai du Louvre 75001 Paris France

À bientôt.
La rédaction

Si vous désirez vous désinscrire de cette liste de diffusion, renvoyez simplement ce mail en précisant dans l'objet "désinscription".

     


Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com