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[verso-hebdo]
15-09-2016
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Comment Van Gogh est-il donc mort ?
Un passionnant roman de Jean-Michel Guenassia qui vient de paraître, La valse des arbres et du ciel (Albin Michel) pose la question de la mort de Vincent Van Gogh, le 29 juillet 1890, dont l'histoire officielle nous dit que c'est par suicide, le peintre s'étant tiré une balle deux jours plus tôt. Or, depuis longtemps, des doutes ont été formulés sur cette question. Par le grand historien de l'art John Rewald en particulier, qui enquêta dans les années 30, reprenant en particulier les observations de Steven Naifeh et Gregory White Smith qui avaient recueilli des témoignages sur place. Les uns et les autres ont relevé que Van Gogh ne possédait évidemment pas de pistolet. Il l'aurait donc volé à son aubergiste, Arthur Ravoux qui, lui, en avait un ? Ensuite, il aurait été incapable de diriger l'arme vers son coeur, se faisant lamentablement un trou à l'abdomen ? Et d'abord, Van Gogh à Auvers sur Oise allait-il si mal que cela ? L'une des thèses de Jean-Michel Guenassia est qu'il allait fort bien : en pleine maturité créatrice, travaillant chaque jour du lever au coucher du soleil, ne fut-il pas capable de peindre soixante-dix tableaux en deux mois seulement ? (le séjour à Auvers va du 20 mai au 29 juillet).

Parmi ces tableaux, on compte deux portraits du fameux docteur Gachet. Van Gogh lui avait été envoyé car ce médecin homéopathe original avait la réputation d'être un amateur d'art, ami en particulier des impressionnistes. A vrai dire, Gachet n'achetait pas de tableaux, mais il acceptait des oeuvres en échange de ses consultations. Van Gogh, désargenté, se plia volontiers à cet usage et réalisa deux portraits qui ont un point commun intéressant. Le premier, réalisé en mai 1890 (collection privée) met en évidence, devant le docteur, une branche de digitale dans un vase. Le second, peint en juin et aujourd'hui au musée d'Orsay, place la branche de digitale dans la main gauche du médecin. Or cette plante donnait la digitaline que, à n'en pas douter, Gachet prescrivait pour prévenir d'éventuelles crises d'épilepsie. La double présence de la branche est un indice probant de la maladie du peintre. Or, de mai à juillet, il n'eut aucune crise et ses lettres ne font état d'aucun problème de santé. Du point de vue de sa carrière de peintre, Vincent avait par ailleurs cessé depuis le début de l'année d'être un maudit ignoré de tous : un article du Mercure de France par Albert Aurier l'avait tiré de l'ombre, et l'une de ses toiles avait été vendue 400 francs à Bruxelles (une somme importante pour un homme qui vivait avec 150 francs par mois). Alors, pourquoi se suicider ?

John Rewald a cherché la vérité du côté des frères Gaston et René Secrétan, les fils du pharmacien d'Auvers, qui avaient pris Van Gogh, ce drôle de type qui parcourait la campagne un chevalet à la main, comme une sorte de bouc émissaire, sans que l'artiste en ait clairement conscience. En tout cas, ce sont les gamins qui avaient emprunté le pistolet de Ravoux pour tirer sur les oiseaux et jouer aux cow-boys (René confiera plus tard que, cette année-là, il était allé voir le spectacle de Buffalo-Bill à Paris). Dans des circonstances qui ne seront jamais élucidées, les enfants ont tiré sur Van Gogh, et le peintre en est mort deux jours plus tard. Il était bon et évita de graves ennuis aux enfants en déclarant qu'il avait voulu se suicider. L'idée romanesque de Jean-Michel Guenassia est de placer le drame dans l'épilogue d'une histoire d'amour. Van Gogh aurait eu une liaison qui aurait mal tourné avec Marguerite Gachet, la fille du docteur alors âgée de 19 ans. On ne dévoilera rien de l'histoire habilement montée par l'auteur, mais, en regardant le portrait de la jeune fille réalisé fin juin 1890, on doute que Van Gogh ait pu tomber amoureux  de son modèle : la vérité est qu'il décrit avec une certaine cruauté une personne pas franchement jolie, pour ne pas dire laide, en train de jouer du piano (Kunstmuseum de Bâle). Le grand intérêt de l'oeuvre, c'est le traitement de la tenture murale parsemée de points rouges qui crée une ambiance anticipant l'atmosphère des intérieurs nabis. Van Gogh n'a pas seulement été le premier des fauves (loin de ses amis impressionnistes) mais aussi le prédécesseur de Bonnard et Vuillard. De toute façon, avec le livre de Jean-Michel Guenassia, son suicide est plus douteux que jamais.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
15-09-2016
 
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Verso n°104

L'artiste du mois : Marie-Cécile Defline

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