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[verso-hebdo]
16-12-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
La culture pour tous est-elle une priorité pour ceux qui nous gouvernent ?
Mercredi 30 novembre, salle Gaveau. L’Orchestre National d’Île-de-France et le Trio Wanderer viennent d’achever une interprétation éblouissante du triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre de Beethoven sous la direction survoltée de Wilson Hermanto. Acclamations. Mais ce n’est pas tout à fait l’entracte : un musicien s’est approché de l’avant-scène et lit avec talent un petit poème, apparemment drôle, mais en fait pathétique : l’Orchestre National d’Île-de-France est en grave danger. On vient d’apprendre, le 4 octobre, une décision prise sans concertation préalable : réduction de 33 % de la subvention de l’Etat, soit 700.000 euros. Ce qui veut dire, en clair, que les 95 musiciens de cet orchestre, le seul à avoir mission de diffuser la musique symphonique sur l’ensemble du territoire francilien, pourront continuer de jouer à Gaveau, Pleyel et autres salles parisiennes, mais qu’ils seront dans l’incapacité d’aller à Meaux, Maurepas, Villejuif, Chaville, Saint-Cloud, Maisons-Alfort, Saint-Michel-sur-Orge, Bailly-Romainvilliers, Charenton-le-Pont et autres banlieues dont des technocrates estiment que la musique est pour elles un luxe inutile.

Tout le monde le sait : la situation financière de la zone euro en général et de la France en particulier est périlleuse et il faut absolument faire des économies. Soit, mais une question doit être posée : la culture pour tous est-elle oui ou non une priorité pour ceux qui nous gouvernent ? Si l’on s’en tient aux tristes nouvelles qui nous parviennent de toute la France concernant la réduction ou la suppression des subventions soutenant jusqu’ici d’innombrables centres d’art et associations dédiés aux arts visuels, la réponse est clairement non. Que les animateurs du tissu culturel français se débrouillent donc avec le mécénat privé et les cotisations de leurs amis ! Pour justifier la politique de réduction générale drastique des dépenses (et d’augmentation des impôts) on entend toujours les mêmes arguments, et notamment celui selon lequel l’impossibilité pour la Banque Centrale Européenne d’être un prêteur en dernier ressort a pour effet de paralyser nos banques et d’inspirer une vive méfiance aux opérateurs étrangers, agences de notation en tête. Que voulez-vous, l’Allemagne ne veut pas que l’on touche à la BCE !

Et si l’on pouvait échapper à ce sinistre consensus de la rigueur ? Et si l’on pouvait redonner du dynamisme à l’économie française sans toucher au secteur de la culture et même mieux, en l’aidant davantage ? La solution a été donnée par l’économiste Jacques Sapir dans un remarquable article du Monde (2 décembre 2011). La BCE ne peut pas refinancer l’économie (en tout cas pas assez) ? Qu’à cela ne tienne, il est juridiquement possible de rendre à la Banque de France le rôle de toute banque centrale, celui que jouent aujourd’hui la Réserve Fédérale ou la Banque d’Angleterre et que l’Allemagne interdit à Mario Draghi. Il suffirait de procéder à une réquisition de la Banque de France pour une période temporaire. Sous le contrôle du ministère des Finances, la Banque de France créditerait le Trésor Public de ce qui est nécessaire pour régler le problème de la dette et relancer l’économie, soit environ 700 milliards d’euros. En échange, le Trésor remettrait à l’Institut d’Emission des bons portant rémunération de 0,5 %. C’est une question de courage politique : on entendrait certes des critiques scandalisées outre-Rhin, mais il est certain que d’autres pays emboîteraient le pas de la France. Pas de conséquences négatives : il est démontré que la création monétaire ne crée pas d’inflation en période de stagnation économique (nous y sommes), mais cette mesure serait bénéfique car elle ferait baisser le taux de change de l’euro face au dollar en favorisant ainsi les exportations. Pour la France, ses musiciens et ses plasticiens, espérons que la démonstration de Jacques Sapir saura convaincre ceux qui nous gouvernent.
J.-L. C.
verso.sarl@wanadoo.fr
16-12-2011
 
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Verso n°126

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