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ID : 146
N°Verso : 100
L'artiste du mois : Najia Mehadji
Titre : L'alliance du charnel et du spirituel
Auteur(s) : par Jean-Luc Chalumeau
Date : 20/02/2017



L'alliance du charnel et du spirituel
par Jean-Luc Chalumeau

Pour le numéro 100, et à l’occasion de la présentation de ses œuvres récentes par la galerie Claude Lemand à Paris Art Fair (30 mars-2 avril), Verso a choisi la grande artiste franco-marocaine Najia Mehadji qui, entre Essaouira et Paris, développe depuis des décennies une œuvre ambitieuse et profondément originale analysée ci-après par Rémi Labrusse qui s’approche autant qu’il est possible de la « constante profonde traversant tout le travail de Najia », laquelle « exprime le frottement continu entre interrogation critique du devenir-image et épreuve sensible de l’intériorité. » Rappelons que l’Institut du Monde Arabe a vu en elle une « artiste visuelle ». Diplômée en arts plastiques et en histoire de l’art à la Sorbonne, elle a étudié le théâtre et a enseigné la musique (1972-1982). A partir de 1998, elle a enseigné aux Beaux-Arts de Paris. L’œuvre de Najia Mehadji se singularise par une abstraction issue à la fois de la musique contemporaine et d’un travail sur le corps qu’elle pratique dans un contexte expérimental intégrant le dessin et le son.
Un livre magnifique, La révélation du geste (Somogy), lui a été consacré en 2014, avec notamment les signatures de Pascal Amel et Christine Buci-Glucksmann. La couverture de l’ouvrage, et le fascinant dernier chapitre, étaient consacrés aux Œuvres numériques de 2009 à 2014, avec en particulier la série Mystic Dance, à propos de laquelle l’artiste s’exprimait en ces termes : « Aujourd’hui où une part de l’art contemporain se veut résolument désincarnée, ma proposition d’agrandir l’un de mes gestes, avec la technique du numérique permet, à l’inverse de mettre en relation les nouvelles technologies avec la touche sensible du peintre. Les œuvres « Mystic Dance » sont des agrandissements d’une peinture gestuelle, ouverte à l’interprétation, qui suggère entre autres la danse soufie des « derviches tourneurs », dont l’axe du corps pivote sur lui-même dans une quête unissant le charnel et le spirituel, la vie et la mort, la terre et le cosmos ».

 



 
 
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