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[verso-hebdo]
02-06-2011
La lettre hebdomadaire
de Jean-Luc Chalumeau
Vitalité de l’art contemporain à Cahors
Les biennales d’art contemporain se multiplient à travers le monde. Aucune ne saurait rivaliser avec celle de Venise, bien sûr (nous en parlerons bientôt), mais plusieurs, rien qu’en France, apparaissent d’un excellent niveau. Celle de Cahors, une des meilleures, en était à sa neuvième édition en avril-mai : elle réunissait quatorze artistes dont les œuvres « férocement singulières » (selon la juste expression de Claude Postel, principal organisateur de la manifestation) retenaient toutes l’attention. Impossible d’évoquer chacun d’eux dans le cadre étroit de cette lettre : je ne peux que mentionner, par exemple la remarquable Raphaëlle Ricol dont j’ai déjà signalé ici le puissant tempérament de peintre, caractère qu’elle partage avec Éric Corne, témoin d’un art « qui croit encore à sa capacité de penser le monde », comme l’a écrit Olivier Kaeppelin. Il y avait donc des peintres à Cahors, mais aussi des installateurs et des représentants de multiples pratiques actuelles parmi lesquels se détachaient, me semble-t-il, une vidéaste et une photographe vraiment exceptionnelles.

La coréenne Hee Won Lee, née en 1978, proposait une installation vidéo produite grâce au Fresnoy, Studio national des arts contemporains à Tourcoing. C’est elle qui a remporté le prix de cette biennale avec ce dispositif fascinant intitulé « 108 ». En l’occurrence, 108 petites boîtes à musique enfantines égrenaient leurs mélodies dans une confusion apparente, chaque note correspondant à un caractère typographique venant plus ou moins rapidement s’inscrire dans l’espace bleu d’un écran pour participer à la mise en place de témoignages bouleversants. L’artiste a en effet transcrit de la sorte les paroles d’enfants malheureux, abandonnés ou orphelins, témoins poignants de la misère du monde. À ceux qui doutent que l’ordinateur permette d’exprimer une émotion à la fois esthétique et intellectuelle, « 108 » offrait une réponse convaincante. Les spectateurs avaient du mal à s’arracher à l’emprise de cette œuvre hors normes (www.heewonlee.com).

La photographe Delphine Balley, née en 1974, pose la question de savoir ce qu’est un fait divers, aujourd’hui comme autrefois. Pour la série de photographies intitulée Henrietta Street 2007 (lieu où ont été pris les clichés à Dublin, au cours d’une résidence en 2006-2007 au Musée d’Art Moderne de Dublin), elle est partie d’un article de News of the World du dimanche 14 mars 1872 : « Margaret Platt, 79 ans, coupa la natte de 78 pieds de long de sa fille Ursula, 43 ans, par une belle après-midi d’été ». À partir de cette histoire inventée, explique l’artiste, « j’ai voulu mettre en scène différentes étapes de ce drame invraisemblable ». Elle s’inspire ainsi du personnage de Mme Havisham des Grandes Espérances de Dickens, qui vivait recluse dans son salon après l’annulation humiliante de son mariage, pour décrire Ursula, héroïne à la tresse infinie, écrasée par la domination de sa mère, incarnation du puritanisme bourgeois du XIXe siècle. Les détails des décors, les attitudes et les mimiques des personnages, les recherches de couleurs créent un univers à la fois fictif et cruellement réaliste d’une prenante originalité. Delphine Balley n’a visiblement que faire des photographes à la mode : elle crée un monde hors du temps et dévoile avec virtuosité la richesse de son imagination plastique (www.delphineballey.com). La 9e biennale de Cahors a fort bien atteint son but qui était de démontrer la vitalité de la création d’artistes jeunes (la plupart ont moins de quarante ans) venus d’un peu partout dans le monde.
J.-L. C.
jl.chalumeau@usa.net
02-06-2011
 
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Verso n°128

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