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[verso-hebdo]
20-10-2016
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Que deviennent les géants du pop art ?
La galerie Claude Bernard présente une exposition Peter Blake, 82 ans, depuis le 14 octobre et l'on se pose aussitôt la question : où en sont les grands pop artistes après les disparitions d'Andy Warhol (1987), Larry Rivers (2002), Tom Wesselmann (2004) ou Richard Hamilton (2011) ? Il y a d'abord les anglais, qui ne sont pop qu'à leur manière particulière, comme David Hockney, 79 ans, couvert de gloire (il a été reçu à Buckingham Palace par la reine le 22 mai 2012 pour être anobli). Il avait commencé, nous dit Régis Debray, par « le coloriage superficiel d'icônes interchangeables » comme ses confrères américains, le voici aujourd'hui qui trafique les images qu'il tire de son ipad. Ses petites manipulations agacent beaucoup le médiologue car elles sont significatives d'un temps où « nous appelons artiste l'éveilleur appareillé qui a le toupet de ses prothèses, le goût d'en exhiber les rouages (le processus de fabrication comme work-in-progress), et le culot de signer la petite surprise finale. » Bref : Hockney aurait plutôt mal tourné. Un autre anglais du même âge, Allen Jones, spécialiste des pin-ups transformées en supports de tables basses a de son côté un peu évolué dans la stylisation ludique destinée au cinéma et à la télévision, mais sans retrouver l'érotisme décomplexé de sa jeunesse.

Chez les américains, Claes Oldenburg, 86 ans, est resté immuablement fidèle à sa formule du gigantisme des petites choses. On se souvient de ses « sculptures molles » en vinyle et kapok de crèmes glacées, hamburgers ou pinces à linge des années 60-70. Son évolution a consisté en l'agrandissement indéfini de ses propositions, telle cette paire de jumelles (Binoculars, 1991) atteignant la taille d'un immeuble. En revanche, James Rosenquist, 83 ans, célèbre depuis son Président élu (1960), portrait de Kennedy associé à des fragments de voiture et de gâteau au chocolat, a été capable de renouveler sa manière, ainsi que le révèle en ce moment en France la galerie Thaddaeus Ropac de Pantin. Aujourd'hui, l'artiste déforme des images collectées dans les magazines à l'aide de cônes en métal réfléchissants et d'une photocopieuse, il les transpose à main levée sur une toile quadrillée. Il en résulte des tableaux géants et magnétiques parfaitement fidèles à la ligne pop tout en la changeant en apparence.

Mais revenons aux anglais : ils sont au moins deux, Jim Dine, 81 ans et Peter Blake à être franchement parvenus à la peinture au sens en usage avant les pop. Jim Dine a oublié les happenings de ses débuts. Il travaille désormais le bois, la lithographie, la photographie, la pierre et la peinture en exploitant les thèmes du soi, du corps et de la mémoire à travers une iconographie personnelle où l'on distingue des coeurs, des veines ou des crânes. Un tableau à l'acrylique, sable et fusain sur toile comme Balloons, a true Story (2014) témoigne de ses qualités de pur peintre. Quant à Peter Blake, on se souvient de son fameux Autoportrait aux insignes (Huile sur panneau, 1961, Tate Gallery) dans lequel le jeune diplômé du Royal College of Art prenait avec verve le contrepied de tout ce que l'on avait voulu lui enseigner. Voici que l'ancien illustrateur de pochette de disque des Beatles est devenu sage et vient à la peinture, lui aussi. On voit notamment, la galerie Claude Bernard , Captain Cat is crying, une aquarelle sur papier de 2016. Il s'agit d'une sage petite demoiselle aux longues nattes, vue de face, qui nous regarde sans nous sourire, qui porte un tee shirt illustré par la tête de Donald Duck. Sa natte gauche est attachée au tee shirt par du ruban adhésif. On ne comprend pas bien pourquoi, mais c'est frais, ironique, légèrement mélancolique. Et surtout c'est bien peint ! Cette petite peinture ( 18 x 21,5 cm) est la vedette (point rouge dès le jour du vernissage) d'une série qui témoigne d'un réjouissant plaisir de peindre. Il y a donc deux catégories de survivants historiques du pop art : ceux qui essaient de continuer comme autrefois, et ceux qui se sont mis à peindre, tout simplement...
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
20-10-2016
 
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Verso n°102

L'artiste du mois :
Ernest Pignon-Ernest

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Christophe Cartier au Musée Paul Delouvrier
du 6 au 28 Octobre 2012
Peintures 2007 - 2012
Auteurs: Estelle Pagès et Jean-Luc Chalumeau


Christophe Cartier / Gisèle Didi
D'une main peindre...
Préface de Jean-Pierre Maurel


Christophe Cartier

"Rêves, ou c'est la mort qui vient"
édité aux éditions du manuscrit.com