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[verso-hebdo]
04-04-2019
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Fromanger/Monet, un dialogue
Le musée Marmottan, temple mondial dédié à Claude Monet, prend l'heureuse initiative de s'ouvrir à l'art vivant à l'occasion de l'anniversaire des 85 ans de son ouverture au public en demandant à des artistes d'aujourd'hui de questionner ses racines, « à savoir ses collections, précise Patrick de Carolis, directeur du musée, et par là même de définir les leurs. Les créateurs sont invités à produire une ou plusieurs oeuvres en lien avec celles de notre fonds. » C'est Gérard Fromanger qui inaugure la série des « dialogues inattendus » avec Impression, soleil levant 2019 (jusqu'au 29 septembre). Il dialogue évidemment avec Monet, dont le chef-d'oeuvre inaugural de l'impressionnisme est là, mais aussi avec Gustave Caillebotte et Camille Pissarro. Qu'est-ce que le « soleil levant » pour un peintre en 2019 ? « Pour moi, répond Fromanger, c'est Youri Gagarine, Neil Armstrong, là haut dans une station spatiale ou sur la lune... Aujourd'hui, le ciel n'est plus un spectacle. Nous ne sommes plus devant l'espace, nous sommes dans l'espace... » Il en résulte un tableau époustouflant de 2 mètres par 3 mètres (acrylique sur toile), une symphonie de couleurs devant laquelle s'émerveille la commissaire Marianne Mathieu : « Autour d'un cercle-soleil rouge, des planètes tournent sur des orbites concentriques de couleurs pures. » Il y a aussi une longue file de passants qui portent les mêmes couleurs, car Gérard Fromanger considère les hommes d'aujourd'hui sont eux aussi des planètes : « nous sommes l'énergie des planètes. Sans elles, nous ne sommes rien. » Il a trouvé l'idée de sa composition dans la Toscane où il vit, à Montesiepi, avec la coupole de l'ermitage de San Galgano, une admirable fresque du XIIe siècle.

A côté du célèbre tableau de Caillebotte Rue de Paris, temps de pluie de 1877, Fromanger a placé son Salon de thé, série « Boulevard des Italiens » de 1971. Sa démarche est l'inverse de celle de Caillebotte qui rompait pourtant avec les normes académiques de son temps en observant des passants sous la ploie, en donnant de l'air à sa peinture. Littéralement, en peignant l'air. Fromanger, avec l'aide du photographe Elie Kagan, avait saisi quant à lui des fragments banals des grands boulevards à trente reprise, en attribuant une couleur du spectre de Lefranc Bourgeois à chaque tableau. Cela donnait une série multicolore pour rendre compte d'un seul paysage. Les personnages étaient unifiés en rouge (la vieille couleur des révoltes populaires). Cela se voulait radical, puissant, neuf pour parler du réel. Et ça l'était. Tout autre chose que chez Caillebotte, qui créait un monde bien intégré, unifié, homogène. Fromanger ne se bat pas contre l'impressionnisme, mais il veut simplement dire que pour lui la peinture et la rue sont le lieu de toutes les batailles.

Même chose avec son « collègue » Pissarro, dont le musée possède Les boulevards extérieurs, effet de neige de 1879. Fromanger l'associe à Dos à dos, vert, série « Sens dessus dessous » de 2003. Fromanger aime bien Pissarro, mais il remarque que, très politique dans sa vie, le maître impressionniste ne l'était pas du tout dans sa peinture. Il apprécie chez lui sa solidité intellectuelle, « il ne change pas de monture en route. Il a influencé beaucoup d'artistes et j'espère qu'il sera un jour à sa place, celle d'un fondateur. » Il y a donc son portrait au pastel sur papier dans la série réalisée par Fromanger spécialement pour l'exposition, à côté de celui de Monet bien sûr, et de l'autoportrait de Gérard. Six autres pastels interprètent les visages des « collègues » pour lesquels l'artiste éprouve une affection particulière : Berthe (Morizot), Mary (Cassatt), Alfred (Sisley), Auguste (Renoir), Paul (Cézanne), Eugène (Boudin). Fromanger les appelle par leurs prénoms. Ce sont ses amis, ses frères. Sans eux il ne saurait vivre. Il faut voir cette exposition extraordinairement tonique.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
04-04-2019
 
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Verso n°118

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