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[verso-hebdo]
14-11-2013
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Pierre Huyghe, Philippe Parreno : le triomphe
L'aîné, Philippe Parreno, 49 ans, est le premier artiste à occuper seul la totalité des espaces agrandis du Palais de Tokyo (jusqu'au 12 janvier 2014). Le cadet, Pierre Huyghe, 47 ans, s'installe quant à lui dans les salles contemporaines du rez-de-chaussée du Musée National d'Art Moderne - Centre Pompidou (jusqu'au 6 janvier) avant que son exposition rétrospective soit également présentée au Ludwig Museum de Cologne, puis au Los Angeles County Museum of Art (LACMA). Le premier est représenté par les galeries Air de Paris, Pilar Corrias et Esther Schipper, le second est défendu par les galeries Marian Goodman de New York - Paris et Esther Schipper de Berlin. Bref, pour les deux compères qui fondaient ensemble il y a seize ans la SARL Anna Sanders Films, l'heure de gloire est arrivée, étant entendu qu'ils ont déjà escaladé pas mal de podiums (Huyghe a notamment obtenu le prix spécial du jury à la Biennale de Venise en 2001 et Parreno a déjà eu une grande exposition au Centre Pompidou en 2009). Tous deux sont devenus, avant d'atteindre la cinquantaine, d'importants artistes de réputation réellement internationale. Quelles sont donc les raisons d'un tel triomphe, dont nous savons que les plasticiens français avaient depuis longtemps largement perdu l'habitude ?

La réponse est sans doute donnée, en la transformant à peine, par une phrase du petit guide donné aux visiteurs du Palais de Tokyo : « Leur démarche volontiers collective permet de repousser les limites traditionnelles de la création ». De très grands artistes, modernes ou contemporains, demeurent dans ces limites. Huyghe et Parreno au contraire, depuis leurs débuts, les franchissent avec une déconcertante virtuosité, et entraînent les visiteurs de leurs expositions dans l'exploration de nouveaux territoires de l'art. Ils y parviennent d'abord grâce au film (cinéma ou vidéo). En 1994 par exemple, Parreno filmait le parcours initiatique d'un critique de sa génération, Nicolas Bourriaud, qui évoluait entre fantasme et réalité (La nuit des héros). La même année, Huyghe réalisait Remake, qui entreprenait de remettre en scène un classique du cinéma, en l'occurrence Fenêtre sur cour de Hitchcock. Aujourd'hui c'est autre chose. Les expositions des deux artistes sont des parcours labyrinthiques plongeant le visiteur dans une immersion totale, sonore et visuelle. Celui de Parreno a pour titre une phrase de Thomas Hood traduite et utilisée par Baudelaire : Anywhere Aniwhere, Out of the world. L'exposition est orchestrée par une transcription pour piano à quatre mains de Petrouchka d'Igor Stravinsky.

La rétrospective de Pierre Huyghe n'a qu'un nom : celui de l'artiste. On y retrouve des propositions déjà exposées, comme l'installation vidéo This is not a Time for Dreaming (2005) ou Untilled (2011-2012). Dans la première, le film A Journey that wasn't invente un fascinant « ailleurs » résultant d'une double expérience. Pierre Huyghe s'était rendu en Antarctique en voilier, à la recherche d'une île inconnue née de la fonte de la banquise, et de son unique « habitant » selon la rumeur. Ce voyage avait donné lieu à un concert à New York (filmé), sur la patinoire Wollman Ice Skating Rink de Central Park : Double Negative. Un orchestre symphonique y jouait une partition originale transcrivant la topographie de l'île. Dans la seconde proposition, on retrouvait des éléments de la participation de Huyghe à la Documenta 13 à Kassel, avec notamment la fameuse sculpture d'une femme allongée à la tête occultée par un essaim d'abeilles. Plus troublant encore, peut-être, un lévrier blanc à la patte rose nous accueille dans les espaces du Centre Pompidou. Il était déjà présent à la Documenta. Un vrai lévrier, terriblement maigre, qui peut rester très longtemps immobile. L'artiste le nomme Human. À celui qui cherche à comprendre, Huyghe a répondu par avance : « Comprendre que l'on ne comprend pas, c'est préférer l'intensité à l'infantilisation ». Avec l'aide de la musique, comme chez Parreno (ici, notamment, les Gymnopédies de Satie) Pierre Huyghe offre un parcours incontestablement assez intense pour que les limites traditionnelles de la création semblent franchies. On n'en demandera pas plus pour l'instant.
www.palaisdetokyo.com
www.centrepompidou.fr
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
14-11-2013
 
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Verso n°117

L'artiste de l'été : Gabrielle Thierry

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du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
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Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com