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[verso-hebdo]
27-06-2013
La chronique
de Pierre Corcos
Adaptations
Tout semblait prometteur dans l’adaptation au cinéma de ce chef d’œuvre littéraire, Le Désert des Tartares, roman (et parabole) écrit par Dino Buzzati en 1940 : réédité aujourd’hui en version restaurée inédite, le film, sorti en 1976, de Valerio Zurlini (un excellent cinéaste italien à qui l’on doit notamment La Fille à la valise, Journal intime) présente une pléiade de vedettes (Vittorio Gassman, Jacques Perrin, Philippe Noiret, etc.), a été tourné dans des sites prodigieux (la citadelle de Bam en Iran, qui ressemble à une fantomatique excroissance du désert, et fut hélas détruite après le tremblement de terre de décembre 2003) et mis en musique par Ennio Morricone. Il a enfin a obtenu le Prix Donatello et le Grand Prix du cinéma français… Brillants attributs, certes, mais que voit-on ? De superbes images, bleutées, ocres, rougeoyantes de désert, une lutte de pouvoir entre officiers dans cette garnison restreinte, isolée, de fausses alertes sur un fond de langueur. Si, par quelques scènes à portée onirique, la perspective fantastique buzzatienne est à peu près rendue, il ne reste pas grand chose du sentiment de l’absurde, qui rapproche Buzzati d’un Camus ou d’un Sartre. La solitude des êtres, l’inanité des ambitions et espérances, la déception existentielle radicale passent peu, et justement parce que le film, construit à partir d’une adaptation d’André-Georges Brunelin, illustre avec un maximum de séductions l’histoire, mais sans saisir les rigueurs de la parabole. Faite pour plaire, cette adaptation est loin de troubler le spectateur dans son rapport au sens et au temps, l’un aboli et l’autre figé dans un éternel présent par Buzzati. D’un roman de méditation grave sur l’absurdité de l’existence, Zurlini a seulement produit un film esthétisant sur une garnison perdue aux confins d’un désert fantastique.

Grondements de la circulation, sirènes de la police ou d’une ambulance, éclats de voix : la musique peut-elle s’adapter aux bruits de la ville, comme semblent l’affirmer la Fête de la Musique et les multiples festivals de musique en plein air, sonores moissons de l’été ? Et cette omniprésente musique qu’on adapte à la consommation indolente dans les supermarchés, aux cafés et restaurants, ou aux ascenseurs ? Il est vrai que par écouteurs, casques, on peut se couper de cette musique pour écouter sa musique ! Toute une réflexion anthropologique et sociologique à mener sur musique et bruit/silence…

L’adaptation de textes littéraires au théâtre n’est pas souvent une réussite. Une écriture faite pour être lue, intériorisée, réfléchie est différente, on le comprend aisément, de celle conçue pour être incarnée par des acteurs sur une scène. Et pourtant, l’adaptation de la nouvelle Vingt-quatre heures de la vie d’une femme que Stefan Zweig publia en 1927 et sa mise en scène par René Loyon peuvent satisfaire les spectateurs au Théâtre du Lucernaire.
En effet, dans la nouvelle, une vieille dame anglaise, réservée en apparence, s’adresse au narrateur et lui raconte une histoire passée, personnelle, très intime, en essayant d’être claire et honnête… Du coup, l’actrice (Marie Le Galès) peut s’adresser à nous, spectateurs, comme destinataires d’une confidence, et la théâtralité s’en porte à merveille. On peut alors apprécier, tout comme dans la nouvelle, l’aisance avec laquelle Zweig sait, en même temps, traiter de deux passions : celle, à la fois sensuelle et maternelle, d’une femme pour un homme plus jeune qu’elle (passion inavouable à l’époque), et celle, impérieuse et dévastatrice, d’un joueur. Il est peu probable que, dans la réalité, pareille confidence puisse être aussi claire, analytique et linéaire : c’est surtout la prose de Zweig qu’on apprécie, et non un rugueux fait divers nous plaçant en voyeurs… La sobre mise en scène de René Loyon ne vient pas nous distraire de cette écoute. Les personnages de Zweig, ami de Freud, ne sont pas allongés sur le divan de l’analyse. Ils ont droit aux mécanismes de défense de la rationalisation, de l’évitement, de la sublimation. A cette réserve près, ils font de leur mieux pour nous relater ce qui se passe en eux. Et le spectateur trouve déjà, par cette confidence, intime mais décente, le plaisir de l’exploration du préconscient. L’accès perturbateur à l’inconscient sera pour plus tard…
Pierre Corcos
27-06-2013
Cette chronique s’interrompt pour 15 jours et reprendra jusqu’à la fin juillet.
 
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