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[verso-hebdo]
18-02-2010
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Esther Shalev-Gerz
ou l'indispensable mémoire
L’exposition du Jeu de Paume n’a qu’un titre : le nom de l’artiste et cela suffit. Esther Shalev-Gerz est suffisamment connue, comme son mari Jochen Gerz, pour son inlassable travail sur la mémoire de la Shoah. Non pas des additions de preuves qui de toute façon ne convaincront jamais les négationnistes, mais de fascinantes constructions plastiques à partir de vidéos et de photographies qui, par la magie de l’art, disent l’indicible. Deux séquences m’ont particulièrement frappé. Entre l’écoute et la parole : derniers témoins, Auschwitz 1945-2005 est la première. Il s’agissait d’une exposition commandée par l’Hôtel de Ville de Paris pour le 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. Esther Shalev-Gerz a rassemblé les témoignages filmés de soixante survivants parisiens. Ils ont parlé, avec gravité et émotion bien sûr, parfois aussi avec l’esquisse d’un sourire : ces paroles ne sont pas transmises, car ce sont des films muets qui constituent le matériau de l’œuvre. Sur trois grands écrans sont projetés tour à tour chacun des films, mais avec un décalage de 7 secondes entre les trois images. Voici un bouleversant montage de visages dont nous ne pouvons perdre aucun détail des moindres expressions alors que nous n’entendons rien. L’artiste a échappé à la logique langagière à laquelle nous sommes sans doute trop habitués. Nous n’avons qu’une certitude : ces yeux ont vu l’insoutenable horreur, ces corps ont traversé l’enfer. Nous n’avons pas besoin de mots et, lorsque les regards se voilent imperceptiblement, nous ne nous étonnons pas de pleurer à notre tour.

MenschenDinge est la deuxième séquence. Esther Shalev-Gerz a été invitée à créer un projet autour des objets trouvés sur le terrain du camp de Buchenwald (2004-2006). Nous ne verrons pas ces pauvres gamelles, ces peignes cassés, ces dentiers, ces boutons… L’artiste les a photographiés et filmés. Elle a demandé à un historien, un archéologue, une restauratrice, une photographe et au directeur du mémorial de Buchenwald et Mittelbau-Dora de raconter leur relation à la fois professionnelle et imaginaire à ces objets. Les uns et les autres parlent, mais progressivement nous ne les écoutons plus : nous sommes submergés par la somme de souffrances que véhiculent jusqu’à nous les images de ces reliques misérables.

L’exposition du Jeu de Paume présente de nombreuses autres séquences, toutes impeccablement agencées, mais les deux citées m’ont suffi pour comprendre que ce n’est pas en vain qu’Esther Shalev-Gerz s’intéresse aux gens « leur parole, leur silence, leur vécu, leur manière de résister et d’aller au-delà de leurs propres limites »… Leur silence surtout, me semble-t-il, qui, lorsqu’il est traité par elle, semble terriblement éloquent. À éprouver absolument, jusqu’au 6 juin 2010.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
18-02-2010
 
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Verso n°136

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