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[verso-hebdo]
28-02-2013
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Clarisse Griffon du Bellay ou la perception viscérale du vivant
Au Salon de 1819, sous la Restauration triomphante, Géricault présente Scène de naufrage. Personne n’est dupe : il s’agit bien de la tragique affaire de la Méduse, frégate commandée, avec sa flotille d’accompagnement, par un vieil émigré incompétent, Hugues Duroy de Chaumareys, qui a fait échouer le bateau sur le banc d’Arguin, au large du Sénégal, le 2 juillet 1816. Un radeau de vingt mètres sur sept est construit avec la mâture du navire. Cent cinquante hommes s’y entassent. Une tempête en emporte la moitié. Le 11 juillet les malades et les mourants sont sacrifiés. On mange les cadavres. Le 17 juillet, le brick l’Argus récupère les survivants qui ne sont plus que dix. Parmi eux, un jeune homme de 28 ans nommé Griffon du Bellay. En 2013, sa descendante directe, Clarisse Griffon du Bellay, impressionnant sculpteur en taille directe, présente une pièce élaborée en 2011 en bois de chêne, de 2 mètres 20 par 3 mètres 40 qu’elle intitule Le radeau de la méduse. Elle sera visible à la galerie Marie Vitoux, 3 rue d’Ormesson 75004, du 7 mars au 13 avril.

Le radeau de Clarisse Griffon du Bellay vient moins de Géricault que de son propre itinéraire d’artiste. Il est frappant que celle dont l’aïeul ne dut sa survie qu’au cannibalisme ait récemment écrit ceci : « La viande me parle de ma propre substance, m’en fait prendre la mesure. J’y recherche une force vitale primordiale, à nu. Je veux faire surgir la présence à son niveau le plus profond, là où l’empreinte de la mort donne puissance à la vie ». C’était à propos de ses Carcasses, qui ont occupé le vaste espace de la Halle Roublot de Fontenay-sous-Bois en 2011. On y reconnaissait les préoccupations plastiques du professeur de Clarisse aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, Sylvie Lejeune, en particulier à travers le Grand bœuf ouvert en bois d’acacia de cette dernière. Mais il y avait autre chose, d’une grande intensité expressive, qui justifiait le commentaire de la jeune créatrice : « Toucher à l’intimité pure. Errance dans un paysage de peau, de chair et d’os. Forces sourdes. Essentielles. La perception viscérale du vivant. »

C’est bien à une perception viscérale du vivant que nous sommes invités devant les figures au bord de la mort du Radeau de la méduse de Clarisse Griffon du Bellay qui parvient à nous donner un émouvant théâtre de la cruauté au sens d’Antonin Artaud. Il me semble qu’ici, le sculpteur du XXIe siècle rejoint effectivement Théodore Géricault, le peintre du XIXe dont la violence du trait était sans rivale. L’un comme l’autre se distinguent de leurs contemporains par leur puissance expressive. L’exposition de la galerie Vitoux a pour titre Emergence de l’histoire, elle réunit les sculptures de Griffon du Bellay aux peintures de Nathalie Bourdreux. Les deux artistes sont bien dans la ligne spécifique de la galerie : l’expressionnisme notamment incarné par Franta. Clarisse Griffon du Bellay fait en effet émerger à sa manière l’Histoire dont son aïeul fut acteur et victime et son histoire personnelle en une synthèse d’une exceptionnelle qualité expressive qu’il ne faudra pas manquer.
( www.clarissegriffondubellay.com)
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
28-02-2013
 
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Verso n°127

L'artiste du mois :
Catherine Lopes-Curval

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